20.08.2008
Les Termes de Référence
POUR UNE ASSEMBLEE CONSTITUANTE
Voici ce que nous proposons au menu de cette rencontre qui se veut historique
C’est un document de treize pages (en comptant la page budget) dont l’objectif général est de mettre en place un cadre institutionnel d’expression de la souveraineté des Peuples camerounais. « Nous proposons de l’appeler l’Assemblée du Peuple Camerounais ». Il s’agit
de façon pacifique, de rassembler toutes les forces vives du pays, pour lui épargner des convulsions comme celles de nous avons connues en février dernier et ouvrir de meilleures perspectives pour notre peuple, cliquer ici ;Pluri 2.doc
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01.07.2008
COMMUNIQUE
CAMEROUN-EMEUTE DE FEVRIRER 2008
LA DECALRATRION DES FEMMES CAMEROUNAISES
Réunies dans une conclave qui a duré cinq heures d’affilées, les femmes camerounaises ont discuté et envisagé des solutions pour mettre fin au malheureux scénario que notre pays a connu au mois de février dernier, les travaux auxquels notre équipe de rédaction a pris part ont été sanctionnés par une déclaration dite :
« LA DECLARATION DES FEMMES CAMEROUNAISES SUITE AUX EMEUTES DE FEVRIER 2008 »
Considérant le contexte général des « émeutes de la Faim » ;
Considérant que le Cameroun a été particulièrement affecté par ces manifestations liées à la vie chère ;
Considérant le Contexte politique actuel de notre pays où toute manifestation publique est interdite ;
Nous, les femmes camerounaises regroupées au sein du « CRI » :
Exprimons notre attachement à la vie et notre respect sacré de toute vie ;
Condamnons l´usage abusif des armes à feu contre nos enfants :
Car nous les mettons au monde non pour les enterrer mais pour qu´ils vivent dans la paix et la sérénité.
Nous condamnons avec véhémence et fermeté les massacres, détentions, noyades, tortures et emprisonnements de nos enfants.
Nous regrettons et condamnons aussi la destruction des biens de toute nature.
Nous partageons et soutenons l´initiative d´une Assemblée des Peuples.
Et enfin, nous demandons que nos enfants soient libérés de façon définitive et inconditionnelle avant le 31 Juillet, Journée de la Femme africaine.
Fait à Douala, Ce dimanche 29 juin 2008
Mesdames : Marie Louise Eteki-Otabela ; Elisabeth Ngo Eheg (Aïcha) ;
Aadja Amina ; Marguerite Agnoun ; Nyeki Hedwige ; Pono ; Amina Machia.
Autres liens http://www.kwalai.com/index.php?option=com_content&task=v...
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04.12.2007
Appel pour une Assemblée Constituante
Appel POUR UNE ASSEMBLEE CONSTITUANTE
Excellences, Chères amies, Mesdames et Messieurs, chers compatriotes,
Pour faire le Bilan politique de « l’Opération 100 femmes au Parlement » entreprise par des femmes camerounaises en Juillet 2006 en vue des élections législatives dans ce pays, élections qui se sont déroulées finalement le 22 juillet 2007, avec comme résultat le retour à une Assemblée de Parti unique – puisque le parti au pouvoir s’est octroyé
153 députés sur 180 !- et 23 femmes au lieu des 18 précédentes
Nous voulons lier ce bilan à la commémoration du célèbre discours de Martin Luther King :
J’ai fait un rêve, 44 ans après (1963 - 2007) :
- 1960 ce n’était ni la fin ni un commencement. Le 22 Juillet 2007, ce ne fût pas seulement une « occasion manquée … » messieurs les Ambassadeurs : nous refusons de nous contenter d’une démocratie graduelle comme solution qui n’est qu’une drogue tranquillisante :
50 ans de fausse indépendance ça suffit !
- nous sommes venus à la capitale de notre pays pour toucher ce qui nous est dû :
nous irons à Douala, capitale économique de notre pays, ce novembre 2007
pour encaisser notre chèque :
50 ans de travail gratuit et d’efforts détournés, ça suffit !!
