19.08.2008

LA CHRONIQUE DU MARDI 19 AOUT 2008

Bakassi : pour une République Fédérale du Golfe de Guinée


cc02cbc2ed389933d2bf628a4a5098c3.jpgSitué au fond du Golfe de Guinée, le Cameroun est un pays béni des Dieux. Mais il n’est pas exagéré de qualifier sa situation actuelle de catastrophique car c’est l’impasse totale. On arrive encore au bout de 50 ans à interdire la tenue du Congrès de notre premier parti politique ! Nous avons justifié la tenue d’une Assemblée des Peuples camerounais au triple plan historique, politique et diplomatique dans le cadre de cette chronique depuis des mois. Un pluri acteurs de réflexion sur l’avenir de ce pays vient de paraître sur le Net. Au-delà de toutes les trompettes, ce qui vient de se passer à Bakassi, devrait malgré tout nous sortir de notre triangle national pour aller rechercher l’espoir aux fondements – économiques et culturels – d’un Etat Fédéral d’Afrique Noire comme disait Cheikh Anta Diop, le dernier des pharaons.

D’une souveraineté virtuelle aux objectifs très spécifiques

C’est un document de treize pages (en comptant la page budget) dont l’objectif général est de mettre en place un cadre institutionnel d’expression de la souveraineté des Peuples camerounais. “ Nous proposons de l’appeler l’Assemblée du Peuple Camerounais ”. Il s’agit, de façon pacifique, de rassembler toutes les forces vives du pays, pour lui épargner des convulsions comme celles que nous avons connues en février dernier et ouvrir de meilleures perspectives pour notre peuple. Il s’agit, en approfondissant les acquis de la démocratie, en renforçant les droits et libertés, en consolidant le dialogue politique et social et en améliorant les conditions de vie de nos concitoyens, de recréer l’immense espoir suscité par le processus de démocratisation dans les années 90 et trahi par la suite. Cela a été dit à plusieurs reprises, “ ce projet d’une Assemblée du Peuple n’est pas une conférence nationale souveraine déguisée ”. Il s’agit en définitive de trouver une solution consensuelle, globale, efficace et durable à la grave crise multidimensionnelle de notre pays car un transfert d’autorité ne suffit pas : pas plus à Bakassi aujourd’hui que sur tout le pays depuis 1960. L’enjeu primordial ici comme dit J-B. Sipa, c’est l’exercice réel de la souveraineté nationale.
La séance d’ouverture commencerait donc par Faire l’état des lieux : le fameux bilan de 50 ans d’indépendance évoqué tant de fois : par nos intellectuels de renom en 1997, par Me Yondo Black en 1999 en ces termes : “ Je propose qu’on commence par faire une sorte de bilan général. C’est un préalable à toute action politique significative dans ce pays. On ne peut pas en faire l’économie ”. Dans la même séance d’ouverture, il nous faudra envoyer un message fort pour que toutes les forces en présence comprennent que ce dont il s’agit ici, c’est de Renégocier notre souveraineté nationale “ confisquée à l’extérieur par la France et à l’intérieur par l’Etat camerounais ”. Et là, on s’attend à ce que des solutions appropriées, aux urgences et priorités signalées soient proposées.
Ensuite vient le traitement de l’épineux problème de la démocratie dans notre pays : la France estime qu’il faut y aller progressivement. Le régime RDPC parle “ d’approfondir les acquis ” que le pouvoir (et ses alliés de l’opposition institutionnelle) se fera un devoir de nous représenter. Les forces alternatives proposent elles d’Instituer un Etat de droit au Cameroun en vue de l’instauration d’un régime politique démocratique. Toute la difficulté est d’arriver à bâtir un consensus dynamique sur les principes essentiels fondant une bonne gouvernance politique ; une gouvernance économique de qualité, transparente et soucieuse aussi des intérêts nationaux ; une gouvernance sociale et culturelle performante au lieu de faire miroiter aux Nigérians, des droits que nous n’avons pas. Tout le monde sait que les Camerounais n’ont jamais eu à compter que sur leurs capacités personnelles. Françoise Mbango vient encore d’en faire la démonstration pratiquement contre notre Etat.
C’est là que la jeunesse a proposé une chimiothérapie. En sciences politiques, cela s’appelle une Assemblée Constituante…
Enfin, pour Réorganiser une société moderne et qui tienne compte des nouvelles forces sociales dans notre pays d’aujourd’hui non seulement cela passe par des mécanismes d’un dialogue périodique et pérenne entre, d’une part, le pouvoir et l’opposition et, d’autre part, le pouvoir et les partenaires sociaux, afin de créer les conditions du développement du pays dans la paix civile, la stabilité et la sécurité mais également par la Relance du processus de constitution des Etats Unis d’Afrique.

Trois projets de lois révolutionnaires

Les activités préconisées dans ces Termes de Référence tournent autour d’une triple thématique, celle-là même que nous proposons dans les colonnes de cette chronique depuis des mois à savoir les questions de la c607327535c16873a9b9595fb7f361fd.jpgsouveraineté nationale, de la transformation de la nature de l’Etat camerounais et celle de la modernisation de notre Société. Aussi les projets de lois y afférant sont formulés en termes d’Abolition du décret français instituant le néocolonialisme au Cameroun. Ce serait le fameux signal fort dont nous sommes en droit d’attendre la constitution d’une Assemblée Constituante, la garantie de cette Souveraineté par l’avènement d’une autorité supra nationale dans le cadre d’un Etat fédéral du Golfe de Guinée, la renégociation des Accords de Coopération (intérieurs et extérieurs) ainsi que la tenue des Etats généraux de l’économie camerounaise.
Le projet de loi sur l’ Abolition de l’Etat totalitaire et du totalitarisme devrait entraîner l’institution des libertés civiles et politiques comme droits inaliénables de la personne ; la transformation de l’Etat totalitaire en régime démocratique devrait régler de la question des pouvoirs présidentielles… du statut des partis politiques évoquée récemment dans le rapport de l’ONEL , du statut des forces de l’ordre, des questions fondamentales qui ne sont pas abordées actuellement dans le document ni dans cette section ni dans le cadre méthodologique et organisationnel, probablement pour des raisons stratégiques. Bien entendu, il y est question aussi de l’Institution d’un corps judiciaire indépendant ainsi que le projet qui a suscité dans d’espoir depuis les années 90 à savoir, la création d’une CENI suivi d’un nouveau calendrier électoral.
Très attendus également la nouvelle société camerounaise avec le projet de loi sur l’Abolition des tribus et du tribalisme à la cérémonie des Autorités des premières nations qui devrait consacrer l’adoption de la Déclaration universelle des droits des femmes et des citoyens histoire de ressortir le projet du Code de la famille et des personnes des tiroirs de la république. C’est dans cette section sur la Société que se trouve instituée une armée citoyenne (de métier) et la suppression des polices politiques et des forces répressives, avec l’adoption des lois sociales (école gratuite, santé gratuite, sécurité sociale, salaire minimum social, etc.) et la réhabilitation des anciens combattants pour l’indépendance nationale et l’institution de la célébration de la mémoire de nos héros nationaux.

Assemblée des peuples : et si Bakassi était le signal ?

38fd58ae9d4e865a88b2bddf6898d44d.jpgAvec un tel programme c’est certain nous n’aurons pas trop de trois mois pour régler les questions de logistique et d’organisation. Du profil du président de cette assemblée à celui des présidents des différentes commissions. Ce qui est sûr c’est que tout Curriculum qui se propose de gérer ces débats, devra faire autorité sur la question soit par ses publications, soit par ses réalisations professionnelles de portée nationales. Pour le reste, le Comité national de pilotage du projet qui sera mis en place et qui va probablement convoquer cette Assemblée le 13 septembre prochain, a la lourde responsabilité de régler l’épineuse question du financement car de cette dernière question dépend, la mobilisation de l’opinion publique nationale et internationale ainsi que les modalités de participation des milliers de représentants des peuples camerounais à cette deuxième Assemblée des Nations unies. La dernière leçon de Bakassi, c’est que nos peuples se passent aisément des présidents actuels quand les enjeux sont d’importance continentale.

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12.08.2008

CHRONIQUE DU MARDI 12 AOUT 2008

A-LL-EZ les Femmes!
846635497b60972436840d9071708970.jpgJe ne parle pas des sportives. Les spécialistes s’en chargent. Nous, nous étions déjà à Beijing : 1995, personne n’a montré nos belles jambes. Ce fût pourtant un sacré marathon toutes ces réunions, tant de rencontres, tant de discussions, de débats, de sourires, tant de travail, d’adresses échangées et de promesses d’essayer de rester en contact. Tout ça pour rien ? Nous n’avons pas eu droit à une fête grandiose. Encore moins aux médailles. Alors nous avons imaginé Pana polis, un festival Panafricain de la politique. Ça devait se passer au Cameroun en l’an 2000 : il y a 8 ans ! Hélas, le Cameroun n’est pas la Chine mais elles reviennent dans le peloton de tête avec l’Assemblée des Peuples. Parfum de femmes.

Un multinational nommé désir

Depuis des décennies, nous caressons l’espoir d’un grand Forum dans lequel les femmes parviendront à mettre en place des mécanismes qui peuvent privilégier l’avènement d’un projet féministe de société. On a tout essayé : Mexico, Nairobi, etc.…Rien. Absolument rien : les femmes sont toujours aux prises avec un genre de problèmes bf9cba2642a4374325eb16cfddce7a9d.jpgspécifiques : petits projets de développement, respect des quotas, promotion de la femme, violence faites aux femmes, santé reproductive. Vous connaissez un seul pays au monde où l’un de ces problèmes a été résolu ? Simone avait identifié un deuxième sexe : c’est devenu égalité de genre à généraliser. Françoise nous trouve des financements mirobolants tous les jours mais ce n’est jamais pour des entreprises initiées par les femmes, toujours les petits projets de développement ! L’ALVF n’en peut plus de lutter contre les violences faites aux femmes mais jamais, au grand jamais on ne dira qu’il s’agit d’une répression féroce et institutionnalisée contre les femmes.
Le temps n’est plus à l’identification ni à la reconnaissance de nos besoins. Nous avons fait tout ça toute notre vie. Raz le bol des séminaires de formation, et de renforcement de nos capacités. Marre de l’apprentissage du leadership au féminin ! Cela fait des décennies que nous étudions, analysons, synthétisons, et consultons. Des années que nous menons des luttes spécifiques sur la violence, que nous avons des conseils sur nos droits, sur notre statut dans la société traditionnelle avec la question des pratiques de veuvage. Les Eglises font semblant de découvrir ces pratiques monstrueuses. Vous allez voir, on va nous faire le coup de la mère Yao : qui ne savait pas que les femmes souffraient tant ! Quelle hypocrisie la curée, tout de même.
Est-ce que vos filles aussi devront lutter pour hériter de la terre de vos ancêtres, nos ancêtres aussi soient dits en passant. Elles devront toujours lutter contre la polygamie ? Pour quoi aucun homme ne se souvient jamais de l’oppression de sa mère ? Ces femmes qui ont souvent joué les mères pélican : s’ouvrant le ventre pour que ses enfants se nourrissent de ses boyaux…Ils ont été jusqu’ à renvoyer le Code de la famille aux calanques Grecques parce que les femmes juristes ont dit : Niet : la meilleure petite, épousée sur le tard, n’héritera que des biens et richesses qu’elle a contribué à produire !

