30.09.2008
Le compte à rebours

Le compte à rebours a commencé. En fait, il y en a eu trois cette semaine. Le compte à rebours de la mission spéciale chinoise, un succès. Le compte à rebours de la fin du système capitaliste, la crise se généralise. Le compte à rebours pour l’Assemblée des peuples camerounais, c’est parti. Le président Paul Biya à la Tribune des Nations –Unies, devant des milliards de téléspectateurs, l’mage pathétique d’une communication sans message, expression d’un peuple bâillonné. Y–a-t-il des gens qui ont aimé cet homme-là ? Pourquoi n’arrivent-ils pas à sauver ce qu’ils auront retenu de lui ? La barbarie c’est piétiner un être humain qui est par terre. Et nous, nous sommes civilisés.
Trois présidents, une image royale
Bush, Sarko et Biya même combat. Le premier nous dit que le système financier va s’écrouler, qu’il a décidé de prendre 700 milliards de dollars aux citoyens Américains pour financer la corruption afin que le système ne s’écroule ! Il convoque les deux candidats à sa succession et affirme que toutes les personnes qui sont autour de la mangeoire prennent l’affaire au sérieux. Et du coup, Obama est piégé. Qu’il le veuille ou pas, il faut qu’il s’y engage, au cas où…C’est depuis que le plan bégaye. Là-dessus Tarzan Sarko monte au créno pour …dire la vérité aux Français, les pauvres : comme s’ils ne savaient pas que son parrain à l’Elysée est venu jusqu’en Afrique nous vendre la mondialisation (de l’économie néo-libérale).
Depuis 1994, la France a pris plus aux travailleurs africains avec la dévaluation du franc cfa sans que cela ne gène personne. Mais c’est quand Biya lui aurait pris quatre malheureux milliards pour institutionnaliser la corruption à l’Assemblée nationale avant son départ, que l’on crie haro sur le baudet. Que cette crise aura des conséquences dans les mois qui viennent sur la croissance, sur le chômage, sur le pouvoir d’achat. Toutes choses que nous n’avons jamais connues. Esclavagés depuis des lustres, colonisés depuis des siècles et même néo colonisés jusqu’à ce jour pour ceux qui refusent de voir la nature pénitentiaire de notre économie. Nous avons toujours travaillé au seul profit des autres.
Alors quand le président des Français déclare que les responsables de ce naufrage doivent être sanctionnés : ça va chercher loin…L’Etat garant du système bancaire. C’est bien pour préparer l’atterrissage de ces parachutes dorés qu’il a été élu. Mais l’image royale de cette semaine, c’est celle d’une femme debout, exhortant son peuple, ce même Peuple de France de « relever la tête » ! C’était l’autre soir au Zénith à Paris devant quatre mille sympathisants, Ségolène Royal citant tour à tour Césaire (je n’ai jamais mis un genou à terre…) et Senghor, entourée de ses « nègres », les artistes, les intellos (qui auraient même écrit son discours !) et Yannick qui aurait envoyé un message de soutien…de New-York.
Une communication sans message
Je voudrais qu’un seul Camerounais, me dise qu’il ne s’est pas senti humilié par cette dernière sortie de notre président ! Tout y est passé: des plats remerciements (à propos de Bakassi) à sa déception au sujet de la mondialisation, c’est qu’il y avait vraiment cru – il devait être le seul-à ce nouveau nom de l’exploitation de nos peuples. Une escroquerie que nous dénonçons depuis des décennies et qui n’avait comme seule ingéniosité que de changer de nom tous les cinq ou dix ans. Croissance dans les années 60 : on ne pouvait pas y arriver. Développement dès 1970, les femmes étaient chargées de faire passer la pilule, avec les programmes à visage humain, et autres micro projets : elles en ont vu de tous les genres.