- Non, Non, nous ne sommes pas satisfaites, et nous ne serons pas satisfaites…tant que
les femmes de ce pays ne pourront pas voter, tant que les femmes de ce pays ne seront pas élues pour défendre les intérêts de notre Peuple. Nous ne cherchons pas à boire dans la tasse de l’amertume et de la haine :
50 ans violence contre les femmes, ça suffit !!!
Nous sommes obligées pour reprendre notre souveraineté nationale- en paix, de nous constituer en un Parlement populaire de 100 femmes et 80 patriotes : une première mondiale ! Afin de redéfinir ensemble quel Cameroun nous voulons laisser à nos enfants.
______________
Votre réaction est importante…pour la réalisation de ce projet
Nous comptons sur votre soutien…si vous êtes une amie ou un ami de notre Peuple
Evidemment, votre participation est requise : puisque vous êtes des nôtres.
Hend, Eteki -Otabela Marie Louise mle_otabela@hotmail.com
Honorable Elue Non Déclarée tél-fax : 237 99 83 12 62/ 237 33 43 26 97
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06.05.2006
La Liste schindler du cameroun
La liste Schindler* du Cameroun
Depuis quelques semaines la publication d’une liste des présumés homosexuels camerounais met la société camerounaise en émoi. Il y a ceux qui sont concernés. Il y a ceux qui se scandalisent et il y a enfin ceux qui se gaussent. Mais cette « liste Schindler » ne laisse personne indifférent et chacun y va de son commentaire sans compter tous ceux qui tremblent à l’idée que la suite… de la liste fasse apparaître leur nom.
Tout le monde sait au Cameroun que la pratique de l’homosexualité est une des conditions sine qua non pour réussir en politique ou faire carrière dans notre pays depuis Louis Paul Aujoulat (*) et le journal incriminé n’omet pas de le rappeler. L’expression se faire « aujoulatiser » est même une expression consacrée dans certains milieux. On peut se demander les raisons qui ont poussé à la publication de cette liste, ici- au Cameroun- et maintenant.
S’agit-il d’un diktat des organisations internationales qui hésitent en toute objectivité à
déclarer « le point d’achèvement » atteint ? On exigerait de Paul Biya qu’il diminue son équipe gouvernementale de moitié. Embarrassé devant ses 60 petits cadeaux de postes gouvernementaux pour services rendus… l’autorité suprême aurait permis de lâcher certaines de ces personnalités. Hypothèse à creuser dans les jours à venir si l’on a droit à un nième remaniement ministériel après le rituel discours à la jeunesse le 11 février dernier. Mais d’ores et déjà, l’indignation du Ministre de l’information devant ce qu’il considère comme le droit d’expression bafoué, fait sourire quand on sait que le régime qu’il sert depuis toujours ne s’est jamais embarrassé de priver l’autre moitié de la classe politique et l’ensemble des Camerounais de ce droit d’expression pourtant primordial.
S’agit-il d’essayer de freiner la prolifération du SIDA qui gagne toutes les couches de la
population comme une gangrène du fait des conditions de vie de plus en plus précaires ? Il semble qu’un camerounais sur trois(*) soit maintenant atteint par cette terrible maladie. Et certains lient à tort ou à raison la prolifération de ce fléau aux mœurs dépravées du régime. Alléguant que certaines pratiques sexuelles disposeraient plus à la contamination…Ce qui ferait donc non plus seulement des prostituées une population à risque mais également des homosexuels et de la prostitution masculine une catégorie particulièrement exposée…
S’agit-il enfin tout simplement de la mise en œuvre des méthodes répressives
de tout gouvernement totalitaire qui, lors que ses responsables sont aux abois,ou « quand sonne l’heure des règlements de compte entre gros bonnets du régime », sacrifie toujours quelques boucs émissaires pour que le système lui, puisse survivre : liquidation symbolique ou physique, prélude à tout remaniement dans le plus pur style nazi ou stalinien.
