18.11.2008

La chronique du mardi 18 novembre 2008


Le Monde a besoin de nous


eteki.jpgL’élection de Barak Obama est assurément un événement historique de portée universelle, même si certains médias et autres esprits chagrins – les jaloux, comme on dit chez nous - tentent de peopoliser le phénomène, dénonçant déjà, tantôt un culte de sa personne, tantôt une sorte de passion, effet d’une mode passagère et superficielle. On a évoqué J.F. Kennedy mais aussi Elvis Presley, James Dean, les Beatles ou même Madona : une confusion des genres qui n’est pas innocente. Ici on parle politique et comme dirait l’autre… les mots pour le dire devraient arriver aisément.

Un débat planétaire
Il y a ceux que la popularité du nouveau président des Etats-Unis irrite : ils disent : “ Wait and see ”. Il y a ceux qui se rendent compte que eux aussi auraient pu…mais qu’il n’y a rien, aucun signe dans leur vie qui laisse penser qu’ils auraient pu - avec un peu de chance - susciter un tel engouement, réaliser un tel exploit, en Afrique et partout ailleurs. Et enfin, il y a ceux qui souffrent d’un hyper réalisme chez nous : “ Obama ne va pas venir résoudre nos problèmes ” car pleins de ressentiment et d’inhibitions, ils ne conçoivent même pas que quelqu’un d’autre puisse essayer. Il veut aller où celui-là ? Qu’est-ce qu’un tel veut montrer, auraient-ils réagi si Obama leur avait annoncé “ je voudrais être président des Américains ! ” Alors il faut qu’on leur explique à tous ces fanas des actions concrètes, ces adeptes des petits projets de vie.obama.jpg
Les Occidentaux et leur agitation actuelle, chacun tirant la couverture : c’est moi... c’est moi, montre que soit, ils n’ont pas non plus compris, soit ils ne veulent pas comprendre, soit enfin, ils pensent que les autres ne les voient pas. Ils répètent à qui veut l’entendre que l’homme est au centre de tout et depuis toujours. Mais leur fonctionnement depuis des siècles est basé sur le fait que quelques hommes seulement doivent être au centre de tout. De leur monarchie au G8 en passant par le système capitaliste lui-même. Toute action et même toute vie des autres ne doit concourir qu’à l’amélioration de leur vie à eux et de leur bien-être sinon, ils peuvent crever. L’accumulation de quelques-uns, sans partage, et avec l’exploitation des autres, est arrivé à un tel point qu’une indigestion mortelle les a frappés et la seule réponse qu’ils trouvent, c’est de tourner autour du pot…Ils posent les questions et donnent les réponses d’un enfermement qu’ils ont créé eux-mêmes.
Pour le moment, ils n’arrivent pas à (ou ils ne veulent) briser le cercle, même à l’intérieur de leur propre société, le partage ne se fait pas sauf contraints, forcés de temps en temps, à coup de grèves ou d’autres violences. Eux au moins, on ne leur tire pas dessus. C’est toujours ça ! Ici, chez nous, les hyperréalistes vous disent : le pouvoir ne se donne pas, il s’arrache ! Et pan : Cent, deux cent morts. Tout cela ne relève ni de la charité chrétienne, ni de la générosité prônées par les judéo-chrétiens et pourtant c’est au nom de ces valeurs qu’ils ont colonisé l’Afrique et tiennent le monde. Le capitalisme et l’impérialisme sont les deux bâtards du même lit. Les biens de ce monde en quantité comme en qualité n’ont pourtant pas disparus, pour faire comme s’il ne va plus y en avoir assez pour tout le monde. Mais c’est la peur qu’on soit obligé de partager. On bousille tout, on cache tout, on dénature tout dans le seul objectif de garder tout à soi. Alors l’Amérique a craqué.

G20 cherche (voie) Royal … désespérément.

