26.08.2008

J'ai l'honneur de ne pas demander ta main

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Parmi les nombreux défenseurs de la liberté du siècle dernier, les Nations Unies ont joué un rôle important, engagées à propager la démocratie dans le monde. La Déclaration universelle des droits de l'homme a énoncé les principes essentiels de la démocratie et, depuis son adoption par l'Assemblée générale en 1948, a inspiré l'élaboration de constitutions et a considérablement contribué à faire accepter la démocratie comme une valeur universelle. Ce système de valeur normatif a été réaffirmé dans la Déclaration du Millénaire en l’an 2000.

Nous, peuple du Cameroun…

Le développement des normes en matière de droits de l'homme, la mise en œuvre du droit de tous les peuples à l'autodétermination, l'aide à la bonne gouvernance et l'assistance électorale ont été parmi les approches adoptées par les Nations Unies pour promouvoir la démocratie. L'Organisation a également été un forum pour le développement d'initiatives spécifiques, comme le mouvement des Démocraties nouvelles et rétablies, à l'initiative des Philippines, après l'établissement d'un régime démocratique dans ce pays à la fin des années 1980. Les Nations Unies, leurs institutions et leurs programmes contribuent de plus en plus à l'établissement des processus démocratiques partout dans le monde. Au cours de la dernière décennie, elles ont aidé des pays à établir la démocratie et ont contribué à la démocratisation, apportant leur appui à un parlement sur trois dans les pays en développement. Elles aident également les pays sortant d'un conflit violent à mettre en place les institutions démocratiques et à renforcer la société civile.
Les récentes élections qui ont eu lieu en Afghanistan, en Haïti, en Irak, au Liberia et en Palestine (mais aussi au Cameroun pourrait-on ajouter) ont montré les changements profonds que ces sociétés entreprennent. Toutefois, les élections ne constituent pas la démocratie. En matière d'élections, la démarche de l'ONU est de souligner le processus plutôt que l'événement. Les nombreux processus parallèles, tels que le renforcement des modes d'action de la société civile et le développement de partis politiques, la formation d'une identité politique par l'inscription électorale et l'éducation des électeurs, la création de groupes d'intérêt, le développement d'un cadre juridique et institutionnel pour assurer le respect des droits de l'homme, la mise en place d'un système judiciaire indépendant et l'accès du public à l'information donnent aux élections leur sens démocratique. Ce soutien est nécessaire pour mettre en œuvre une vraie démocratisation.
Dans la déclaration du Millénaire 2000 et le Document final du Sommet mondial 2005, les États se sont engagés à renforcer la capacité des Nations Unies à aider les pays à mettre en œuvre les principes et les pratiques de la démocratie. Alors que l'ONU a accompli d'importants progrès, elle doit redoubler d'efforts afin d'assurer la fiabilité des institutions démocratiques naissantes et améliorer la qualité du processus démocratique, en termes de responsabilité, de transparence dans la prise de décision, de participation et d'inclusion, et avec le soutien d'une société civile active et constructive. Nous devons faire plus et nous devons faire mieux.

Décidons le 13 septembre prochain

Pour aider l'ONU à renforcer la démocratie, le Secrétaire général Kofi Annan a décidé en juillet 2005 de créer le Fonds des Nations Unies pour la démocratie (FNUD). Appuyé par les chefs d'État et de gouvernement lors du Sommet mondial 2005 en septembre, le Fonds a été établi, en précisant cependant qu'il n'existait pas un modèle unique de démocratie mais une variété d'approches valables pour atteindre l'objectif démocratique commun. Les États Membres se sont également engagés à débloquer près de 50 millions de dollars US.
Les politiques et les priorités du Fonds seront décidées par le Secrétaire général, avec l'aide d'un Conseil consultatif spécial composé de six représentants des pays les plus contributeurs, cinq autres États Membres pour assurer une distribution géographique équilibrée, quatre représentants personnels du Secrétaire général et deux représentants des organisations de la société civile. Les décisions étant prises par consensus, les débats au sein de ce forum devraient être stimulants.
Le FNUD fait partie intégrante de la réforme des Nations Unies proposée par le Secrétaire général et approuvée par les États Membres. L'idée qui sous-tend cette proposition est que le développement, la sécurité et les droits de l'homme ne sont pas seulement impératifs en soi mais qu'ils se renforcent mutuellement. Dans le cadre de l'ensemble des réformes, le FNUD complète les travaux du nouveau Conseil des droits de l'homme, mais les liens sont peut-être plus évidents dans les domaines de la consolidation de la paix, de la promotion de la démocratie et du développement humain durable.