Qu’un des journalistes pilier du régime- Patrice Etoundi Mballa déclare au cours d’un débat public que « l’homosexualité est une turpitude qu’il faut dénoncer » ne peut empêcher d’autres Camerounais de penser « qu’il s’agit d’une grande manipulation destinée à détourner l’attention des Camerounais de la mauvaise gouvernance généralisée en offrant à la vindicte populaire des boucs émissaires » (*) Tout le monde connaît la symbolique de la chèvre chez nous…
Commençons par lever une hypothèque : la société Camerounaise n’est pas plus homophobe qu’une autre (*) . A notre connaissance, il n’ y a pas à ce jour, de chasse aux homosexuels dans notre pays. Certes, la loi camerounaise (*) condamne l’homosexualité et une femme connue des milieux nocturnes de la république a été condamnée à 5 années de prison et est même morte probablement des suites des traitements qu’elle y a subi sans que cela n’émeuve personne surtout pas certains parrains de ce journalisme de caniveaux qui montent aujourd’hui sur leurs grands chevaux sous prétexte que « la presse camerounaise est dans la tourmente » (*) .
Homosexualité : la Société remise en cause
« Quand on en arrive à écrire, à faire croire que pour accéder à des fonctions de responsabilités dans son pays, il faille s’adonner à des pratiques aussi condamnables, viles, c’est toute la société qui est remise en cause et c’est l’Etat qui est touché dans son coeur » a déclaré (sur RFI ) Monsieur Pierre Moukoko Mbonjo, le ministre de la communication. Le véritable problème qui se pose ici est donc de savoir quel est exactement le statut de l’homosexualité dans notre société aujourd’hui. D’un côté, les commanditaires de cette liste veulent probablement amener les autorités compétentes à redéfinir un nouveau statut à l’homosexualité au Cameroun. Mais d’un autre côté, la plupart des Camerounais et Camerounaises, qu’ils soient homosexuels ou non, n’acceptent plus que l’on « veuille - ou que l’on continue à - imposer l’homosexualité aux jeunes gens comme itinéraire oblige et contraint de réussite ». Voilà les termes du débat si nous étions dans un pays démocratique. Cela ne sert a rien, et n’impressionne ni ne trompe personne de jouer les vierges effarouchées.
Depuis Williem Reich (*) tout homme moderne sait à quel point l’activité sexuelle structure la personnalité de chaque individu. On a même parlé de révolution sexuelle à propos de ses thèses et des comportements sociaux qui s’en sont suivi. Or l’évolution sociale est fonction des sociétés et de leur histoire. La Déclaration universelle des droits de l’Homme date de 1789 mais à ce jour il y a des sociétés qui n’appliquent pas ces droits inaliénables pour toutes sortes de raisons souvent explicables aussi. Il ne s’agit donc pas de s’offusquer du fait que ce qui apparaît élémentaire, voir primaire, à certains est considéré comme une abomination pour d’autres même à l’intérieur d’une même société. Le débat ouvert ( un peu brutalement certes - à chacun ses méthodes-, c’est le propre des sociétés dans lesquelles la violence est le seul mode de régulation sociale…) est donc de savoir si au Cameroun aujourd’hui, l’homosexualité doit rester une pratique tabou (des sociétés secrètes traditionnelles ou modernes) ou si cette pratique sociale doit être revue et corrigée par le législateur au même titre que la propriété foncière ou les relations au sein de la famille puisqu’on nous annonce une taxe foncière, et un projet de Code de la famille.
La difficulté d’assumer publiquement son homosexualité existe dans toutes les sociétés modernes parce que l’homosexualité est vécue comme la transgression d’un interdit. Les hommes ont estimé depuis belle lurette que les relations sexuelles devaient êtres légifèrées pour la survie de l’humanité. De la même façon qu’on ne fait pas l’amour avec son père, sa mère ou ses frères et sœurs…de la même façon, ils ont estimé qu’il fallait interdire l’acte sexuel entre deux sexes de même nature. Il a fallut mener tout un combat –politique- pour dire que l’acte sexuel entre adultes de même sexe n’est pas plus nocif pour la reproduction de l’humanité que la contraception ou même l’avortement. Ce n’est pas le cas de la pédophilie, pratiquée dans la moitié nord (musulmane) du Cameroun. Des petits Camerounais et des petites Camerounaises sont bousillées tous les jours (et physiquement et psychologiquement) au titre de tradition, de culture africaine sans que l’opinion publique nationale ou internationale s’en émeuve le moins du monde ! Peut-être parce qu’aussi c’est une des régions les plus peuplées du Cameroun : sélection naturelle oblige…maintenant, c’est le Sida qui s’en charge !