Nous n’allons pas revenir à cet étonnement que tout le monde a déjà exprimé : qu’il était plus facile et moins cher de débloquer de l’argent pour aider l’humanité souffrante que de sauver les banques ! L’homme était toujours au centre de leurs préoccupations : ça ne se voit pas de loin alors qu’il y a eu le G5, le G8 et bientôt le G20.
Les Occidentaux ont accumulé tant de richesse chez eux qu’ils vont jusqu’à nous interdire de mettre les pieds sur leur sol alors qu’ils occupent les nôtres avec leur présence, leurs produits de base… leurs bases militaires, leurs industries polluantes, leur technologie obsolète. La Chine leur a montré…qu’organiser des Jeux Olympiques, ce n’est pas une affaire si impossible au Sud ! Ils ont essayé de dire que l’Afrique du Sud ne peut pas y arriver : trop de sidaïques ! Ils font comme si nous demandons la charité alors qu’ils ont tout confisqué, toute la richesse du monde à leur seul profit, allant jusqu’à inventer, raccommoder un système d’ exploitation et de distribution qui ne profite qu’à eux.
Les socialistes en France prolongent la nuit des longs couteaux. Parce qu’ils ne veulent pas admettre que Ségolène Royal est l’Obama français ! Que s’ils travestissent le nom des pays exploités en les appelant les pays “ émergeants ” devrait suffire et que la danse continue sans qu’on y change quoi que ce soit : encore une valse Ségolène et le makossa continue. Obama a été élu pour rien. Ou juste pour montrer que : Vous voyez, même un noir peut être président ! C’est vrai que nos présidents ne le sont pas vraiment. Bouteflika vient de s’ajouter à la liste.

Assemblée des Peuples Camerounais, l’audace d’oser

Pour revenir à nos moutons ou plus exactement à nos bananes, peut-être que cette crise permettra enfin à tous les damnés de la Terre d’avoir leur mot à dire dans le devenir de l’humanité. Les Noirs, les Jaunes, les Rouges, et… les femmes : tous les esclavés depuis des millénaires, bannis du monde, de ce monde en crise. Nous avons dû développer l’autre façon d’être humain. On ne peut pas y voir que le négatif du Blanc : oppression, souffrance, misère. Notre humanité niée, gommée depuis tous ces siècles, c’est tout cela que les Occidentaux ont perdu. Quand nous avions ouvert, il y a onze ans ce restaurant du nom du Dernier Comptoir Colonial (à Douala, au bord du Wouri), nous avons expliqué dans le texte de présentation que c’était pour exorciser ce passé douloureux dans l’espoir que plus jamais un Noir africain ne se fasse esclavager sur cette terre.
C’est cela qu’Obama a apporté aux Africains : personne ne regardera plus un homme noir de la même façon qu’avant…Et les hommes noirs vont changer. Ils vont changer dans leur perception d’eux-mêmes et dans leur comportement collectif, car ils ne trouveront plus “ normal ” que leurs dirigeants les conduisent comme ils se conduisent…Et la réaction ne se limitera pas à l’ Afrique ni même aux Noirs du monde entier…Ce sera donc une révolution culturelle, une rupture symbolique radicale, un véritable tournant historique : la réalisation du rêve de Martin Luther King, celui de l’ avènement d’une société authentiquement démocratique…*
La jeunesse camerounaise est bien de cet avis. Voici le point de vue d’un compatriote, Yanik Ngoko qui est pour l’Assemblée des Peuples camerounais : “ Au-delà du fond, il y a chez vous la forme. En rupture avec "le classique", donnant l'impression d'un texte à tout vent sans cohésion et qui pourtant a bien un fil d'Ariane qu'il parcourt. Ce n'est pas courant, ce n'est même pas habituel, c'est de l'Eteki Otabela et ça permet d'exprimer bien de choses...
Que vous en voyez les fruits ou pas, le combat que vous menez participe sans doute à la formation de l'âme d'une révolution de la société ”**. Plus que l’argent, Obama nous apporte l’audace d’oser parce que le monde a besoin de nous, de l’autre façon d’être humain.