La mère pélican

Aujourd’hui, avec la tenue de cette Assemblée des peuples, nous devons décider comment gérer toutes ces préoccupations dans une société moins oppressive pas seulement pour nous, mais aussi pour tous les Camerounais. Nous sommes tous d’accord que le Cameroun va mal. Tout ce qui a été préconisé jusqu’ici, imposé ou non, ça n’a pas marché. Que faut-il faire pour convaincre les hommes de ce pays, qu’ils comprennent, acceptent d’essayer autre chose. Un pays ne se transforme pas à coup de petites retouches : il nous faut une perspective, une grande idée. Mao avait fermé le Chine…Les femmes ont eu l’immense générosité de renoncer au pouvoir pendant des millénaires. Et si elles y revenaient au Cameroun ? Voilà une grande idée. Une véritable grande ambition !
11f1e8fe22e661d97058a77ffb296c30.jpgNous pensons sincèrement que les femmes, de par la vision différente qu’elles ont de la vie, peuvent bâtir une société moins oppressive et permettre la résolution de bien de nos problèmes d’aujourd’hui sans trop de dégâts. La notion de rupture fait peur en politique. On voit des convulsions et des flots de sang dans tous les sillons. Mais les femmes gèrent les ruptures tout au long de la vie : rupture tous les mois, elle régule la vie avec le sourire. Rupture de la poche des eaux : elle donne la vie tous les neuf mois. Rupture d’un contrat de mariage : pour elle c’est toujours plus qu’un contrat…Rupture tout court : c’est parfois pire qu’un tremblement de terre. Mais la vie doit continuer. Il faut couper le cordon ombilical. Qui se souvient en avoir jamais souffert : tout un art !
Elles se pencheraient réellement sur les problèmes des gens : elles sont si terrer à terre parfois ! Elles remettraient à l’honneur la notion de solidarité, elles préconiseraient l’harmonie plus que la puissance, la diplomatie plus que les armes. Que de guerres seraient évitées et des vies préservées: Dieu que la terre seraitbelle. Porté par les femmes (elles ne vous le diront peut-être jamais…) qui constituent – parait-il 52 % de la population, ce projet de société est sûrement très menaçant pour l’ordre établi puis que depuis des années nous assistons à toutes sortes d’attaques sournoises mais en règle contre le mouvement des femmes.

Pour un Cameroun au féminin pluriel

Chez nous, ils se proposaient de « barrer la route à ce mal naissant » dans les années 80. Mais le « mal » a persisté. Du coup, ils veulent le tuer tous les jours :
765feea77730be53021dc2a5d529eab8.jpgLe féminisme est mort, ou n’a plus de raison d’être puisque vous avez même un ministère ! Eux ils en ont 59 mais on ne va pas commencer les comptes d’épicerie. On risque d’atterrir sur le nombre de victimes de l’opération Epervier …Le temps presse, urge même, de réagir. Des solutions nous en avons. Elles se trouvent dans tous ces rapports sur lesquelles nous avons travaillé depuis nos nombreuses décennies, quand nous étions les seules cibles du « développement ». Elles vont se compléter les unes les autres et se confronter. Nul doute qu’au sortir de cette Assemblée, nous les femmes venues de toutes les provinces du Cameroun et de tous les milieux, nous aurons sinon un autre Cameroun du moins un bout de monde meilleur. Pour remettre le Cameroun à l’endroit il nous faut apporter notre touche à ce qui peut être un grand moment de l’histoire de notre pays pour accorder au moins le Cameroun au féminin pluriel.

Marie Louise Eteki Otabela

http://mle.blogspirit.com mle_otabela@hotmail.com

Post-Scriptum : Les T de R de ce pluri-acteurs réflexion vous arrivent en PDF cette semaine. N'oubliez pas de signer la pétition!

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29.07.2008

J'autorise l' ONU

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Nous trouverons des techniques pour éviter le chantage. Nous sommes actuellement une multitude de faibles; n'oublions pas qu'une multitude de faibles réunie peut vaincre une grande force surtout si elle est de Satan. Face au manichéisme du monde, le mal fait des horreurs, se pavane et le bien fini toujours par l'écraser. Notre cause est juste parce que nous refusons tout simplement de mourir debout. Ce n'est pas aujourd'hui qu'ils nous tuerons car ils nous ont tué depuis longtemps. Nous allons trouver des techniques pour éviter la corruption… Continuez à croire que nous réussirons. C’est un Jeune Camerounais, Raphaël T. Il m’écrivait il y a une semaine à propos de l’Assemblée des Peuples et il terminait son message en me disant : merci maman !

Des techniques pour éviter le chantage à l’ordre public

Comme vous le savez l’ordre public a une bien curieuse signification au Cameroun. Si vous touchez soit aux intérêts français, soit au régime politique, vous tombez sous le coup de troubles à l’ordre public et parmi les « mesures légales » et les moyens légaux qui s’imposent alors , les autorités administratives ont le pouvoir de suspendre les libertés fondamentales ( !) , circulation des personnes et des biens, d’ arrêter les personnes et les biens, de requérir les forces de police et de gendarmerie, d’emprisonner (mesures de garde à vue de 15 jours renouvelables…) et surtout le droit d’utiliser les armes seulement si on leur tire dessus en premier : allez donc expliquer qu’aucun de nos enfants n’était armé et par conséquent ne pouvait tirer sur les policiers ! Pire, il fut un temps où entrer par effraction (vol) dans l’enceinte portuaire (territoire français au Cameroun ? !) était puni de peine de mort. Mais ça la loi de 90 ne l’évoque même pas…
Alors il nous est revenu en mémoire ce texte d’Abel Eyinga, expliquant en trois raisons l’attitude singulière de l’ONU dans l’affaire camerounaise : le revers que la France venait d’essuyer au Togo- en essayant d’organiser une véritable élection-, l’arrivée au pouvoir du Général De Gaulle dont l’un des objectifs était la reconstruction de la grandeur de la France…et comment l’ ONU abandonna les Camerounais à la vindicte française : ils seront massacrés par milliers et ça n’a pas arrêté depuis 50 ans. Or l’Accord de tutelle stipulait en son article 5 que : l’autorité chargée de l’administration pourra…procéder, le moment venu, aux consultations appropriées, en vue de permettre aux populations locales de se prononcer librement sur leur régime politique et atteindre les fins ( de développement et d’administration) définies par l’article 76 de la Charte des Nations Unies.
Il est dit expressément dans cet article que l’une des raisons d’être du régime de tutelle c’est « favoriser l’évolution progressive des populations vers la capacité à s’administrer elles-mêmes (c'est-à-dire l’indépendance) compte tenu des aspirations librement exprimées des populations intéressées » Ces aspirations ne pouvaient être clairement inventoriées qu’à l’occasion de consultations électorales libres et loyales. Or l’administration coloniale française ne se caractérisait guère par l’organisation de telles consultations ; d’où la nécessité d’un contrôle. Le gouvernement français avait lui-même reconnu qu’il revenait aux Nations Unies d’assurer ce contrôle. Voilà pourquoi, un demi-siècle après nos termes de référence pour une assemblée des peuples camerounais commencent par : j’autorise l’ONU…

Des techniques pour éviter la corruption

C’est donc parce que les Occidentaux portent une lourde responsabilité dans l’institution de l’Etat au Cameroun que nous pensons qu’il faut replacer ce projet d’assemblée sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies. Mais il faut rappeler également ici que dans les années 50, il ne s’agissait déjà plus des seuls intérêts français au Cameroun. L’Amérique nous refusa la démocratie et préféra promouvoir le « développement d’abord » dans les pays africains. Dès lors se met en place une sorte d’idéologie du développement : à travers des décennies de concepts (tel celui de mise au travail ou encore celui de l’aide ) de programmes, d’agences publiques et privées, et surtout une production effrénée de projets qui se déclinent aujourd’hui dans des ONG de… développement pour nous aider à supporter le non développement.
Nous n’avons donc pas oublié que l’impérialisme s’oppose méthodiquement au développement de nos pays, les spécialisant dans la production et l’exportation des produits primaires, conservant jalousement la maîtrise des technologies et des produits essentiels et prenant prétexte de l’endettement du tiers-monde pour lui imposer, via le FMI et la Banque Mondiale, des politiques d’austérité draconienne, les fameux PAS. Le développement n’est alors qu’une procédure de maintien du statu quo à l’échelle internationale qui passe par l’extension des rapports pervers de production. Ce n’est pas une question de dignité comme le prétend un drôle de texte que nous avons reçu cette semaine : « Nos politiciens ont démontré leur incapacité à nous donner ce dont nous avions besoin pour vivre comme des personnes dignes... ». Par contre ce sont « les européens qui ont compris en mettant en notre disposition de moyens financiers qui nous permettraient si nous nous mettions au travail…de montrer aux yeux du monde que nous sommes des travailleurs, que nous sommes prêts à nous mettre au travail … Levons nous et mettons nous au travail » !
Discours de mise au travail, d’aide au développement, les Occidentaux ont reconnu eux-mêmes la bêtise, l’échec de ces politiques. Puis ils ont tenté de refiler le bébé aux chefs d’Etat africains avec le fameux NEPAD… et maintenant ce sont nos apprentis politiciennes qui proposent de nous sauver avec « le PACDEV » (le Pacte Africain pour le Développement) parce que les fonds ne transiteront plus par leur canal. Alors nous avons dû réaffirmer avec force dans nos termes de référence que : la corruption n’est ni une question de dignité, ni une question de moralisation des mœurs politiques : c’est la façon dont nos économies nationales sont impliquées dans le mode de production néo-impérialiste aujourd’hui. Voilà pourquoi les véritables solutions économiques à nos problèmes passent par le : j’autorise l’ONU…

Des techniques pour ne pas tomber dans le piège du tribalisme

Ce sera certainement un des débats les plus houleux de l’Assemblée des Peuples camerounais. Comment arriver à un projet de loi interdisant le tribalisme, faudra-t-il abolir les tribus ? Deux thèses s’affrontent ici : d’une part, les tribus sont une réalité ; à preuve, chaque Camerounais se sent d’abord d’une tribu et toute notre vie nationale est organisée depuis plus d’un siècle sur la base ethnique. D’autre part, les ethnies ont une histoire ; cela signifie qu’elles ont été fabriquées à des fins de domination et comme nous sommes socialisés à l’ethnie dès notre tendre enfance, il devient absolument impensable pour nos concitoyens que l’on puisse en sortir un jour. Nous aurons donc nos deux cent pétitions…
Pourtant nous savons que le gestion française du Cameroun après la seconde guerre mondiale était basée sur un certain nombre de principes racistes qui avaient été explicités dans le programme politique du parti nazi au pouvoir en Afrique du Sud dans le cadre de la politique raciale dite « d’apartheid » après l’échec des nazis en Allemagne en 1944 (Kum’à Ndumbè, 1973) : « une organisation administrative du territoire sur la base ethnique pour mettre fin au processus de détribalisation » : les tribus détruites devaient être reconstituées ! C’est à partir de cette politique de fixation des tribus que va se concevoir toute la politique camerounaise : d’abord celle de l’impérialisme français, puis celle de l’Etat camerounais. Là aussi, nous sommes bien obligés pour en finir avec le tribalisme de sortir de nos tribus et de dire chacun de nous : j’autorise l’ONU…

Marie Louise Eteki-Otabela

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22.07.2008

De la difficulté des chefs d’Etat africains à partir

Nous en étions à peine à nous demander quel mode de recrutement mettre en place pour la désignation de nos chefs d’Etat : démocratique, type de scrutin, Comité électoral indépendant, les cartes d’électeurs, les urnes, la transparence, le recensement et autres instrumentations permettant d’avoir l’illusion d’objectivité et d’équité, que déjà apparaît avec acuité cette réalité qu’il est difficile pour ne pas dire impossible de faire partir un président en Afrique sans drames. Car enfin, comment mettre un nouveau alors que l’ancien ne peut pas céder la place!