Devenues Politiques d’ Ajustement Structurelle dans les années 80, les fameux PAS, que nous avons dénoncé, refusé par tous les moyens. Notre pauvre président a même essayé de « relever la tête » au prétoire de son Assemblée pour dire, ne comptez pas sur moi pour financer la corruption. Il venait d’arriver, c’était du temps où il parlait encore de « rigueur et de moralisation », oubliant qu’en politique, la moralisation est un piège à cons (Le Journal Le Monde) : ils lui ont balancé un vrai faux coup d’Etat …en avril 1984. Quand dans tous les pays africains, les populations sont descendues dans la rue dans les années 90 pour exiger un nouveau statut politique, ils ont baptisé ces insurrections « émeutes de la faim » produites par « un vent de démocratie » qui venait de l’Est…comme l’espion du même nom. C’est ainsi que ce système fictif appelé mondialisation a définitivement balayé les vieilles méthodes d’exploitation en néo colonie : c’était en 2001 au Sommet Franc-Afrique de Yaoundé…
Comment peut-on exiger d’un homme à bout de force, exténué par …l’usure du pouvoir (disons), la trahison des siens, une telle prouesse : entre lire des pages de communication sans aucun intérêt pour personne, remonter ses lunettes, reprendre son souffle, j’ai vraiment failli écraser une larme. Il aurait pu me commander une chronique : juste pour leur rappeler tous les crimes qu’ils l’ont obligé à commettre contre son peuple ! Mais c’est bien connu en la matière « nègre » n’a pas de féminin. Comment peuvent-ils au soir de quelqu’un qui leur a consacré sa vie lui demander de s’immoler ainsi publiquement à la face du monde ! Je ne sais pas ce que vous en pensez, vous, mais cela m’a terriblement rappelé l’exécution de Sadam…la pudeur finale en moins.
L’image que le monde a de l’Africain
Ce que je crois, moi, c’est qu’une fois de plus, notre compatriote a servi de victime expiatoire. L’Occident est débordé de tous les côtés. Ils sont embourbés dans une guerre de religion en Iran et se servent de l’Irak comme bouc émissaire. Non seulement il n’ ya jamais des armes de destruction massive chez Sadam, mieux sur ce Front, ils ont maintenant en face d’eux des présidents qui vont jusqu’ à la Tribune des nations unies pour les narguer : Nous aurons notre puissance nucléaire –comme la Chine – et vous ne pourrez rien. En Amérique Latine c’est pareil : ils croyaient qu’avec lé départ de Castro, ils pourraient enfin régner sur tout le Continent. Là aussi, une nouvelle génération de présidents ne l’entendent pas de cet oreille. Alors il ne leur reste plus que les président Africains à se mettre sous la dent.
Au passage cette image négative de « l’homme africain », de président fantoche et complètement hors du temps, est surtout produite pour atteindre Obama, le décourager, le démolir à ses propres yeux et le contraindre à baisser son froc, à capituler et donc à négocier avec eux ! Il s’agit ensuite de le dévaloriser aux yeux des Américains et des Occidentaux. Ils disent à leurs populations : si vous laissez ce type passer, voilà ce qui risque de vous arriver…Car ils ont beau être brillants aux études, faire de fulgurantes carrières professionnelles, ils ne sont jamais capables de faire la politique ; pas plus comme opposants que comme présidents. Et si les Américains persistent en se payer un « nègre », alors d’une part il ya la menace d’un fou assez débile à qui l’on remettra un flingue…Mais comme il vaut mieux être prudent, ils sont prêts à engager la politique de la terre brûlée : à sacrifier non plus seulement l’Egocrate comme d’habitude mais le système (totalitaire) lui-même en vidant les caisses de l’Etat.
Et c’est là que je vous dis que le compte à rebours a commencé pour que cette Assemblée des peuples camerounais se tienne en fin d’année.
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http://mle.blogspirit.com Marie Louise Eteki- Otabela mle_otabela@hotmail.com
23.09.2008
LA CHRONIQUE DU MARDI 23 SEPTEMBRE 2008
Manifeste de la 25è Heure
L’histoire de la 25è heure, vous connaissez ? C’est quand un évènement que l’on n’attendait plus, parce que le temps était déjà passé, vingt-quatre heures se sont écoulées, et tout d’un coup cet événement se produit. Alors on parle de la 25è heure. C’est un peu cela l’histoire de la libération de notre peuple. Nous la souhaitons tous. Nos héros sont morts pour cela. Nos enfants attendent impatiemment le signal. Et nous, nous hésitons parce que nous y avons consacré notre vie et que nous savons que notre heure va bientôt sonner. Nous aimerions partir tranquillement. Mais toute femme qui a attendu 9 mois, toute femme qui a accompagné les pulsions de la vie : nous savons que cette heure va certainement arriver.