11.11.2008

LA CHRONIQUE DU MARDI 11/11/08

Assemblée des Peuples Camerounais, Yes we can !



eteki2.jpgNous l’avons vu venir depuis le Char des dieux, le 8 janvier, avec cette autre façon d’être humain qui a l’art de vous dire : Je veux que tu sois ! Et nous avons su qu’il était réaliste de vouloir l’impossible. Elle rêvait comme Che Guévara d’internationaliser la révolution de Cuba au Congo. Myriam Makeba, la voix de notre oppression s’en est allée. Elle aura personnifiée ce fameux plafond de verre avec débat au fonds. Mais les agneaux ont été dévorés par le lion : les armes légales ont fait plus de 100 morts ! C’était en février dernier : quelque chose s’est passé. Trop tard pour avertir Sarko le terrible. Biya l’avait bien cherché. J’ai dû écrire une lettre à Valère X, celle que j’ai reçu commençait par Darling je vous aime beaucoup…

Des félicitations marquées
du syndrome de Vichy*
On m’a dit qu’en politique cela ne se fait pas. J’ai alors pensé : autorisons l’ONU à organiser une Assemblée des Peuples au Cameroun. Je vous ai expliqué deux ou trois choses que je sais d’elle et cela a donné lieu à une Pétition sur le Net et elle circule sur le terrain comme ils disent. Je t’aime, moi non plus ont répondu nos amis de France. Cette déclaration devait rester strictement personnelle. Mais dès le mois de mai, les enfants du pays se sont emparés du projet : les visites dans mon blog sont passées de 300 à près de 2000 par mois ! C’est là que nous avons eu la conviction qu’Obama allait renverser le mythe de Sisisphe. Alors si le Sénégal l’a fait, si les Sénégalais ont tenu ces Assises nationales, nous aussi nous pouvons convoquer cette 2è Assemblée du Peuple.
Et là les Blancs se sont tellement acharnés sur le président Mugabè du Zimbawe, que nous lui avons conseillé d’écrire son testament que nous avons appelé, le Testament d’ Edima. Les Jaloux ont alors commencé les manœuvres habituelles…du Meilleur Opposant. Triste, car il pleurait sur mon peuple pendant ce temps. Nous étions obligées de trouver des excuses à Biya et d’évoquer la difficulté des chefs d’Etat africains à partir…C’est toujours comme ça, dès que le peuple leur met la pression - et cette fois même la communauté diplomatique a dit : ça ne s’est pas bien passé les élections au Cameroun - ils sortent l’arme fatale : la tribu ! Après l’Opération 100 femmes au Parlement qu’ils ont torpillée, j’ai dû exhorter les femmes pour qu’ils sortent nos enfants de prisons : Allez, les femmes, allez les femmes ! Et tout ce que nous avons récolté c’est une médaille d’Or aux jeux Olympiques : elle s’appelait Françoise…
Bakassi aurait dû être le signal au moins pour une république du Golf de Guinée. Comme toujours on nous a répondu : vous n’ en avez pas les moyens. Alors au lieu de faire une demande de subvention en bonne et due forme. Nous avons fait de la poésie. J’ai l’honneur de ne pas demander ta main. Y a-t-il un nègre dans ce pays pour comprendre que c’était la Convocation de cette Assemblée des Peuples ? On nous mettait au défi de donner une date, au lieu de dire combien de personnes sont derrière nous pour qu’une telle idée aboutisse. Nous leur avons tendu le Fil d’ Ariane pour leur indiquer le chemin parcouru ensemble et celui qui nous reste pour sortir de ce labyrinthe. Cela ressemblait plutôt à une séance d’exorcisme, une sorte de Manifeste de la 25è heure, 50 ans après. Alors le 30 septembre, le compte à rebours a commencé.