Le fait est que les hommes veulent bien légiférer sur la sexualité mais tant qu’il s’agit de privilégier leur plaisir, cela ne dérange ni l’inconscient collectif ni les gourous moralistes de nos sociétés. Quand les mêmes gourous admettent ou pratiquent la polygamie …du moment qu’il s’agit d’une « tradition » africaine, personne ne se scandalise de ce que cette pratique primitive est une atteinte à la dignité des femmes et source de bien des tourments et des tragédies dans nos familles. Il faut faire remarquer enfin que dans toutes ces listes qui circulent au Cameroun, le quota de femmes est infinitésimal : cela prouve-t-il qu’on ménage les femmes ? Ce serait bien la première fois dans ce pays ; ou alors les femmes restent vraiment le seul salut pour les pays en déliquescence comme le nôtre. La montée du pouvoir des femmes aujourd’hui dans le monde n’est plus seulement une question de mode : elle relève d’une nécessite absolue.
La question n’est donc pas ici de savoir qui est homosexuel et qui ne l’est pas ; ni de savoir si l’on naît homosexuel ou si on le devient…ni encore moins de se scandaliser de la liberté de presse « bafouée » dans un pays où il n’y a pas plus de liberté de presse que d’autre droit de la personne. Il n’y aura pas de chasse aux homosexuels au Cameroun n’en déplaise aux sirènes de RFI et autres radios « Milles Collines ». De même, qu’il ne faut pas s’attendre a plus de « responsabilité » de la part d’un journalisme qui dans sa presque globalité est tenu en laisse par le pouvoir et reste au service du régime, qu’il y ait ou non des procès. Tous les Camerounais connaissent le degré de corruption de notre système judiciaire et son allégeance a ce même régime. S’il y a tout au plus un délit, il ne peut s’agir que d’un délit d’initiés…
Les vox-pop prisés par certaines radios ont l’inconvénient d’orienter et de déplacer le débat sur leurs objectifs. Il n’est pas question d’accuser les occidentaux de tous nos maux mais le fait d’avoir confisqué notre souveraineté nationale, le fait de nous refuser la démocratie et surtout d’avoir bloqué notre humanité au stade tribale et ethnique est source de pas mal de nos problèmes aujourd’hui. Pour le reste, c'est-à-dire fondamentalement, la destruction de notre société, leurs Fondés de pouvoir s’en chargent depuis près de 50 ans. Ce qui fait tout de même d’énormes dégâts…Il faudra bien commencer un jour à définir et hiéarchiser les responsabilités. Nous ne pouvons donc pas accepter qu’une question comme l’homosexualité qui touche aux fondements de la société, soit banalisée juste parce qu’il faut privilégier « l’ordre public » comprendre : « ne pas toucher aux intérêts occidentaux ». Nous connaissons la puissance des loby et autres réseaux-gay à travers le monde depuis les Eglises (toutes les Eglises) jusqu’aux milieux professionnels. On sait que l’on y pénètre comme on rentre en religion, comme dans toute secte qui fonctionnent comme une organisation secrète, avec des principes et des règles qui, s’ils sont trahis, peuvent être punis d’exclusion ou même de la peine de mort… Leur militantisme violent consiste à créer de vrais faux débats : telle star accusée d’homosexualité à tort ou à raison, est obligée de se défendre et cela donne l’occasion de soulever tous les aspects de la question... Il est dit depuis des années que « la richesse et l’opulence coûtent la peau des fesses au Cameroun », que « l’on ne peut réussir dans quelque domaine que ce soit au Cameroun sans baisser sa culotte ». Nous n’avons pas arrêté de dénoncer « politiquement » ou mieux, poliment ces pratiques « abjects » et ces méfaits au même titre que la corruption. Mais l’autorité publique a toujours fait la sourde oreille. Ils attendent les preuves. Voilà donc l’arroseur arrosé :
« L’homosexualité au Cameroun, pour beaucoup, contrairement à ce que peuvent penser les Camerounais ordinaires (je présume le Camerounais moyen), n’est donc pas une orientation volontaire de la sexualité d’un individu : c’est un instrument de domination…absolue dans les rapports entre les individus partout où il y a le pouvoir ou une parcelle du pouvoir (économique, politique, social)…dans un contexte de chômage, d’inégale accès au service public, de misère, d’inutilité des études, de la hausse du train de vie de certains hauts fonctionnaires au moment ou les biens de première nécessité coûtent chers, sans pour autant qu’on n’ait jamais haussé les salaires des fonctionnaires depuis plus de 10ans ». Pour Francois Bimogo (*) , le débat actuel sur l’homosexualité est exacerbé du fait de tous ces aspects et « témoigne du degré de la fracture sociale qui existe au Cameroun ». Ce qui est en jeu, ce n’est pas l’homosexualité mais le fait qu’un petit cercle de Camerounais dans les milieux du Pouvoir – un millier de personnes environ – se sert de l’homosexualité pour contrôler l’Etat et monopoliser la richesse nationale afin de maintenir leur domination sur l’ensemble de la société. Ce débat ne peut donc pas se limiter à une question de statut à savoir s’il faut ou non dépénaliser l’homosexualité dès lors que la précarité est entretenue afin de pouvoir distribuer des largesses, les privilèges et les positions de pouvoir pour obliger les gens à collaborer à toutes sortes d’entreprises criminelles parce qu’ on les tient sexuellement.