La politique assassinée

1e0345daf424d5ebca7d8b5a04b9598c.jpgC’était un éditorial de René*, il y a 8 ans. Il racontait l’histoire de nos républiques du Sud qui ne nous ont pas donné l’occasion de tirer des leçons par l’exemple ou de faire jurisprudence. Faut-il croire que chez nous la corvée du pouvoir soit si passionnante qu’aucun de nos chefs ne veuille partir ? Nenni. Si par lassitude ou un autre motif, l’envi leur en prend, ils trouvent sur leur chemin la barrière hérissée de mille sagaies : de leurs proches immédiats ou lointains, leurs frères du village se sentent orphelins, tous les margoulins et autres cercles étroits de profiteurs. Tout ce monde et demi-monde se sent désemparé et se mue en tueurs même de leur chef lui-même pour ne pas être découvert et perdre leurs privilèges. René citait alors quelques-uns qui ont eu la tentation du pouvoir chez nous : grand mal les en a pris. Le Pouvoir n’est jamais un lieu vide…et on le sait toujours assez tôt.
Une autre fois, c’est le bon peuple qui en a marre, veut changer de chef parce qu’il ne s’y retrouve plus ou pas. 82b926a171e968257d52a10d6c922a77.jpgAucun recours n’est prévu dans leurs institutions, et la seule impossibilité qui leur est offert est la descente dans la rue crevassée, face aux armes assassines des commandements opérationnels. On soupçonne depuis quelque temps (exemple du Sénégal : encore !) qu’un peuple politisé et une opposition responsable, peut, par les urnes changer le cours des choses. Diouf au Sénégal a eu la tentation de la mauvaise foi, il a compris qu’il vaut mieux négocier sa sortie. Parce que de cette manière non plus, la sortie n’est pas facile - Wade l’expérimente à son tour aujourd’hui - : les horreurs commises durant leur règne contraignent nos chefs à vouloir une immunité garantie pour leur après-règne. Mais qui peut le leur assurer ? Les pauvres, je les plains : ils sont coincés et ne peuvent faire autrement, condamnés à se succéder éternellement à eux-mêmes…C’est l’enfer.
Une autre fois, ce sont leurs parrains, les Français, les Anglais, les Américains…etc qui commencent à douter de leur capacité à garantir leurs intérêts. Il y a des incompétents mous, des incompétents trop durs, je ne cite personne. Le résultat pour leurs parrains est le même. Ils ne sont plus efficaces ni solvables, ou tout simplement ils ont des velléités d’indépendance. Il faut les changer. Mais selon les principes simples tels qu’un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, on ne sait par qui remplacer nos chefs. Mobutu, on a du le doper jusqu’au dernier souffle et l’envoyer au charbon, alors qu’il n’en pouvait plus.


L’apartheid économique institutionnalisé

De toutes les manières, nos chefs sont les seuls à être obligés de ne défendre que le parti de l’étranger ; ils sont les seuls à être chef d’un Etat uniquement au profit d’un autre. Et s’ils ne le font pas, ils sont morts. Nous nous demandons parfois si nous devons leur en vouloir ! Ils nous font mal. Mugabe a essayé de défendre l’intérêt des siens, du temps de la Rhodésie Blanche : qui s’en souvient aujourd’hui ? Maintenant, pour la répartition des terres, l’Occident blanc et chrétien…l’a condamné ; quelques frères Noirs ont repris le relais en chœur et c’est l’amalgame total. Nous décrivons toutes les tares de l’individu Mugabe- nul n’est parfait (tous les vieux nègres n’ont pas que la médaille en partage : ils épousent souvent aussi les meilleures petites…) pour expliquer pourquoi, il ne peut pas défendre une cause juste pour les noirs. Même les Anglais ont dû mettre un bémol (en virant Blair ?) dans leur invective, promettant de financer la réforme agraire promise depuis 20 ans ! Mais avant, ils ont traité Mugabe de raciste : si Mugabe est raciste que sont les Anglais ? Les Blancs pensent toujours – naturellement- qu’ils peuvent faire l’économie de la réparation de tous les crimes qu’ils ont commis contre notre humanité. Et ça continue.cfb8d5ec20e80b7c86c311223e9d7548.jpg
“ L’aluminium va certainement remplacer le pétrole comme notre source première de recettes d’exportation ”déclarait Célestin Ndonga, conseiller technique au ministère des mines, l’année dernière. Hydromine Inc bénéficie de deux permis d’exploitation exclusive de la bauxite dans les régions de Minim Martap et Ngaoundal. La manière cavalière dont cette entreprise a été créée en Août 2004 dans le Delaware, sans objet social précis, démontre d’avantage que Peter Brigger est utilisé comme un individu écran de M. Biya, dont il serait par ailleurs l’agent immobilier en Suisse. L’entreprise Hydromine n’est rien d’autre qu’une boîte à lettres, dont le gouvernement camerounais se sert pour attribuer l’exploitation exclusive de la bauxite camerounaise à Paul Biya et sa descendance. Cette entreprise n’a pourtant aucune expérience connue dans le secteur des mines. L’entreprise dont le Cameroun attend son développement économique a pour siège social la chambre d’un immeuble de New York ! Et cette entreprise est supposée investir 5 milliards de dollars à partir de l’an prochain (c'est-à-dire cette année) au Cameroun ”. Alors on peut bien se gausser des partis politiques qui tiennent dans une cabine téléphonique.

Et toutes les polices de France et de Navarre à nos trousses

Au Cameroun en ce moment, non content de contrôler toute la société par les sectes, ils nous ont fabriqué un nouveau crime contre l’ Etat qui s’appelle l’insécurité pour amener Biya à durcir un régime que finalement ils trouvent un peu mou depuis 1984…Un de ces jours, c’est sûr et certain, nous aurons nos 800 morts (déjà 100 en février dernier on est bien parti). Mais en attendant, nos milliards financent ces sectes ou partent en fumée. Pendant qu’on assassine toute velléité d’alternance, les escadrons de la mort bousillent nos enfants, juste pour que le peuple se tienne tranquille.
Et on nous fait croire que les affaires reprennent au Cameroun. Quelles affaires pour un peuple qui vit au-dessous du seuil de la pauvreté ! Fini le semblant d’économie pénitentiaire baptisée “ informelle ” avec laquelle on a trompé les populations pendant un demi-siècle. Il n’y a plus rien. Ni eau ni électricité, ni routes ni logement sociaux. La spéculation immobilière bat son plein. Ni santé en l’an 2000 ni réforme de l’éducation. Ni Cameroon Air Lines, ni Intercity : on a oublié la Sotuc ! Que reste-il aujourd’hui du Cameroun ? Des vieux bus rafistolés et des ben skins ! “ N’est-il pas temps, de procéder à une répartition des ressources – ou ce qu’il en reste- par unités administratives selon une critériologie à définir ? se demandait Valentin Zinga dans un journal de la place. Au lieu de nous harceler nous et nos enfants, ceux et celles qui ont la moindre volonté de prendre des distances vis-à-vis de ce régime. C’est l’acharnement : on enlève les compteurs, on simule les vols intempestifs, on ressort les vieilles taupes du trou juste pour nous empêcher de survivre. Mais on survivra.

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15.07.2008

Il pleure sur mon peuple

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Il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville. Célèbre poème de Verlaine qui me value un quinze sur vingt jadis en dissertation, avec cette remarque : hors sujet ! En fait j’avais compris : il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la vigne. Ce n’était pas encore le français facile et je me suis prise d’une folle passion pour une malheureuse feuille de vigne dont le destin était de subir les assauts interminables d’une goutte de pluie. Si je vous raconte cette histoire ce n’est ni pour vous parler de Douala sous la pluie au mois de juillet ni pour vous raconter Yaoundé pris dans l’orage et la tourmente d’aménagement de son Délégué du gouvernement. Simplement pour revenir à la charge à propos de ce projet d’Assemblée des Peuples camerounais. Récit des Termes de Référence.

De la Souveraineté nationale

Il était une fois, un pays nommé Cameroun. La situation de ce pays était celle de tous les pays africains. Décrite tant et tant de fois qu’on ne vous apprendra plus rien que vous ne sachiez déjà. Nos amis Sénégalais qui ont la bouche sucré ont résumé cela en disant tout simplement : le pays va mal. Ce constant est à la fois unanime et accablant. L’écrasante majorité des Camerounais en souffre quotidiennement et le déplore : moi, j’ai un marché de beignets installé devant ma porte… Ils ont décrit alors tous les secteurs de l’activité nationale et ils ont conclu que la situation est grave et préoccupante. Leur pays, mais le nôtre aussi, est en danger et son avenir hypothéqué. N’allez donc pas dire que nous exagérons quand nous, nous parlons d’une impasse totale et catastrophique.
La conception de nos « assisses nationale » se fait dans une démarche participative qui tente d’associer différentes composantes de la « nation ». C’est à partir des rencontres qui ont eu lieu sur les problèmes du pays et sur la nécessité de trouver des solutions que nous avons bâti un plaidoyer pour tous les secteurs de la vie nationale. C’est donc à la lumières de toutes ces expériences et expertises face à la crise globale et multiforme que traverse le pays, que nous proposerons la convocation de cette Assemblée des peuples, comme solution concertée, consensuelle, efficace et durable pour sortir de cette crise multidimensionnelle. Cela relève de notre souveraineté nationale.
Comme nos frères Sénégalais, notre objectif est de rassembler toutes les forces du pays (les forces vives au pouvoir et les forces alternatives de l’opposition), pour lui épargner des convulsions inutiles et ouvrir de meilleures perspectives pour le peuple. Ils ont parié sur
l’intelligence, la sagacité, l’expertise et la détermination des gens comme nous. Il n’y a rien là qui peut nous dépasser. Il s’agit d’investir de l’intelligence, c’est la chose la mieux partagée dans la république et qui a fait notre renommée ; de l’énergie, nos jeunes en ont à revendre pas seulement pour casser les biens « d’autrui » ; la volonté politique peut-être nous fait défaut aujourd’hui…C’est pour cela que nous avons appelé les femmes à la rescousse et du coup, ça prend le courage de sortir des sentiers battus pour faire la politique …autrement.