Notre Obama, nous
leteki4.jpg’avons au Cameroun
On nous a appâté avec les rumeurs d’un Gouvernement, qui serait juste un remaniement comme d’habitude…Nous avons répondu “ qu’un gouvernement ne fait pas le printemps ”, qu’au point où en sont les choses dans ce pays, nous préférons attendre…l’annonce du 6 novembre. Rien ! Absolument rien.
Et quelqu’un m’a dit, merci pour ce que vous faites même si pour d’autres, je reste une femme invisible. Qui connaît madame Eteki, pas même deux millions de Camerounais… Alors il y a eu des signes avant coureurs. D’abord la prise en otage du pétrole camerounais par des “ individus ” que les journalistes français ont d’abord appelé les rebelles avant de s’aviser que cela pouvait dégénérer comme au Tchad ou au Congo. On leur a conseillé de parler plutôt des “ pirates ” dont un aurait été abattu ces jours-ci…Ensuite l’élection d’Obama, président des Etats-Unis d’Amérique. On en a encore tous les cernes sous les yeux : il y a ceux qui ont pleuré comme Jessie Jackson…et il y a celles qui ont veillé jusqu’au matin : j’étais curieuse en ce 6 novembre 2008 de voir les vôtres. Merci d’être venus. Vous n’avez pas fait le déplacement pour rien.
“ C'est avec beaucoup d'émotion que j'ai attendu ce jour de voir l'Amérique se réveiller. Enfin! Pendant 8 années d'un pouvoir insolent de Bush, beaucoup ont cru voir tous les espoirs fondre comme neige (au soleil). Heureusement les heures qui suivent vont nous donner raisons que les combats, les révolutions ne se gagnent pas toujours sur un champ de bataille militaire. Le drame serait de ne pas les mener. Les démocrates ont attendu 8 années, c'est une éternité pour eux. Mais l'Amérique toute entière a attendu plus de deux cent ans pour voir l'impossible se réaliser. Demain ils auront Obama, et l'Amérique, le monde connaîtra une nouvelle orientation qui sera à n'en pas douter positif à bien des égards. Nous attendons depuis 60 ans ce moment de gloire avec un combat idéologique permanent. Et les pouvoirs dictatoriaux, comme celui du Cameroun, donnent toujours l'impression d'être éternels. Evidemment je sais que le Cameroun n'est pas l'Amérique, je sais aussi que s'ils ont un Obama en Amérique, nous en avons des milliers chez nous, tapis dans l'ombre qui ne portent pas seulement ce nom, mais qui mènent un combat visible qui est en train de porter les fruits. Notre Obama nous l'avons au Cameroun, nous l'avons en nous, et il se présentera à nous pas comme quelqu'un qui sort du néant mais comme quelqu'un qui porte le lourd fardeau de ce combat idéologique qu'il mène depuis des décennies. Et par ce que nous nous reconnaîtrons en lui, par ce qu'il est nous. Nous serons alors fiers de célébrer nos Héros dont la mort prendra enfin un sens définitif avec notre liberté, mais surtout avec un Monument colossal sur les collines d'Ongola que nous érigerons à leur honneur. Et je sais que ce moment n'est plus loin... ”**

Ce sera le 15 décembre prochain
“ Bonjour maman, j’ai reçu ton message*** du 21 septembre avec tout son contenu que j'ai d'ailleurs déjà tiré 11 pages, je suis désormais eteki3.jpgmieux outillé quant à ce qui concerne notre Assemblée des peuples, merci maman tu es notre MESSI nous sommes désormais dans les affres de la libération du peuple camerounais grâce à ce grand projet de désaliénation de notre peuple, cette chimiothérapie sociale, c'est vrai pour l'instant, le poisson est dans le lac et il faut vider le lac pour attraper le poisson. Shanda Tonme disait, dans l'histoire, les peuples n'ont jamais triomphé de la peur, de la tricherie, de la guerre, de l'injustice et toutes sortes de travers et de menaces pour leur cohésion, leur dignité, leur respectabilité, leur souveraineté, sans qu'à un moment donné, les citoyens ne se lèvent individuellement pour enfin prendre position, s'exprimer sur la situation du moment sur les perspectives qui se dessinent pour leur destin. Maman de notre sang, de notre énergie nous allons défendre les acquis de ce projet, cela traduit la volonté de l'écrasante majorité des Camerounais destinés à sortir leur pays du précipice dans lequel il se trouve plongé aujourd'hui et Dieu nous a donné un guide, un vrai NOTRE ADORABLE MAMAN