Ce dont il s’agit en réalité à travers ce débat, c’est la condamnation de cet Etat-là : « un régime politique qui a poussé jusqu'à ses retranchements les plus intimes, la décomposition du social. »(*)
Homosexualité : l’Etat touché au cœur
Il existe des Etats islamiques, catholiques, français…ou Mbuiti : nous, nous sommes un Etat laïc d’après nos textes constitutifs, sauf si on change de Constitution demain. L’homosexualité y est un crime donc cette pratique sexuelle y est anti - constitutionnelle et criminelle. Or c’est le chef de l’Etat qui est garant de ces institutions comme des autres corps et organisations de cet Etat (art.5). Il doit veiller à son équilibre. Quand donc officiellement une population acceptant ces lois commence à percevoir que cet Etat a changé de statut parce qu’un certain nombre d’individus ont pris possession de l’Etat, un sentiment de trahison commence à nous gagner : nous avons le sentiment non seulement de vivre dans un Etat que nous n’avons pas choisi ; pire, on nous fournit les preuves que cet Etat a sombré dans l’immoralité la plus totale : des rumeurs au Sommet qui nous gouverne jusque sur le Clergé (catholique et protestant) qui est garant moral de la société.
Un journal a donc jeté un pavé dans la marre en nous annonçant dans un certain nombre de publications que l’homosexualité est devenue une pratique généralisée au Cameroun et que cette pratique a investi le cœur de nos institutions, une dénonciation précise avec des noms précis. Les bonnes âmes ont crié à la diffamation et a l’intrusion dans la vie privée des citoyens. Le Pouvoir, lui a réagit dans le plus pur style camerounais : le chien aboie, la caravane passe.
Au Cameroun, l’homosexualité est un crime puni par la loi au même titre que l’avortement, le vol et la corruption. Est-ce qu’un crime peut être considéré comme une vie privée, Monsieur le Président ? Surtout quand les personnes citées sont celles-là mêmes qui ont la possibilité d’en faire un crime ou pas ; jusqu'à ce jour, les mêmes crient toujours à l’horreur et disent que c’est la chose la plus criminelle qui soit…
Ceux qui ont dénoncé cette « chose » ont donc le choix s’ils le savent : soit d’en être des complices soit de prendre leur responsabilité de citoyen qui consiste à dénoncer les crimes et les criminels. Devant ce concert de vierges outragées…tout au plus on peut leur reprocher la délation mais la limite est toujours tenue entre la délation et la non assistance de société sinon de personnes en danger. Surtout quand l’objet en question n’est pas un simple crime mais un problème qui touche le fonctionnement fondamental des êtres et à l’équilibre de la société.
Ce qui est en cause ici, ce n’est plus la question de la protection de l’intimité – le respect de la vie privée- comme dit le Président mais de privilégier la défense et la protection de toute une société. Surtout dans un pays où la loi prévoit tous les cas de figures possibles. On a toujours le recours entre la possibilité de porter plainte pour diffamation et de demander/et obtenir réparation, si l’on est accusé injustement. Surtout que les gardiens de la loi au sommet de l’Etat ont le devoir d’être blanchis ou l’obligation d’être condamnés si les faits et pratiques dont ils sont accusés s’avèrent établis.