De vivre ensemble et côte à côte sur la terre de nos ancêtres

Le Fonds complètera également les efforts de l'ONU aux niveau national et régional, menés par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM), le Haut Commissariat aux droits de l'homme, les Départements des affaires politiques et des opérations de maintien de la paix de l'ONU, l'Office pour le contrôle des drogues et la prévention du crime et l'ensemble des équipes de pays de l'ONU, ainsi que d'autres acteurs. Par son établissement et le travail d'un groupe consultatif pour les programmes, le Fonds devrait permettre d'adopter une approche plus ciblée. Son objectif premier sera de promouvoir la démocratie dans le monde en apportant son appui aux projets qui mettent en place et renforcent les institutions démocratiques et facilitent la gouvernance démocratique dans les démocraties nouvelles, émergentes et engagées dans le processus de consolidation. Il fournira également une assistance aux organisations gouvernementales et non gouvernementales, y compris les bureaux, fonds, programmes et institutions spécialisées de l'ONU.
Le FNUD a été placé au sein du Fonds des Nations Unies pour les partenariats internationaux (FNUPI) afin de souligner l'importance des partenariats avec les organisations de la société civile pour faire progresser les valeurs démocratiques (...). Son avantage comparatif est de soutenir l'environnement habilitant nécessaire pour que les institutions démocratiques déjà établies puissent fonctionner plus efficacement. Son rôle sera de consolider et de renforcer les institutions et les processus démocratiques, tels que les élections, la rédaction de constitutions ou le soutien aux médias pluralistes. Il jouera aussi un rôle essentiel pour promouvoir la participation de la société civile. Au niveau des pays, le FNUD apportera son soutien afin de renforcer la relation entre la société civile et les institutions officielles de démocratie : le renforcement du dialogue démocratique…
Nous réaffirmons que la démocratie est une valeur universelle, qui émane de la volonté librement exprimée des peuples de définir leur propre système politique, économique, social et culturel et qui repose sur leur pleine participation à tous les aspects de leur existence. Nous réaffirmons également que, quand bien même les démocraties ont des caractéristiques communes, il n'existe pas de modèle unique de démocratie et que la démocratie n'est pas l'apanage d'un pays ou d'une région, et réaffirmons qu'il faut respecter pleinement la souveraineté et le droit à l'autodétermination. Nous soulignons que la démocratie, le développement et le respect de tous les droits de l'homme et libertés fondamentales sont interdépendants et se renforcent mutuellement.*

http://mle.blogspirit.com mle_otabela@hotmail.com
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(*) Ce texte est de Amir Dossal Directeur du Fonds des NU pour la Démocratie et la titraille de Marie Louise Eteki Otabela sur une musique de Georges Brassens : le titre de cette chronique.

20.08.2008

Les Termes de Référence

POUR UNE ASSEMBLEE CONSTITUANTE
Voici ce que nous proposons au menu de cette rencontre qui se veut historique

C’est un document de treize pages (en comptant la page budget) dont l’objectif général est de mettre en place un cadre institutionnel d’expression de la souveraineté des Peuples camerounais. « Nous proposons de l’appeler l’Assemblée du Peuple Camerounais ». Il s’agit
de façon pacifique, de rassembler toutes les forces vives du pays, pour lui épargner des convulsions comme celles de nous avons connues en février dernier et ouvrir de meilleures perspectives pour notre peuple, cliquer ici ;Pluri 2.doc