04.11.2008

LA CHRONIQUE DU MARDI 04/11/08


Les canons de Pachelbel



eteki.jpgJ’aurai voulu donner un titre mémorable à cette chronique, la dernière ? Dans le style : Assemblée des peuples, c’est parti ! Rien n’est moins sûr. Vous lisez ce texte ce mardi et ce soir, peut-être demain, nous saurons si, pour la première fois en 200 ans, les Etats-Unis d’Amérique ont un président Noir, enfin d’origine africaine comme ils disent. Pourquoi c’est un évènement qui fera date dans l’histoire de l’humanité ? Parce que pour la première fois, la terre entière, ils appellent cela – la communauté internationale par euphémisme – accepte l’idée que les Noirs aussi sont des humains, mieux, qu’un Noir peut réellement diriger non seulement son pays mais le monde. Le Ciel avait déjà fait sa part quand l’Eglise a reconnu que nous aussi, nous avons une âme. Trois mille ans après, nous n’avons toujours pas vu le changement dans nos vies de nègres.

Obama, Change ? Yes we can!
Alors Obama vint. En français j’avais traduit son slogan par “ l’Autre Cameroun ” C’était en 2004, nos tee-shirts étaient sous presse. Il nous reste les échantillons mais vous n’en avez rien su…Aujourd’hui, je porte celui d’Obama. Un an donc que j’essaie de dire à travers ces chroniques, qu’une alternative est possible. Cela commence par l’idée que nous nous faisons de nous-mêmes. Se voir autrement. Arrêter d’être petit, de se planquer, de faire des petits calculs, des mauvais choix toute sa vie. Sortir de la logique des petits projets de…développement ! Mais parce que vous êtes importants, importants pour notre pays, importants forcément pour une femme, en tout cas pour quelqu’un, pour nous.obama.jpg
Pensez à tout ce que vous avez vécu ou à tout ce que vous pouvez encore faire. Tout ce savoir, toute cette expérience accumulée, ces millions d’expertises mais qu’est ce que vous en faites, qu’est-ce nous en faisons si nous ne les mettons pas au service des millions de nos concitoyens ! Des millions d’Obama qui devraient rester cachés ? Qui devraient se contenter d’une vie misérable ? Tant de problèmes à résoudre, de sérieux problèmes, dont certains durent depuis si longtemps qu’ils sont devenus comme une seconde nature. Arrêtons d’accepter cette image négative de nous-mêmes. Notre pays n’est ni un pays pauvre ni un pays très endetté. Sur quelle base de calcul économique ont-ils décidés ça, celle fictive qui est par terre ou celle que nous vivons, nous ?
En tout cas, j’aurai essayé de vous le dire de toutes les manières, de toutes mes forces que nous devons nous secouer. Il s’agit juste de s’asseoir ensemble, pas forcément en un lieu. Pour éviter que nos ex-humanitaires qui à propos du Rwanda ont juré à l’Assemblée nationale devant le peuple français que si c’était à refaire…ils n’hésiteraient pas, ne viennent nous annoncer maintenant, qu’il vient d’y avoir chez Kabila fils un massacre comme il y en a jamais eu en Afrique : il faut vraiment avoir la mémoire courte, qu’il se prépare chez nous aussi, une guerre “ civile ”.