Alors la polémique monte puisque dans un pays comme le notre, on ne peut pas véritablement parler de débat. Une affaire d’Etat comme celle-ci (homosexualité politique et corruption économique) impliquerait la mise en place d’un cadre politique adéquat pour instruire un véritable procès du régime d’autant plus que le premier responsable de ce régime avait pris l’engagement d’instituer « la rigueur et la moralisation » dès son avènement…A moins qu’à ce niveau, il n’est été question que de l’organisation débridée de ces mœurs « condamnables, viles ». C'est-à-dire que nous avons à faire non plus seulement à une homosexualité sociologique, un choix sexuel libre entre deux individus adultes et consentants mais une homosexualité politique conçue par les fondateurs de notre Etat et pratiquée par nos dirigeants comme un moyen de coercition, un passage… obligé, une sorte de diktat pour réussir au Cameroun dans n’importe quel domaine d’activité.
Une société de pharisiens où la pratique principale des dirigeants est de hurler aux loups le jour, et d’en être la nuit ! On sait la jouissance que beaucoup tirent de la transgression des règles et des lois. Quand on entend les condamnations courroucées et scandalisées du Ministre de la communication porte-parole du gouvernement, des journalistes sexuellement correctes, des curés et autres hommes d’Eglise, il apparaît évident que depuis quelque temps déjà, l’Etat camerounais a fait faillite.
Dans cet Etat, des lois définissent un crime mais en même temps ces lois couvrent ce crime . La situation est telle qu’on pourrait même croire qu’il n’ y a plus d’homme au Cameroun. L’ autorité supérieure avait dit qu’elle attend les preuves a propos de la corruption : ça fait trop longtemps que nous mourrons de corruption et d’autres immoralités criminelles tout en disant que s’il y avait des corrompus ça se verrait. Si nous n’avons pas de preuves c’est qu’il y en a pas. Et quand quelques courageux disent qu’ils en ont, alors au lieu de lancer des réprobations moralisantes – en parlant de presse de caniveau, de déontologie bafouée, il vaut peut-être mieux les leurs demander tout simplement par voie de justice s’il en est. Nous ne pouvons pas les condamner au nom de la protection de la vie privée et faire silence sur les crimes et les criminels quant apparemment ces journalistes font œuvre de salut public. On peut aussi penser que ces amateurs de pratiques curieuses soient ragaillardis par la dégénérescence imposée dans et par le monde occidental aujourd’hui (*) , pour essayer de crever l’abcès chez nous en faisant étaler eux-mêmes au grand jour une chose que beaucoup faisaient et que chacun réprouvait : d’ailleurs se sont les mêmes. C’est leur combat. Mais les autres aussi ont le droit de se défendre.
Le problème n’est donc plus l’homosexualité en tant que tel ni tout autre droit de l’homme dans un pays ou aucun droit de la personne n’est respecté. Il s’agit de crime dénoncé, crimes établis par une loi et gérés par les personnes qui sont accusées…
Devant le cynisme d’un gouvernement qui pense qu’en jetant quelques personnes
- d’ailleurs sélectionnées selon des critères aléatoires comme toujours- à l’opprobre public cela devrait sauver le régime ; devant des accusations grotesques contre un journalisme qui n’a fait que servir ce même régime depuis les années 90 ; devant les tentatives de duperie d’une opinion publique qui ne peut plus s’exprimer que par les voix (et voies) autorisées de ce qui nous tient lieu de « Société Civile », la moralité publique consisterait donc dans le cas d’espèce à :
- faire démissionner toutes les personnes citées de leurs responsabilités
publiques pour leur permettre librement de se défendre et de blanchir leur dossier et leur réputation pour laver leur…honneur comme cela se fait partout ailleurs. L’enquête de moralité (pour une fois aurait sa raison d’être !) est une obligation pour toute charge publique. Apparemment chez nous, c’est une formalité qui ne s’applique qu’aux gens jugés politiquement peu corrects. A moins qu’une fois de plus tout le monde soit blanc comme neige puisqu’on ne peut citer personne sans commettre faute de mauvaise presse. Il en va de même pour la déclaration de patrimoine des responsables,
(cf. La Constitution art. 66) comme l’instruction des signes extérieurs de richesse pour l’estimation de l’assiette fiscale, de l’impôt foncier et de toutes les autres notions qui comme on disait, marchent sur la tête mais auraient au moins l’avantage de limiter la dégradation de notre société faute de faire tomber un régime politique touché au cœur.