De l’Etat de droit

Nous l’avons dit la politique est une dimension de notre être au monde. Il ne s’agit donc pas pour nous de jouer à cache-cache avec le Pouvoir ni de raconter des histoires à dormir debout à notre peuple. L’assemblée des peuples ne sera ni une conférence nationale souveraine déguisée : l’opposant principal a été laminé : réduit à des interdictions médiatiques… ni une entreprise de subversion même si certains d’entre nous étions étiquetés subversifs à 20, 30 ans…et encore moins un complot puisque l’armée a été réduite aux marchés fictifs et que « les messieurs 10% » s’entretuent pour le partage des miettes qu’on leur jette ! « Honneur et fidélité » c’est du passé. Avec l’honneur perdu de…Katharina Blum, (vous connaissez ?) même la fidélité n’est plus que l’affaire des femmes.
Alors elles proposent que cette Assemblée des peuples soit un moment fort où la nation avec toutes ses composantes, renoue avec le dialogue. Une centaine d’organisations a été identifiées sur des milliers de structures : depuis les partis politiques, les associations de la société civile, et opérateurs économiques, les organisations syndicales des travailleurs, celle du monde rural ; toutes sortes de mouvements associatifs, des femmes aux sportifs ; les organisations professionnelles, les corps de métiers, les personnes âgées, les gens des Eglises, les mouvements des jeunes des élèves aux étudiants, en fait tout secteur organisé de notre vie nationale sans oublier les intellectuels de renom et autres personnalités sur une liste qui reste ouverte bien entendu.
Nous sommes un Etat dans lequel une seule personne a tous les droits. Nous voulons instituer un Etat dans lequel chaque Camerounais, chaque Camerounaise aura des droits inaliénables non seulement énoncés mais des droits garantis par l’institution d’un certain nombre de mécanismes qui fonctionnent. Pour le moment seul le président de la république s’est taillé une Constitution qui lui assure non seulement des droits- d’où il tire une puissance absolue…mais aussi une Constitution qui lui garantit l’impunité in vitam aeternam. Cela signifie que quelques soient les crimes politiques- comme les cent gosses assassinés récemment, les détournements économiques avérés ou l’absence de droits sociaux économiques : les gosses qui crèvent de paludisme ou de sida, des citoyens qui vivent comme des animaux : dans la m…tout le monde peut être accusé sauf le président de la république : il est (légalement) irresponsable ! Pas étonnant que nos deux cent leaders politiques rêvent tous de cette fonction et si chacun y met 40 ans, combien d’années nous faudra t-il pour sortir de cette sauvagerie ? Faites le compte.

Organisons une Société moderne et plurielle.

Cela a pris exactement 59 ans à la République populaire de Chine. Quand nous étions jeunes, la Chine de Mao c’était l’enfer sur terre pour les Occidentaux. Et bien évidemment nos maîtres colons nous fermèrent les portes de l’Orient pour nous protéger du communisme…Aujourd’hui non seulement les Chinois ont « envahis » l’ Afrique mais ils viennent d’organiser le plus grand happening sportif des temps modernes (le site officiel vaut le click) mieux, le président des Français jure la main sur le cœur qu’on ne pas faire ça aux Chinois et qu’il est de son devoir de gendarme de l’ Euro-peut-être de participer à l’ouverture des jeux Olympiques. Pour rien au monde il ne laisserait son auguste épouse aller le représenter. Cela ne lui vient même pas à l’esprit : trop dangereux les petits chinois : rien à voir avec les enfants de l’autre grand…Deby ! Comme lui a balancé l’enfant terrible de Mai 68, il est prêt à aller manger avec des baguettes pour vendre ses joujoux.
Sérieusement, nos enfants se posent la question de savoir si on ne devrait pas revenir à la fameuse, société sans Etat. Il parait que nos sociétés n’en étaient pas moins des entités politiques organisées. Voilà pourquoi la troisième séquence de cette Assemblée des Peuples peut être un moment crucial. A partir de nos quatre nations premières, organiser une cérémonie (de clôture ?) d’abolition des tribus. Bien entendu ses majestés font sauter au plafond. Il suffira de leur expliquer que nous voulons en réalité instituer un véritable contre-pouvoir au régime actuel en organisant quatre communautés humaines modernes dont ils auront la responsabilité non plus seulement culturelle -sur le plan folklorique- mais également la responsabilité de la gestion des ressources humaines, des richesses économiques et surtout la responsabilité de la gestion financière. Nous pensons qu’ils ne pourront résister à telle grande ambition pour leur pays bien aimé et pour les peuples sur lesquels ils pleurent tous les jours.

Marie Louise Eteki-Otabela

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08.07.2008

Le syndrome du meilleur Opposant

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L’Opposition se surveille. Elle est plus contre entre elle que contre le régime. Mais le discours sur le statu quo, c’est : on est incapable d’avoir un candidat unique. C’est à la veille de chaque élection. On est incapable de s’entendre. Même quand nos partis vont aux élections ensemble : l’UDC avec le MP, le Manidem avec la CFA, la CFA avec le PDS : personne ne nous voit. Nous avons constitué un Front des Forces Alternatives depuis 2003. Qui en a parlé ? On n’est pas courageux ! La Coalition est même descendue dans la rue en 2004. Qui s’en souvient ? On n’était pas dans la rue en février dernier : nous sommes devant nos ordinateurs, planqués ! On parle maintenant d’une Assemblée des peuples : quels peuples ? Un Peuple amorphe et apathique comme dirait Charlot Yves ? Pour tous les pro-pouvoirs qui n’osent se l’avouer, pour tous les opposants qui ne voient pas comment les progressistes pourraient se débarrasser de Biya ; pour tous ceux qui ne voient pas comment les femmes pourraient représenter une alternative crédible à ce régime ni encore moins comment la jeunesse de ce pays pourrait réorganiser un Cameroun moderne, l’éternelle question c’est : où sont les progressistes ?

Où sont les opposants ?db98c3dbe3ce1d6a5e93de82c34381af.jpg

« Camarade Eteki, ce serait vraiment terrible que dans la situation actuelle de notre pays, où notre peuple s’est montré prêt, les élites politiques de la « Gauche » camerounaise fuient leurs responsabilités et versent dans un nombrilisme politique ravageur pour notre pays. C’est vraiment désespérant qu’avec tout ce que nous avons comme hommes et femmes avisées (tien, tiens !) dans la lutte politique, que nous ne soyons pas en mesure de nous entendre sur un seul point commun autour duquel nous pouvons nous mobiliser, comme ça se voit partout ailleurs dans les pays africains… C’est quelques fois extrêmement frustrant et même décourageant » nous écrit le Camarade Tene Sop.
Alors il faudrait refaire ici l’historique de la Résistance au régime camerounais depuis 50 ans. Cette histoire a été esquissée sur le période 48-58 : nous savons tous que les nationalistes combattaient alors le colonialisme. C'est-à-dire un siècle de domination, d’organisation et d’oppression mais au moins avec une conscience claire de l’ennemi. Puis avec l’assassinat du leader charismatique, cette résistance s’installe dans la clandestinité et le flou : flou du leadership que l’ennemi va prendre un malin plaisir à aggraver ; flou de la pensée des leaders, plus ou moins charismatiques : les survivants viendront se rendre les uns après les autres pour changer le régime de l’intérieur ; flou dans la conscience des patriotes : mais enfin, on se battait pour l’indépendance et la réunification : on a eu l’un et l’autre, non ?
Il faudrait ensuite vous réexpliquer pourquoi être « opposant » n’est ni une profession, ni une marque de patriotisme et encore moins un label de qualité. Déjà, il nous aura fallu du temps pour que les camarades upécistes admettent qu’ils n’avaient pas le monopole du nationalisme. Puis nous avons mis dix ans pour faire comprendre à nos compatriotes qu’il y a au moins deux Oppositions au Cameroun : celle qui veut réformer le régime et celle qui veut en sortir. Toutes les deux avec des patriotes sincères. Pire, quand nous parlons de libération du Peuple camerounais, combien de camarades de « gauche » ont une conscience claire de ce que nous combattons aujourd’hui? Pour beaucoup, c’est encore le fameux Biya must go ! Il nous semble évident que la libération d’un peuple, ça prend aussi des hommes généreux, même si tous les hommes ne sont pas des tyrans ! On ne vient pas honteusement proposer à un peuple qui travaille depuis 50 ans pour la construction nationale…un salaire minimum social (SMS) de 28.000f quand les échos du Cri des femmes camerounaises demandent depuis des années un SMS de 100.000 Frs !

Amènes-nous les femmes…

Où sont les femmes ? C’est la question que me pose toujours les hommes politiques en mal de militantes. Du temps du parti unique, on a pris l’habitude de les amasser le long des rues, déguisées en papa gayo, sur le passage des Pères de la Nation et autres leaders charismatiques, les femmes elles, ne pouvant être ni l’un ni l’autre… Il y a eu le CRI des femmes camerounaises en 2003, l’Opération 100 femmes au Parlement en 2007 : entre les deux, ils ont refusé notre candidature à la présidence de la république. La haine de la femme ? La peur tout simplement. Le journal « Popoli » propose aujourd’hui qu’on en essaie une ! Mais, ils continuent de me dire : amènes-nous les femmes.
En faisant le bilan de l’opération cent femmes au parlement, nous n’avons pas pu nous empêcher de constater le maigre résultat au bout de 50 ans de « promotion » de la femme. C’est alors que nous avons proposé la tenue d’une Assemblée Constituante. C’était en novembre 2007. Nous avons été invitée à la Grande Tribune (sur Equinox TV…) pour expliquer en long et en large durant 90 minutes d’horloge, qu’une assemblée Constituante n’a pas besoin d’une autorisation ni d’une déclaration. Qu’une Assemblée constituante n’est qu’un moment d’une assemblée du Peuple- moment crucial certes, puisqu’il peut y avoir suspension des institutions. Voilà pourquoi cette assemblée doit avoir la plus large représentation possible du Peuple camerounais. Mille, deux mille représentants ? Nous avons même consacré toute une chronique à ce projet : deux ou trois choses que je sais d’elle.N’ayant pas d’espace politique (alternatif), nos enfants sont descendus dans la rue pour nous envoyer leurs doléances : vie chère, chômage institutionnalisé, avenir bouché. Biya lui-même avait dit qu’on n’est pas prêt de voir le bout du tunnel. Alors on leur a tiré dessus. 100 morts et les survivants dans les prisons de la république… Nous avons fait du 8 mars 2008, un jour de deuil. On ne peut pas nous rendre nos résistants mais le 31 juillet prochain, c’est la journée de la femme africaine : sortez nos enfants de ces camps de la mort !