Bakassi : le signal !
Cela fait une drôle d’impression d’entendre “ Cameroun ” parmi les informations sur l’actualité internationale. D’habitude, il s’agit de football, de l’heure qu’il est à Nguelmendouga (vous voyez, vous où se trouve un bled avec un nom pareil ?) au Cameroun, doivent-ils préciser ou d’un artiste en concert, une publicité qui coûte chère… Mais là, on dirait que c’est du sérieux. Même si le premier commentaire laisse entendre que les gens en question ne savent pas trop ce qu’ils veulent ! ça nous ressemble : éternels enfants jouant aux pirates… Ils auraient donc enlevé dix personnes en pleine mer, pour rire… Par contre dès lors qu’il s’agit de la vie des Français, l’affaire devient sérieuse et on parle alors des rebelles qui auraient enlevés six français, (accessoirement) trois Camerounais et un Portugais… Baie des Camaroes, oblige. Il paraît qu’il y a aussi un Sénégalais…
Essaieraient-ils de lui faire le coup de Bokassa ? Toujours est-il que le président qui était parti en visite privée… mais très accompagnée depuis deux mois – on s’y est fait – a dû revenir dar dar ce samedi pour tirer l’affaire au claire et aider nos “ amis ” de Total à négocier C’est le monde à l’envers ! Depuis quand le N°1 de notre pétrole négocie avec des “ rebelles ” ? En tout cas, ils ont d’abord laissé entendre qu’ils allaient tuer les otages si avant trois jours rien n’est fait pour leur rançon : ils demandent carrément que le gouvernement camerounais leur laisse et le pétrole de Bakassi et la plate-forme de Total. Pas étonnant que les journalistes français disent qu’ils sont contre le Gouvernement camerounais…D’ici qu’ils nous importent les rebelles du Tchad ou du Congo Kinshasa…Tous veulent négocier avec les gouvernements en place mais on y voit toujours la main de l’étranger : Soudan, Rwanda, Nigeria, comme à l’Est, il n’y a plus rien de nouveau ! Précision de taille : ces rebelles inconnus du gouvernement n’ont de rapport avec aucun parti politique ni aucune opposition. On savait bien que le RDPC en tout cas, n’est même pas un parti politique…
Mais qu’est-ce qu’ils croient ces Freedom Fighters ? Qu’on va leur refaire le coup d’il y a 50 ans : nous donner une coquille vide en guise de territoire. Apparemment, ils ne veulent pas se contenter d’une administration, ni de tout le tapage que le gouvernement y a fait en guise d’investissements. Ils veulent leur affaire du siècle. Et si c’est une affaire du siècle là à l’entrée du Cameroun, il peut y avoir des retombées, pardon, j’allais dire des répercussions au pays…Pourvu qu’il n’y ait pas une opération “ grand Epervier blanc ”, pour sauver les six Français : on sait ce qu’il nous en coûte dans ces cas-là, un Français valant au moins cent Camerounais !

On entend déjà les cloches de ce jour de gloire
“ Je pense qu'il n'y a point de raison de douter de la proximité de ce jour glorieux, et tu le verras ! Les jeunes gouverneront ce pays sans coup férir. A un moment donné on sait reconnaître les signes précurseurs du déclin de ce régime qui montre ses derniers signes de faiblesse. Je pense que la pourriture de ce régime a entamé une bonne partie du Baobab. Mais une chose est sûre, le Baobab contient les gènes thérapeutiques de sa remise en forme. Tu en as fait état toi-même lorsque tu parles des jeunes de ce pays. Et s'ils ne peuvent pas voir la Femme aujourd'hui dans son combat permanent, je veux dire ton combat, comme beaucoup d'autres, c'est un problème de culture politique dont la simplicité ne demandera pas un effort titanesque pour le résoudre le moment venu. Je te fais confiance car je sais que si tu es visible à mes yeux, tu peux l'être pour des millions sur place et ailleurs. Voilà, je suis la preuve que cet ailleurs reconnaît le combat à mener, ton combat, notre combat. Alors il est temps de redoubler les efforts et surtout utiliser les méthodes pédagogiques de répétitions pour ne pas dire de conditionnement en clamant ta présence par ce genre d'écrits qui me comblent tout simplement. ”
C’est le dernier message que j’ai reçu le 28 octobre et c’est signé J.P.W…
A vous de voir