- Faire démissionner tout le gouvernement actuel car devant ce qui apparaît
comme une crise politique majeure de tout un régime, on ne peut penser sauver de cette déroute lamentable les apparachiks tapis dans l’ombre pour qu’ils continuent eux, à sévir et à profiter tranquillement des richesses volées au peuple camerounais depuis près de 50 ans !
La responsabilité d’un gouvernement est politique et non individuelle (art.35). Dès lors que des membres du gouvernement sont mis en cause, c’est la politique qu’ils servent qui est mise en accusation. Si nous étions réellement dans un régime démocratique, c’est l’Assemblée nationale qui exigerait la démission du Gouvernement par une motion de censure mais comme c’est la même bande qui sévit dans toutes les institutions, tout le monde commence à pointer du doigt le seul et unique responsable de toute cette gabegie….
- Demandons la démission du président de la république : En cas de vaccance de Présidence de la République pour cause de décès, de démission ou d’ empêchement définitif…. (La Constitution art.6,alinéa 4). Pour l’opposition alternative, il y a une obligation de responsabilité de notre pays à l’échelle internationale et un devoir de vérité devant les Camerounais. Quand on s’arroge tous les pouvoirs (art.8), il faut être capable d’en assumer également toutes les responsabilités. Que Paul Biya ait été piégé par ses bailleurs de fonds, c’est aussi un signal fort au peuple tout entier que personne n’est intouchable. Ce que nous voulons ce n’est pas une série (feuilleton) à l’américaine avec des épisodes plus ou moins rocambolesques afin que tout rentre dans l’ordre totalitaire. Pour restaurer la crédibilité du Cameroun, largement entamée, il faut un nouveau cadre institutionnel qui pourra prévenir les actes de corruption financière et morale. C’est une affaire autant éthique que politique. Monsieur le président, vous ne pouvez pas vous en tirer en lâchant juste quelques lampions.Ce n’est que la face émergée de l’iceberg. L’article 9 vous donne les pouvoirs spéciaux en cas de péril grave menaçant la vie de la nation et les Institutions de la République. Pour une fois ce péril vient de l’intéreur même de votre régime ! Vous devez vous-même – si vous êtes un homme d’ honneur- prendre la « mesure » de démissionner puisque la Constitution que vous avez faite promulger, ne prévoit nulle part les modalités d’application de votre démission. Le pouvoir se délègue, la responsabilité jamais. Ceux qui vous félicitent ( avec des motions de soutien ! ! !) de lâcher certains de vos indeffectibles attachés, vous trompent et ne font que vous enfoncer. S’il vous reste un minimum de considération pour ce pays, c’est de sortir la tête haute et non pas comme la plupart des présidents africains…
Marie Louise Eteki-Otabela
PH.D. en sciences politiques
Présidente de la CFA, parti politique
Candidate à l’élection présidentielle du 11 octobre 2004
* Oskar Schindler, industriel allemand et membre du parti nazi, s'installe en Pologne occupée par l'Allemagne afin de profiter de la guerre et de développer ses affaires, en exploitant une main-d'œuvre juive à "bon marché". Charmeur, déterminé, opportuniste, il réussira à faire fortune.
Il ouvrira néanmoins les yeux à la réalité et aux horreurs du nazisme, et usera de son talent (charmeur, déterminé, opportuniste) afin de protéger ses employés, se heurtant au chef du camp de Plaszow, Amon Goeth. Mettant sa vie en péril, il ira jusqu'à se ruiner pour sauver mille deux cents employés, les mille deux cent de la liste. De ce fait historique, Spileberg a tiré un de ses meilleurs films.
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Opération "100 femmes au parlement", le combat continue.
REPONSE SUR ECOVOX 