19.08.2008

LA CHRONIQUE DU MARDI 19 AOUT 2008

Bakassi : pour une République Fédérale du Golfe de Guinée


cc02cbc2ed389933d2bf628a4a5098c3.jpgSitué au fond du Golfe de Guinée, le Cameroun est un pays béni des Dieux. Mais il n’est pas exagéré de qualifier sa situation actuelle de catastrophique car c’est l’impasse totale. On arrive encore au bout de 50 ans à interdire la tenue du Congrès de notre premier parti politique ! Nous avons justifié la tenue d’une Assemblée des Peuples camerounais au triple plan historique, politique et diplomatique dans le cadre de cette chronique depuis des mois. Un pluri acteurs de réflexion sur l’avenir de ce pays vient de paraître sur le Net. Au-delà de toutes les trompettes, ce qui vient de se passer à Bakassi, devrait malgré tout nous sortir de notre triangle national pour aller rechercher l’espoir aux fondements – économiques et culturels – d’un Etat Fédéral d’Afrique Noire comme disait Cheikh Anta Diop, le dernier des pharaons.

D’une souveraineté virtuelle aux objectifs très spécifiques

C’est un document de treize pages (en comptant la page budget) dont l’objectif général est de mettre en place un cadre institutionnel d’expression de la souveraineté des Peuples camerounais. “ Nous proposons de l’appeler l’Assemblée du Peuple Camerounais ”. Il s’agit, de façon pacifique, de rassembler toutes les forces vives du pays, pour lui épargner des convulsions comme celles que nous avons connues en février dernier et ouvrir de meilleures perspectives pour notre peuple. Il s’agit, en approfondissant les acquis de la démocratie, en renforçant les droits et libertés, en consolidant le dialogue politique et social et en améliorant les conditions de vie de nos concitoyens, de recréer l’immense espoir suscité par le processus de démocratisation dans les années 90 et trahi par la suite. Cela a été dit à plusieurs reprises, “ ce projet d’une Assemblée du Peuple n’est pas une conférence nationale souveraine déguisée ”. Il s’agit en définitive de trouver une solution consensuelle, globale, efficace et durable à la grave crise multidimensionnelle de notre pays car un transfert d’autorité ne suffit pas : pas plus à Bakassi aujourd’hui que sur tout le pays depuis 1960. L’enjeu primordial ici comme dit J-B. Sipa, c’est l’exercice réel de la souveraineté nationale.
La séance d’ouverture commencerait donc par Faire l’état des lieux : le fameux bilan de 50 ans d’indépendance évoqué tant de fois : par nos intellectuels de renom en 1997, par Me Yondo Black en 1999 en ces termes : “ Je propose qu’on commence par faire une sorte de bilan général. C’est un préalable à toute action politique significative dans ce pays. On ne peut pas en faire l’économie ”. Dans la même séance d’ouverture, il nous faudra envoyer un message fort pour que toutes les forces en présence comprennent que ce dont il s’agit ici, c’est de Renégocier notre souveraineté nationale “ confisquée à l’extérieur par la France et à l’intérieur par l’Etat camerounais ”. Et là, on s’attend à ce que des solutions appropriées, aux urgences et priorités signalées soient proposées.
Ensuite vient le traitement de l’épineux problème de la démocratie dans notre pays : la France estime qu’il faut y aller progressivement. Le régime RDPC parle “ d’approfondir les acquis ” que le pouvoir (et ses alliés de l’opposition institutionnelle) se fera un devoir de nous représenter. Les forces alternatives proposent elles d’Instituer un Etat de droit au Cameroun en vue de l’instauration d’un régime politique démocratique. Toute la difficulté est d’arriver à bâtir un consensus dynamique sur les principes essentiels fondant une bonne gouvernance politique ; une gouvernance économique de qualité, transparente et soucieuse aussi des intérêts nationaux ; une gouvernance sociale et culturelle performante au lieu de faire miroiter aux Nigérians, des droits que nous n’avons pas. Tout le monde sait que les Camerounais n’ont jamais eu à compter que sur leurs capacités personnelles. Françoise Mbango vient encore d’en faire la démonstration pratiquement contre notre Etat.
C’est là que la jeunesse a proposé une chimiothérapie. En sciences politiques, cela s’appelle une Assemblée Constituante…
Enfin, pour Réorganiser une société moderne et qui tienne compte des nouvelles forces sociales dans notre pays d’aujourd’hui non seulement cela passe par des mécanismes d’un dialogue périodique et pérenne entre, d’une part, le pouvoir et l’opposition et, d’autre part, le pouvoir et les partenaires sociaux, afin de créer les conditions du développement du pays dans la paix civile, la stabilité et la sécurité mais également par la Relance du processus de constitution des Etats Unis d’Afrique.