Et les enfants d’abord

Claude vit aux USA, the place to be, avec Obama ! Mais il promet d’être avec nous le jour où nous nous aurons le courage d’institutionnaliser ce contre-pouvoir. Eric est étudiant à Yaoundé, il est d’accord qu’il faut une chimio : et l’Assemblée Constituante c’est cette chimiothérapie. On décidera ensemble des amputations plus tard. Ces jeunes ont créé des Fronts partout. Nos assises à nous, seront une sorte de prélude aux Etats-Unis d’Afrique, avec la séquence des quatre premières nations. Nous avions déjà le soutien du Prince des Sawa, nous venons de recevoir les félicitations et les encouragements du royaume Bamoun…
Comment allons-nous faire ? C’est vrai que nous sommes devant nos ordinateurs mais ça, c’est déjà l’affaire de l’équipe de communication (Paul).Les Termes de Référence arrivent en PDF. Ils ont remis notre pétition (.com) en ligne. Elle est gérée par eux, même si la version anglaise n’est pas encore sur le Net. Vous pouvez toujours la signer sur le site de la pétition (.com). Ce sont aussi les jeunes qui s’occupent de mettre en place les techniques modernes de financement : qu’on ne nous fasse pas le coup de Wade… et de tous ces gouvernements qui confisquent « l’aide » comme leur propriété. Ce sont ces jeunes qui nous écrivent : je veux rentrer dans votre lutte, aidez-nous à sauver le pays (Raphael). Il y a les incrédules, au départ, ceux qui disent que le Peuple camerounais est amorphe, passif, aliéné (Yanik). Il y a ceux qui y croient un peu plus, après un mois d’explications.
Il y a bien évidemment nos admirateurs même si notre ego n’est pas aussi dévastateur que celui de Biya (David). Ça fait du bien quelque part, comme disaient mes amies féministes, de savoir que mes chroniques sont lues (755 visites au blog en Juin !), et lues avec plaisir pour certains. Ceux qui sont prêts à mourir pour que les Camerounais soient libres demain (Thierry) ! De grâce, je ne veux pas que mes « anges gardiens » meurent pour la libération de notre pays ni que l’on me prenne pour Jésus (!). Même si vous n’êtes pas encore des millions à m’écouter, sur ce blog, je l’ai dit, nous ne voulons plus de massacres : juste que la lutte continue. Même si le président –Egocrate peaufine les armes de destruction massive de ses soldats…contre l’ennemi intérieur. Ça fait plaisir aussi de savoir que ces chroniques sont attendues. Tant pis pour les « jaloux », les frustré(e)s du mardi et tous ceux qui ne sont encore que la voix de son maître contre… Mugabe.

Marie Louise Eteki-Otabela
mle_otabela@hotmail.com http://mle.blogspirit.com

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24.06.2008

LA CHRONIQUE DU 24-06-08

LE TESTAMENT D’EDIMA
Les Blancs se sont investis imprudemment et totalement dans la propagande. Ils ont trouvé des mots modernes pour la nommer : information, publicité, communication et aujourd’hui, multimédia. Ces mots apparaissent en fait comme une méthode Coué. En croyant créer des illusions pour les autres, ils se sont illusionnés eux-mêmes. Pris au piège !e74fec0967a1062c66b3b5f0bb0d7cc9.jpg

Un Système à bout de souffle
La crise alimentaire dans le monde est venue apporter un démenti clair à toute cette mystification. Aux yeux des humains, même les plus pauvres, on ne se nourrit pas d’air ni de bonnes paroles : civilisation, développement, démocratie, paroles, paroles, paroles !
La crise des banques et autres transactions financières, en réalité spéculation, est venue achever le système. Ils ont beau essayer de rhabiller de noms encore plus barbares cette vaste escroquerie- Subprimes, Bourso PAP, CAC 40, Stock-options et que sais-je encore - ça ne passe plus. Depuis Dachau, les Occidentaux voulaient mener des guerres propres. Mais ils tuent pareil et plus encore. Il n’y a plus qu’en Afrique qu’on peut se permettre de tuer salement. Même la machette n’est plus de mise. Le monde est structuré, organisé pour que des millions d’humains puissent mourir de faim ou d’autres catastrophes « naturelles » sans que personne ne soit accusé de crime contre l’humanité.
La réalité est qu’on peut toujours nous distraire en ramenant le mal absolu sur Mugabe cet un autre Fidel Castro sans oublier Kadhafi. Tiens, le Syrien est devenu propre : il est invité à table ! Cela ne cache pas le drame en Amérique, au Nigéria, ou en Asie, tout cela relève du même ordre du monde : violence, vols en tout genre, fausse monnaie, assassinats, massacres, le tout couvert par un discours qui fait dans l’humanitaire et qui chez nous rassure les développementalistes. Malheureusement, quand il commence à manquer de nourriture dans le monde, les affamés finissent par atterrir sur la table des plus nantis et rêvent de leur argent volatile.

C’est la faute à Mugabe
Ils ont essayé d’acheter toute l’Afrique et un individu du nom de Tsvangirai qui ne peut même pas marcher quand on ne lui tient pas la main. Nous sommes habitués à ces contremaîtres… L’opinion africaine a beau dénoncer et énoncer son soutien à Mugabe de façon claire, l’Occident reste sourd et pense que nous comptons pour du beurre ; il n’y a qu’à…Attention, quand on reste délibérément sourd et aveugle, on finit par se casser la figure.
Ils ont été jusqu’ à proposer le nucléaire (civile) à l’Algérie pour qu’elle ne casse pas le dernier joujou de Sarkozy : le Club Med façon politique. Heureusement que Kadhafi a l’œil sur leurs manigances. Vous ne voulez pas des Etats-Unis d’Afrique ? Eh bien, c’est non ! Pour le tourisme autour de la Méditerranée. En Afrique noire, leurs méthodes n’ont pas changé : ils avaient déjà fait le coup à Sékou Touré. Pour avoir dit « Non » à De Gaulle, il fût condamné, la Guinée aussi. On peut passer rapidement sur John Kufuor au Ghana, car il fut réservé le même sort à son illustre fondateur : Kwame Nkrumah. Sans oublier Um Nyobe du Cameroun, Amilcar Cabral de Guinée Bissau ou Thomas Sankara du Burkina, Lumumba du Congo, chez nous tous les héros sont morts…et enterrés on ne sait où…Tous les panafricanistes ont disparu. Dieu merci, il nous reste le terrible Kadhafi. A l’heure des unions pour grandes communautés, ils nous conseillent de sauver les tribus !
L’autre originalité des pays africains, toujours en quête de leur indépendance et de leur souveraineté, est que les héros de ces luttes sont souvent abattus par les leurs : c’est Um Nyobe trahi par son frère du village. C’est Sankara exécuté par son frère d’armes. C’est Kabila abattu par son propre fils ! Qui s’en souvient encore, une fois qu’on a célébré de grandioses funérailles nationales ? Mbeki a beau dire qu’on ne peut forcer l’Afrique ni les chefs d’Etats africains à servir de lance-pierre pour attaquer Mugabe, en fait, le Zimbabwe, il est indexé aussitôt comme un mauvais président ! On commence même à lui chercher des poux. Il n’y a pas une opposition… On se demande même si on ne va pas le renverser avant Mugabe, juste pour l’exemple, que tous les autres commencent à trembler à l’idée même de vouloir le soutenir. C’est comme si, tous les malheurs de l’Afrique, c’est la faute à Mugabe.

Dans la sorcellerie africaine
Dans la logique africaine (parfaitement !), dite couramment « sorcellerie », quand vous acceptez de manger les autres, et leurs enfants, tôt ou tard, on vous demande quelqu’un et si vous n’avez personne à donner (ou si vous refusez de donner une des personnes qui vous sont chères) vous passez à la casserole vous-même…Même le Nigéria qu’on pensait assez grand pour leur faire peur, eh bien ils trouvent que Yar’Adua ne se positionne pas assez vite contre Mugabe. Même chose pour le Congo! Sans compter les petits pays qui ne peuvent résister, leurs budgets dépendent des largesses des US, de la Grande Bretagne ou de la France. Ils ont donné la liste ce matin : à l’Est (de l’Afrique), rien de nouveau ! L’Angola a retourné sa veste l’autre jour…
On imagine mal l’Occident entier se mobilisant pour traiter De Gaulle de pire dictateur et imposer un Sarkozy pour lui succéder. Avec des siècles de lavage de cerveaux, à nous distiller la détestation de nous-mêmes, les Africains commencent à reprendre en chœur ce discours contre Mugabe, oubliant de balayer devant leur porte. Nous vivons dans des camps de concentration depuis la nuit des temps parce qu’il y a les intérêts occidentaux. Voilà que tout d’un coup, ils nous veulent du bien, ou plus exactement le bien des citoyens de ce qui fût tout de même un des fascismes les plus terribles sous les tropiques : la Rhodésie !
Portant le nom d’un nazi de la pire espèce qui l’aurait « découvert », Mugabe a dû rebaptiser la terre de ses ancêtres. Déjà, ils ne lui ont pas pardonné ce geste. Sankara est mort aussi pour avoir osé dire que son pays était le « pays des hommes intègres ». Peut-être bien que la libération commence par là, se nommer, avoir un nom…On ne va pas tous s’appeler Burkina Faso mais le berceau de l’Humanité tout de même, ça prend des hommes comme Mugabe.
Je vous salue Mugabe
Plein de Sagesse
Le Seigneur est avec vous
Vous êtes béni entre tous nos héros
Et le Zimbabwe, le pays de vos ancêtres est béni
Président Mugabe, Sauveur de toute l’Afrique
Luttez pour nous, pauvres Africains
Maintenant et à l’heure de notre libération.

mle_otabela@hotmail.com
http://mle.blogspirit.com

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17.06.2008

CRHONIQUE DU MARDI 17/06/2008: Si le Sénégal l'a fait...

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Si le Sénégal l’a fait, le Cameroun peut le faire. Il ne s’agit pas de football ici mais de politique. La vraie. Celle que l’on dit que nous sommes incapables de faire. Depuis les premiers jours de la colonisation (scientifique et politique) les dominateurs et leurs descendances ont toujours prétendu que nos sociétés sont apolitiques parce qu’elles ne sont pas capables de trouver en elles-mêmes le dynamisme nécessaire à leur propre remise en cause et donc à leur propre épanouissement. Cela s’est passé le1er Juin dernier, les Sénégalais ont tenu des assises nationales qui feront date dans l’histoire de la démocratisation des Etats africains. Procès d’une idée.

Vends-moi l’idée

Annoncées en novembre 2007, l’opposition sénégalaise critiquée comme toutes les oppositions africaines, est cependant à l’initiative de ce projet. Un regroupement d’une quarantaine de partis politiques d’opposition avaient annoncé leur désir d’y participer. Une fois le processus engagé, ces partis (de l’opposition parlementaire et non parlementaire) n’ont plus agi que comme membres parmi les organisations patronales et religieuses, les associations de la Société civile et de défense des droits de l’homme, les syndicats et des personnalités de tous horizons. Parmi ces derniers, Amadou Maakhtar Mbow, ancien ministre de Senghor ( !) et ancien Directeur Général de l’Unesco ( présidait la séance d’ouverture) tout comme le célèbre auteur de l’Aventure ambiguë, Cheikh Hamidou Kane. Au total plus de 80 organisations, un millier de personnes à l’ouverture : donc, un succès !
L’objectif était de faire le point sur la situation politique, économique et sociale du pays ; et faire des propositions pour l’avenir…Les participants avaient beau répéter que cette instance de dialogue (à prétention institutionnelle) n’était en aucun cas dirigé contre le président Wade, qu’ils ont appelé même à participer, pour Wade, ce n’était rien d’autre qu’une tentative de le renverser illégalement. La direction du Pds (parti au Pouvoir) a donc convoqué parallèlement à ces assises, un Comité directeur élargie (aux organisations de femmes et des jeunes…) pour dénoncer une tentative de déstabilisation du pays. Les responsables du Parti et des membres du gouvernement ont déclaré que c’étaient les vaincus de l’an 2000 qui voulaient en réalité organiser une insurrection mais que les Sénégalais qui ont plébiscité le candidat Wade, n’accordent aucune importance à ces assises qui sont loin de leurs préoccupations de l’heure.
Qui jurerait qu’il ne s’agit pas du Cameroun ? A trois différences près : les personnalités au Pouvoir au Sénégal n’ont pas parlé d’apprentis-sorciers, eux ; il y a déjà eu alternance au Sénégal entre les socialistes et les libéraux ; il y a eu réellement une insurrection en février dernier au Cameroun avec une centaine de morts à la carte… Quand en 2003, nous avons été voire Grégoire Owona- sur les Conseils de certains milieux diplomatiques qui voulaient financer notre projet d’assises similaires- le Secrétaire Général du RDPC, nous a répondu : « pour une fois que vous avez un projet positif, vendez-moi l’idée » !

Cheik Anta Diop m’ a confié

Cheik Anta Diop m’a confié lors de son dernier passage au Cameroun (sa dernière conférence publique au Palais de Congrès à Yaoundé avant de mourir quelques semaines après) que la première fois qu’il a entendu un africain parler de l’indépendance de son pays c’était un Camerounais: un certain Ruben Um Nyobè! Alors comment se fait-il que cinq décennies après, les Sénégalais nous font la leçon ? Ils ont eu de grands hommes de culture et nous, des hommes politiques forts…
Senghor a été un des rares présidents africains à se retirer démocratiquement du pouvoir en 1981. Il restera un immortel aussi pour ce geste. La démocratie est peut-être d’abord une question de culture, de culture politique avant d’être une démarche politique. « Ce qui est le plus important à retenir de Cheikh Anta Diop est la manière dont il a su montrer à toutes les populations du monde que la barbarie que l’on qualifié sur ce continent de grands hommes n’est point codifié ; par contre il a toujours été un grand artisan de la lutte pour la revalorisation des valeurs africaines et la restauration de cette histoire tant soumise à des ambigüités très diverses. Mais je voudrais simplement que les Sénégalais comprennent que Senghor a été un pur produit de l’Occident et c’est par ce biais qu’il a continué la colonisation mais indirectement. Nous sénégalais avions raté le départ, pour le développement mais bon, peut être qu’en continuant à étudier les théories de Cheikh Anta nous aurons une idée du développent fulgurant » disait un Sénégalais*.
Je pense que la tenue de ces assises nationales, restera comme un moment fulgurant dans l’histoire du Continent africain. Ce n’est pas une consolation de savoir que : ce n’est qu’en 1870-1871, avec l’expérience révolutionnaire de la Commune (de Paris) qu’arrive à son dénouement historique tout ce qui, en 1789, n’était qu’à l’état de germe et qui avait était préparé bien avant par le siècle des Lumières. C'est-à-dire plus de 81 ans après.

Vous allez encore dire que je me vante

Les Camerounais doivent savoir que le discours du régime qui consiste toujours à tenter de dévaloriser, de discréditer et même d’opposer une certaine classe politique (l’opposition non- parlementaire : tous ces intellectuels qui ne parlent que devant leurs ordinateurs, dans des bureaux climatisés !) à la Société civile, plus courageuse… ( on ne les a pas vu dans la rue en février dernier !) relève moins de la lutte des classes que de ce que Gramsci appelle l’hégémonie. Dans l’opposition Société politique , Société Civile, le révolutionnaire italien est plutôt du côté de la Société Civile, mais dans la primauté de la masse sur les politiques, il s’agit de faire ressortir ce qui relève de la domination idéologique et qui créé une conscience aliénée dans les classes opprimées. La priorité de la lutte se situe donc sur le plan idéologique non (de pousser les masses) dans la rue !
Tant que nous n’aurons pas inscrit nos façons d’être, nos façons de vivre et donc nos façons de faire la politique dans notre réalité sociale, la poussée spontanée, due aux facteurs économiques, sera freinée, bloquée provisoirement brisée par les « armes légales » en fait, par l’idéologie « traditionnelle ». Il n’y a pas d’hégémonie possible sans l’éclatement de la Société politique et sans l’éclatement de la Société Civile. Cela signifie que nous ne sortirons pas de ce régime politique avec les seuls partis d’opposition qui préconisent la rupture. Nous avons aussi besoin d’une (partie de la) Société Civile qui est prête à signer l’indien devant un Pouvoir experte en manipulation de la volonté collective.
Quand nous parlons pour la première fois du 8 mars au Cameroun en 1984, personne ne pouvait savoir que 24 ans après, les femmes camerounaises seraient des millions à descendre dans la rue. Pourtant ce sont les mêmes associations de femmes (et de jeunes) –de la Société Civile que le Pouvoir va mobiliser contre nos initiatives chaque fois qu’elles apparaissent comme menaçant l’ordre établi…Depuis le Contre-sommet France –Afrique, le Front des Forces Alternatives, Le CRI des femmes, l’Opération 100 femmes au Parlement, notre campagne électorale sur le terrain dans la Lékié-Ouest en Juillet 2007. Aujourd’hui nous voulons juste convoquer et tenir cette Assemblée du Peuple Camerounais, à partir de notre classe politique et notre Société Civile. Alors vous signez cette pétition, où…nous devenons tous Sénégalais !
Marie Louise Eteki-Otabela
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*(Diop Doro Mamadou) à propos d’un merveilleux article de Boubacar Boris Diop sur l’apport réciproque des ces deux hommes de culture à leur Peuple : « LE SENEGAL ENTRE CHEIKH ANTA DIOP ET SENGHOR » .

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10.06.2008

CRHONIQUE DU MARDI 10 juin 2008 : Obama a inversé le mythe de Sisiphe

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C’est une grande sœur qui me disait l’autre soir que Condoleeza Rice aura contribué plus à la victoire de Barack Obama que …Oprah Winfrey ! Petite femme noire, les dents en avant, parcourant l’univers au pas militaire, elle aura habitué la Terre entière à l’image du Noir compétent, aux affaires du monde. Je ne sais quels gains, elle a arraché au profit de la Maison Blanche des Bush (père et fils, cela n’a gêné personne autant que le projet Clinton et Clinton bis…) mais, elle parlait de la paix. De Toussaint Louverture à Gaël Monfils en passant par l’Oncle Tom, nous n’avons pas arrêté d’accoucher de cette autre façon d’être humain. C’est une embellie.

Toussaint Louverture, premier président Noir

Demandez donc au premier passant aujourd’hui, c’était dans quel pays ce président ? Dans le meilleur des cas, on vous répondra : ce n’est pas celui qui a combattu Napoléon Bonaparte ? Mais oui ! Non seulement il a vaincu l’Empereur des Français, mais il a été le premier président Noir dans l’histoire de l’Humanité et ça se passait dans un pays nommé Haïti… Plus d’un siècle après, ce pays n’est toujours pas indépendant et encore moins démocratique ! Malédiction de Cham, nous a-t-on dit. On a connu celle-là aussi: la Bible, le livre de tous les fondamentaux de la civilisation judéo-chrétienne nous assigne une place de maudits ! Mais qu’est-ce que nous avons fait à leur bon Dieu pour mériter pareil destin ?
On aurait vu le père en mauvaise posture : lui aussi, il n’avait qu’à mieux se tenir…Une société qui n’a plus de tenue, plus de valeurs ça ne peut pas bien se passer ni durer. Alors nous avons vendu nos frères comme de la marchandise, contre de la camelote. Ils disaient que c’était pour nous « civiliser ». Le missionnaire en tête, suivi de près par l’administrateur des colonies : ils nous ont dépecés jusqu’à la moelle nous laissant un os au travers du nez. Pas étonnant que ce dernier s’est épaté jusqu’à bloquer définitivement un sourire à toute épreuve. Eh bien dansez maintenant ! Vous avez voulu votre indépendance ? Voilà, vous l’avez. Et nous avons dansé, les bananes autour des reins ; et nous avons chanté, le balai entre les mains : et Giscard d’Estaing nous reçut au Palais de l’Elysée…au petit déjeuner : nous étions éboueurs !
Alors il y a eu cette femme, elle s’appelait Calixte ; qui a dit : on ne peut pas continuer comme ça : des siècles que nous vivons ensemble et à peine un immortel ? Je veux ma médaille si non je casse tout ! C’est parti des banlieues : ils nous avaient parqués-là, en réserve non pas de la république mais pour touristes en mal d’exotisme ! Puis ils ont marché sur Paris. Sarkozy a commencé par dresser des barricades, histoire de limiter le tsunami mais c’était sans compter avec la déferlante marée noire. Heureusement, il a eu l’idée de réinstaller Auswichz sur Seine. Il en crama donc quelques uns, fut félicité par Le Pen et devint président de tous les Français y compris ceux d’origine africaine: certains rentrèrent même dans son Gouvernement !