Trois projets de lois révolutionnaires

Les activités préconisées dans ces Termes de Référence tournent autour d’une triple thématique, celle-là même que nous proposons dans les colonnes de cette chronique depuis des mois à savoir les questions de la c607327535c16873a9b9595fb7f361fd.jpgsouveraineté nationale, de la transformation de la nature de l’Etat camerounais et celle de la modernisation de notre Société. Aussi les projets de lois y afférant sont formulés en termes d’Abolition du décret français instituant le néocolonialisme au Cameroun. Ce serait le fameux signal fort dont nous sommes en droit d’attendre la constitution d’une Assemblée Constituante, la garantie de cette Souveraineté par l’avènement d’une autorité supra nationale dans le cadre d’un Etat fédéral du Golfe de Guinée, la renégociation des Accords de Coopération (intérieurs et extérieurs) ainsi que la tenue des Etats généraux de l’économie camerounaise.
Le projet de loi sur l’ Abolition de l’Etat totalitaire et du totalitarisme devrait entraîner l’institution des libertés civiles et politiques comme droits inaliénables de la personne ; la transformation de l’Etat totalitaire en régime démocratique devrait régler de la question des pouvoirs présidentielles… du statut des partis politiques évoquée récemment dans le rapport de l’ONEL , du statut des forces de l’ordre, des questions fondamentales qui ne sont pas abordées actuellement dans le document ni dans cette section ni dans le cadre méthodologique et organisationnel, probablement pour des raisons stratégiques. Bien entendu, il y est question aussi de l’Institution d’un corps judiciaire indépendant ainsi que le projet qui a suscité dans d’espoir depuis les années 90 à savoir, la création d’une CENI suivi d’un nouveau calendrier électoral.
Très attendus également la nouvelle société camerounaise avec le projet de loi sur l’Abolition des tribus et du tribalisme à la cérémonie des Autorités des premières nations qui devrait consacrer l’adoption de la Déclaration universelle des droits des femmes et des citoyens histoire de ressortir le projet du Code de la famille et des personnes des tiroirs de la république. C’est dans cette section sur la Société que se trouve instituée une armée citoyenne (de métier) et la suppression des polices politiques et des forces répressives, avec l’adoption des lois sociales (école gratuite, santé gratuite, sécurité sociale, salaire minimum social, etc.) et la réhabilitation des anciens combattants pour l’indépendance nationale et l’institution de la célébration de la mémoire de nos héros nationaux.

Assemblée des peuples : et si Bakassi était le signal ?

38fd58ae9d4e865a88b2bddf6898d44d.jpgAvec un tel programme c’est certain nous n’aurons pas trop de trois mois pour régler les questions de logistique et d’organisation. Du profil du président de cette assemblée à celui des présidents des différentes commissions. Ce qui est sûr c’est que tout Curriculum qui se propose de gérer ces débats, devra faire autorité sur la question soit par ses publications, soit par ses réalisations professionnelles de portée nationales. Pour le reste, le Comité national de pilotage du projet qui sera mis en place et qui va probablement convoquer cette Assemblée le 13 septembre prochain, a la lourde responsabilité de régler l’épineuse question du financement car de cette dernière question dépend, la mobilisation de l’opinion publique nationale et internationale ainsi que les modalités de participation des milliers de représentants des peuples camerounais à cette deuxième Assemblée des Nations unies. La dernière leçon de Bakassi, c’est que nos peuples se passent aisément des présidents actuels quand les enjeux sont d’importance continentale.