A chacun son Oncle

De l’autre côté de l’océan, l’Oncle Tom venait de sortir tout droit des champs de coton, nous n’avons plus pendant des décennies eu droit qu’à ce riz au long grain : l’incollable oncle Ben ! Pendant qu’eux héritaient de l’oncle Sam d’Amérique, nous, nous devions nous contenter de l’international prolétarien. Le pétrole pompé de la terre de nos ancêtres participait de l’antique malédiction. Plus on en avait plus les petits Biafrais proliféraient : onchocercose, mouche tsé tsé, ton-ton mak-out, toutes ces bestioles tropicales ne suffisaient plus à limiter nos naissances. Il fallait quelque chose de radicale sinon, le monde, le leur évidemment courrait à la catastrophe : alors ils cogitèrent pendant des décennies et au bout de quelques nuées de fumées, l’arme fatale fît son apparition .Ils lui donnèrent un nom encore plus compliqué que les nôtres : Virus de l’Immunodéficience Humain Sida, une arme de destruction massive pire que celle qui détruisirent l’Irak.
Sous prétexte que deux tours, probablement mal construites : (ils n’ont pas les pyramides en héritage) comme cela se passe souvent chez nous, avec les fées-man et les marchés fictifs…)se sont effondrées au centre de leur quartiers d’ affaires, ils ont été jusqu’à obliger ce pauvre Popaul à déclarer une guerre à l’autre bout du monde, en lui faisant croire qu’il présidait leur Conseil de sécurité, une organisation pire que les missiles à tête chercheuse. Quand il s’agit de trouver des dictateurs africains, il n’y a pas pire que Mugabe parce qu’il a eu le malheur d’exiger ses terres (qui ne sont même plus fertiles), en guise de cadeau d’adieu pour son peuple !
Heureusement, il y a eu un jour cette femme qui a signé l’indien dans un bus là-bas, en disant trop c’est trop : je ne descends pas ! Je ne reste pas à ma place ! Si vous croyez que c’est une vie ça de n’avoir sa place nulle part dans le monde. D’ailleurs ils ont failli m’embarquer à Kondengui l’autre jour : dans un bus foireux, avec pare-brise cassé et climatisation approximatif, parce que j’ai demandé qu’on m’explique pourquoi 50 ans après, on nous traite comme sous le « terrorisme »…et là croyez-moi, il n’y a eu aucun Martin Luther King pour rêver pour nous : silence et rires verts dans tout le bus ! C’est moi qui dérangeais à poser des questions aux agents en camouflé et en charge de notre sécurité…

Monfils, sauvé des eaux

ça me rappelle l’histoire de ce « mec » que sa mère a dû cacher pendant des jours, sur l’eau pour qu’il échappe au courroux du roi exterminator…Galilée au Cameroun ? Là sous nos yeux à l’ère de hyper communication peopolisée, voilà que le monde découvre un champion dans l’arène. C’est qu’il est Noir, Français d’origine africaine, comme ils disent. Malgré son génie, malgré ses exploits, malgré son rêve et sa hargne d’être champion, la France de Sarkozy ne voulait pas voir Gaël Monfils, ne pouvait pas le dénicher : planqué dans les courts de banlieues, parqué dans le monde de l’infamie… probablement, caché par sa mère comme un trésor.
Comment font-ils pour ne pas nous voir ? Dans leurs négriers au long cours, c’étaient nous. Dans leurs champs de coton, c’était nous. Dans leurs plantations de cacao ce fût nous. Dans leurs équipes de football c’est encore nous. Dans leurs prisons, dans leurs Eglises, nous, toujours nous ! Ils prétendent qu’il y a eu six millions de tués dans les camps de concentration : ils oublient qu’ils ont là sous les yeux tout un Continent transformé en camps de concentration depuis des sicles mais ils ne nous voient pas ; parce qu’ils ne veulent pas nous voir. Obama a dû faire tout une campagne sans dire qu’il est Noir ! Il devait pour qu’ils l’acceptent dans leur monde, se renier : expliquer pourquoi, il portait un « boubou » africain ! Mais qui ce qui nous les a collé ces boubous comme notre vêtement traditionnel ! Le Boubou c’est bon pour nous : pas pour un futur président américain…
Alors il y a eu cette femme avec son histoire d’Assemblée du Peuple, avec sa pétition. Elle disait qu’elle voulait qu’une fois, juste une seule fois, par les imprévisibles hasards de l’amitié… Vous allez dire que je me répète. N’oubliez-pas d’aller signer cette pétition, sur le net ou chez moi, vous savez où la trouver. Même le fameux mythe de Sisyphe, ils ont été jusqu’à l’écrire à l’envers : vous voyez bien que devant chaque homme, il y a toujours une femme : et c’est elle qui joue les mères porteuses. Il a fallu qu’Hillary accouche d’Obama !

Marie Louise Eteki-Otabela
mle_otabela@hotmail.com
http://mle.blogspirit.com
http://www.lapetition.com/sign1.cfm?numero=1760

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03.06.2008

Enfants du pays@Yahoo.fr (suite)

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Bonjour Madame.
J’ai lu avec intérêt votre chronique portant sur les pétitions en ligne.
Je vous livre ici mon point de vue sur ce mode de lutte.
Pour commencer, je voudrais bien vous dire que j'ai assisté à la naissance de toutes les organisations de la Diaspora que vous énumérez, à l'exception du cercle Felix Moumié qui est né après le forum de Paris. Je tiens aussi à vous dire que je ne suis plus membre d'aucune de ces structures dont je n'approuve pas du tout les méthodes de combat. Mon opinion sur les pétitions en ligne va dans ce sens.

A propos du vrai peuple…

D'abord, la proportion des compatriotes qui ont accès à cette technologie de communication est très limitée et leur répartition très inégalement répartie en fonction des pays de résidence et de la zone d'habitation (Rurale-urbain) pour ceux qui habitent le Cameroun.
Ensuite, et mes contacts à l'union européenne me l'ont confirmé quand je voulais les faire signer la pétition contre la suspension du maire de Fontem tout récemment, ces pétitions créent l'effet inverse. En d'autres termes, leurs résultats sont interprétés comme reflétant les aspirations des camerounais, ce qui est évidement faux. Par exemple, depuis juin 2007, au plus 1500 personnes ont signé la pétition du CODE contre la modification de la constitution et pour le départ de Biya en 2011. Croyez- vous vraiment que sur les 16 millions que nous sommes officiellement, et sur la proportion des compatriotes ayant accès au net, seuls 1500 souhaiteraient le départ de BIYA? Le problème, c'est que c'est là une forme de militantisme facile et qui selon moi sert à se faire bonne conscience. J’étais fortement opposé à la pétition du CODE, tout comme celle de LIBERAL dont j'étais président jusqu'en septembre 2007. Ces pétitions se trompent pour la plupart des autorités adréssataires ( ?) et confondent dangereusement leurs missions quand elles n'occultent pas simplement les considérations géopolitiques et conjoncturelles à prendre en compte dans certaines revendications.
Pour revenir à la votre dont je n'ai pas pu lire le texte (le lien ne fonctionne pas apparemment), je crois qu'elle diffère un peu des précédentes de par la manière, mais je pense qu'il y a moyen de faire mieux. Je pense qu'en lieu des pétitions-slogans, on peut faire des pétitions-mobilisant, comme vous tentez de le faire. Mais alors, au lieu d'inviter les gens à venir la retirer auprès de ses promoteurs, vous déplacer pour solliciter la signature et l'adhésion du vrai peuple au projet. Ce vrai peuple, ce sont les sauveteurs de nos marchés, les transporteurs (Taximen, camionneurs et autre), les paysans, les milliers d'étudiants qui n'ont pas toujours accès au net... La liste n'est pas exhaustive. Constituez des équipes mobiles qui iront les rencontrer, qui parcourront les villes et Campagnes, les Campus, les places de marché, les gares routières et même les débits de boissons où ce peuple méprisé et spolié vient noyer de temps en temps ses frustrations ; les hôpitaux, même les milieux carcéraux. C'est ainsi que cette pétition mobilisera et sensibilisera en même temps le peuple qui s'appropriera du projet d'assemblée populaire. Mon organisation est disposée à s'investir à vos côtés en argent et surtout en ressources humaines si vous donnez à cette pétition la dimension que je viens d'évoquer.
Je terminerai par mon souhait de prendre connaissance des termes de référence de cette assemblée s'ils sont déjà disponibles, ou de participer à leur élaboration si elle est en cours.
Du courage pour ce que vous faites dans les conditions que nous connaissons.

Celui dont le destin est de subir

La réaction de ce jeune camerounais que je connais depuis quelques années est révélatrice de toute une génération de résistants qui ont émergé dans les années 90. Elle me permet de redonner quelques précisions sur notre projet d’une deuxième Assemblée du Peuple et au passage de dire quelques mots sur la haine de la pensée dans notre pays. Car au Cameroun, le discours du Pouvoir est devenu le discours social et veut qu’en réalité personne ne prenne une initiative qui s’écarte de la logique régime : le statu quo. Non seulement, nous devons subir la « loi » du régime dans tous les domaines de notre vie mais n’avoir comme seul destin que subir la loi d’une population anéantie par 50 ans d’impuissance politique.
D’accord chacun a son histoire de vie…Mais ce dont il s’agit ici, dans le cadre de ce projet, c’est de notre histoire commune. Nous savons tous qu’elle est la situation actuelle du Cameroun même si nos opinions peuvent être différentes sur cette situation. Ce qui est certain, c’est qu’actuellement ce projet est la seule proposition sur le tapis pour toute une classe politique qui veut sortir de ce régime et nous espérons bien rallier le plus de gens possible. Alors nous essayons de lancer une campagne de communication à travers tous les supports qui peuvent servir de relais aujourd’hui dans ce cas-là… Bien évidemment Internet est un de ces moyens de communication moderne. Nous y avons donc lancé cette pétition ! Et je crois bien que le lien fonctionne dès lors que vous l’écrivez correctement et entièrement jusqu’au numéro indiqué.*
Combien de nos compatriotes ont accès à Internet ? Ce serait intéressant de la savoir exactement…Dans tous les cas, nous sommes des milliers à avoir des centaines d’adresses e-mail…Bien sûr la Démocratie est une question de nombre mais nous savons aussi – du moins nous le savions dans notre génération- qu’une avant-garde révolutionnaire…c’est quelques personnes et parfois cela suffit pour lancer un grand mouvement populaire ! Et puis voyez l’Assemblée par décret : ils ne sont que 180 députés supposés être dépositaires de la Souveraineté populaire, c'est-à-dire du pouvoir absolu de plus de 18 millions de citoyens ! La démocratie pour nous c’est aussi la qualité du choix de ces représentants du Peuple. C’est pour cela que pour nous, même si nous n’arrivons à avoir moins d’un million de signatures –et sur le Net et au pays- ce sera suffisant pour nous donner mandat de convoquer cette Assemblée ! Ce sera tout de même plus démocratique que les décrets signés par le seul président de la république et donnant « pouvoir » à 180 citoyens qui sont incapables de défendre les intérêts du Peuple camerounais depuis que cette Assemblée existe! « Légitime, notre objectif ouvre des perspectives concrètes de transformation sociale et politique »**

La haine de la pensée

Ces pétitions et la nôtre en particulier ne cherchent pas à confisquer ni l’objet ni les formes de lutte. C’est vrai qu’il y a une manie au Cameroun qui relève de la haine de la pensée et partant des intellectuel-les : c’est cette idée que la vrai lutte ce n’est qu’avec le vrai peuple, sur le terrain, avec les fusils ; que la seule manière de combattre le totalitarisme c’est une démarche unique (avec un parti unique de l’opposition), totale. Une lutte ne se confisque pas. On ne peut pas avoir de résultats par une voie unique. L’objectif d’une pétition ce n’est pas d’avoir 18 millions de signatures! C’est juste une indication par un certain nombre de personnalités, petites ou grandes, qui permet de marquer l’adhésion à une cause ou à un objectif que l’on veut atteindre : C’est le Manifeste des 341 femmes connues en France qui a popularisé la lutte pour le droit à l’avortement : on n’a pas eu besoin de 20 millions de signatures des françaises pour qu’il y ait la loi Simone Weil ; c’est les 12 apôtres qui instituèrent l’Eglise Catholique , il y a plus de 2000 ans ; ceux qui entreprenèrent la longue Marche en Chine avec Mao, en Inde avec Ghandi ou à Cuba avec Che Guévara et Fidel Castro, et plus près de nous, l’ appel de 97 des intellectuels***…camerounais, n’étaient pas des millions.
Donc il s’agit de se donner les moyens de réaliser un objectif. Ce n’est pas forcément une marche populaire, un meeting politique ou une manifestation de « benskin ». Sakharof entreprit seul sa marche pour le droit à la libéralisation de l’URSS (mais avant, il était physicien qui aura par la suite le prix Nobel…). Les enfants du pays apportent chacun ses moyens, ses méthodes suivant ses compétences. Les Sawa disent ceci : quand on tire la pirogue dans le même sens, tout le monde finira par y monter parce qu’elle prend le large ! Les démarches d’enfermement et de confiscation des luttes quelle qu’en soit la forme…sont rarement bonnes et jamais innocentes. Comme on le dit en parlé populaire : l’ennemi ne dort jamais !
L’idéologie qui accompagne ou sous-tend le régime politique au Cameroun implique que tous les Camerounais et Camerounaises appliquent une seule et même norme : la pensée du Président… autrement dit, la pensée unique. En réalité depuis près de 50 ans, les gens de ce pays s’activent sous la consigne : ne pas penser. Il s’agit ici de construire un leadership politique collectif et chaque enfant du pays peut y contribuer par sa créativité pour qu’ensemble nous puissions sortir de ce régime.
Marie Louise Eteki- Otabela
mle_otabela@hotmail.com
http://mle.blogspirit.com
notes----------------------------
* http:// www.lapetition.com/sign1.cfm?numero=1760
** André Bellon nous a envoyé le document - projet d’une Assemblée Constituante en France.
***Ils étaient six : Eboussi, A.Mbembe, Monga, Etounga Manguele, A.Kom, et Mongo Beti !

13:45 Publié dans chronique du mardi | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

13.05.2008

Strictement confidentiel

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Cela fait 50 ans que nous luttons pour la libération du Peuple Camerounais en courant après
un Etat qui nous apparaît maintenant à tous et à toutes comme étant contre ce Peuple. Pire cet Etat ne peut rien faire même pour améliorer les conditions de vie des populations du Cameroun. Nous avons essayé toutes sortes de stratégies en vain. Il me semble donc que depuis que notre Peuple a repris sa souveraineté en Juillet-septembre 2007 par un taux d’abstention record, nous devons engager un processus de construction d’un Cameroun parallèle, avec pour commencer une Assemblée du Peuple soucieuse prioritairement des intérêts populaires.
Les acteurs que je désigne par le « nous » ici, ce sont ceux que mon parti appelle « les forces
alternatives ». Nous essayons de coordonner leurs activités depuis 10 ans après avoir identifié la nature de ce régime politique. Nous avons créé un Comité National d’ Action Civique en 1999 constitué spontanément de 60 patriotes à travers le pays et qui voulaient reprendre le destin de ce pays en main. Nous avons crée en 2003, un Front des Forces Alternatives qui s’est donné comme objectif de changer le régime politique au Cameroun puis lancé un Cri avec des milliers de femmes Camerounaises…
Je me bats depuis des mois (c’est de tempérament comme vous dites…) pour que nous tenions
cette réunion ce jour. Je rappelle juste que : j’ai fait appel à cinq de mes compagnons de lutte de toujours : ils se reconnaitront. Abel Eyinga, le doyen de ce mouvement a fait l’effort de venir jusqu’à Douala, une première fois, mais cette rencontre n’a pas pu avoir lieu. Il m’a rappelée il y a quelques jours pour me féliciter pour le travail (de mobilisation) que j’abats (chroniques, pétition, courrier sur le net, etc). Il est avec nous et prêt à venir jusqu’à Yaoundé ou alors à nous recevoir à Ebolowa. Seul le camarade Moukoko Priso a répondu en disant que c’était un projet important et qu’il fallait une rencontre pour en discuter. Je connais le camarade Moukoko depuis au moins 40 ans dans le cadre de ce combat ! Evidemment René Eteki, mon compagnon de vie et de lutte depuis 45 ans est d’accord sur l’essentiel de ce projet. J’ai appelé également Essiga Benoît pour qu’il y représente le mouvement syndical parce que j’ai remarqué son efficacité pour la formalisation du projet de reconstruction d’un mouvement syndical indépendant au Cameroun. On ne se connaît pas autant qu’avec les trois autres camarades que je viens de citer. De même, Monsieur Okala Ebode qui est avec nous pour représenter le mouvement de la jeunesse Camerounaise.

Construire un leadership collectif

Il s’agit dans le cadre de ce projet de construire un leadership collectif pour sortir du blocage
qu’a représenté dans le passé la lutte pour un leadership personnel. C’est une des faiblesses du mouvement social au Cameroun pour ne pas dire de tout mouvement de transformation sociale. C’est le cas même dans le mouvement syndical dont la reconstruction est en cours actuellement. Notre objectif est de pouvoir mobiliser 100 000 travailleurs (du public et du secteur informel) en 2010. Nous soutenons ce projet, et nous sommes prêts à y travailler en commençant par mettre en place des termes de références à court terme pour une assemblée alternative.
C’est un projet important je le répète. C’est une idée claire mais qui nécessite encore d’être
plus clarifiée : on peut concevoir que cette clarification viendra au fur et à mesure que nous y travaillons…Il s’agit de mobiliser des millions de gens si nous voulons créer un rapport de force permettant de modifier le régime. Il s’agit donc de convoquer une Assemblée citoyenne pour transformer la société. A cela, je vois deux difficultés majeures :
- S’attendre à une réaction violente du régime car ce projet est une attaque frontale…
- Résoudre le problème du tribalisme qui bloque toutes nos initiatives.
Pour s’attaquer à un régime de cette façon, il faut nécessairement une contre- machine. Nous avons toujours dit que le combat nationaliste implique à la fois une dimension théorique (notre projet de colloque en 2009) et une dimension pratique que constitue un tel projet. Le mouvement de la jeunesse révolutionnaire est également en construction et rencontre tous les problèmes précédemment évoqués. Mais, il a à son actif, sa contribution dans l’insurrection récente à travers le pays. C’est dommage que ces soulèvements n’aient pas été relayés par les politiques. Ce projet pourra peut-être combler ce vide…Nous devons continuer cette lutte sur ces différents fronts. Il faut se donner une machine politique car le fond du problème est : comment faire ? Comment vendre l’idée, le projet d’une Assemblée du Peuple ? C’est une idée juste et forte : la difficulté reste dans son « instrumentation », sa mise en œuvre. Sans oublier l’épineux problème de mobilisation des moyens logistiques et financiers.

Notre Pétition est sur Internet

Je suis pour…une Assemblée du Peuple Camerounais.

Mon Peuple a payé de sa sueur pour faire de l’Amérique le continent le plus riche et le plus puissant du monde. Mais cela fait plus de 50 ans que des Africains meurent de faim : 50 ans qu’on leur parle de développement. Mon Peuple a payé de son sang pour sauver l’Europe du nazisme, le régime politique le plus totalitaire des temps modernes. Mais cela fait 50 ans que les Alliés ont instauré ce type de régime politique dans tous les pays africains. Mon peuple a versé des tonnes de larmes pour abandonner ses traditions mais cela fait des années que même l’Eglise a abandonné nos âmes à toutes sortes de sectes. Et par-dessus toute cette oppression, ils ont inventé le Sida pour finir mon peuple.

Alors il y a eu cette femme et son idée d’une assemblée parallèle à l’assemblée « nationale » : vous savez, l’assemblée que le président Paul Biya a confisqué au Cameroun pour rester président à vie comme tous les présidents africains.

Il parait qu’il existe à travers le monde tout un mouvement pour soutenir l’idée de création d’une deuxième Assemblée au Nations Unies, composée des représentants des peuples non plus des Etats comme l’actuel Assemblée Générale de l’organisation des Nations Unies. L’Assemblée de l’Union Européenne donne de ce projet, la justification suivante : « Un tel organe pourrait contribuer à la formation de nouvelles solutions lorsque les politiques gouvernementales sont dans l’impasse ». Ce qui est actuellement le cas du Cameroun…
- absence de souveraineté nationale,
- absence de démocratie
- tribalisme au-dedans et racisme vis à vis de notre Société depuis 50 ans.
Aussi La Coordination des Forces Alternatives, la CFA vous propose d’organiser un autre Cameroun, un Cameroun parallèle, pour renégocier notre souveraineté, mettre en place des institutions parallèles, organiser une nouvelle société moderne et plurielle. Voilà pourquoi le projet d’une Assemblée des Peuples de l’ONU nous intéresse. La Cameroun pourrait être le premier pays à organiser une Assemblée du Peuple qui, le moment venu, enverrait les représentants du peuple camerounais à
l’Assemblée des Peuples des Nations Unies.
Les 60 membres du Comité National d’Action Civique pourraient convoquer cette Assemblée en 2008.
Nous avons besoin de votre soutien pour que nos millions de voix comptent.

Je, Eteki-Otabela Marie Louise ……………….soussigné
née le 13 avril 1947 à Ebanga (Okola) Lekié-Ouest
Autorise le Comité à convoquer l’Assemblée du Peuple au Cameroun.
Organisation :La Coordination des Forces Alternatives (La CFA)
Adresse : BP 5618 à Douala ; e-mail : mle_otabela@hotmail.com
N° CNI : 104261948
Signature : a signé.
______________________
Post- Scriptum (absolument nécessaire) : Vous pouvez lire la pétition sur Internet : http://www.lapetition.com.Cliquez sur « politique » ; et signez ! Vous pourrez aussi déposer votre commentaire, l'imprimer et la faire connaître autour de vous; la reprendre dans vos blogs, etc...Elle va être lancée sur place au Cameroun le 20 mai...fête nationale! soyons des millions à la signer et à le faire savoir!!!

20:25 Publié dans chronique du mardi