Comme un pincement là, à l’aube
C’est une expérience extraordinaire, pour ceux qui ont vu le film. On a l’impression que tout s’organise hors de nous, autour de nous, et même loin de nous, juste pour aboutir à ce moment-là. Il y a d’abord un contexte général. Des situations plus importantes autour desquelles se focalise toute l’attention du monde. Cela pourrait être l’élection de Obama président, le premier Américain d’origine africaine, président de l’Etat le plus puissant de la planète. Un événement historique. C’est chacun qui voudra y lire un signe. Se souvenir de la longue oppression des Peuples Noirs depuis la nuit des temps.
Nous serons largués dans un coin ensuite. Même si ce matin-là, nous nous levons avec la certitude que c’est aujourd’hui que le jour de gloire va arriver. On se connaît. On fera semblant de s’occuper à tout autre chose. Engager un grand ménage... par exemple. Ou même la cuisine d’un plat compliqué qui n’a rien à voir avec nos habitudes alimentaires : “ le pain de 50 pour africains ” ou “ la baguette de 130 ”, on ne sait pas comment elle est faite pour coûter moins cher dès que les Blanc s’e vont en vacances. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a la viande pour chiens, et tout de suite après, c’est la nôtre, celle pour nègres, avant les métis et assimilés
(quelques négresses qui vivent avec des petits blancs) et enfin celle les Blancs, la vraie. D’ailleurs il y a des portes différentes pour acheter chacune de ces viandes !
Mais nous, nous sentons bien en nous –chez nous - qu’il se passe enfin quelque chose. Il y a eu ce pincement, ce matin-là, à peine perceptible : 100 morts tout de même, un coup de pied comme d’habitude ? Pas tout à fait. Bien sûr on nous a encore indexés : vous n’étiez pas dans la rue, vous n’avez pas pris la tête de l’insurrection, l’Opposition est incapable de s’unir ! Nous avons beau dire que nous ne voulons plus du parti unique : pas plus au pouvoir que dans l’Opposition. Rien n’y fait : un tel manque d’imagination, de créativité. Ils ne peuvent sortir ni des meetings, ni des marches et encore moins du leader charismatique derrière lequel nous devons tous nous aligner…afin qu’aucune tête ne dépasse.
Rupture de la poche des eaux
N’allez pas chercher l’image du barrage qui lâche. C’est quelque chose qui arrive sans violence. La vie s’écoule : des millions d’années qu’on la retenait, une éternité que nous n’avons plus éprouvé cette sensation : des milliers de patriotes debout, décidés à être, tout simplement. Ils ont commencé à se frayer un chemin…C’était une déclaration d’amour au peuple camerounais.

Elle commençait par : “ A l’exception d’une petite minorité de nos concitoyens qui profitent de la situation actuelle, le constat de tout le pays est unanime : le Cameroun est dans un état de désolation. Sur tous les plans. Ce n’est pas simplement le fait que nous sommes tous désolés. Il n’y a pas une seule personne aujourd’hui dans ce pays qui n’a pas souffert, ne souffre pas, ou ne souffrira des méfaits de l’Etat camerounais : même Ahidjo (le premier président) est enterré en terre étrangère, effacé… ”
Ils ont alors appelé pour un Contre-sommet (France-Afrique). Nous sommes Africains mais nous ne sommes pas fiers que l’Esclavage ait vidé l’Afrique de ses enfants pendant des siècles. Nous sommes Africains mais nous ne sommes pas fiers que la Colonisation ait vidé l’Afrique de ses richesses pendant un siècle. Nous sommes Africains mais nous ne sommes pas fiers que le Racisme comme mode de gouvernement ait vidé les Etats africains de toute souveraineté, en confisquant particulièrement leur souveraineté monétaire depuis 50 ans. Quand il a fallu y instaurer un processus de démocratisation, il n’y avait plus de ressources humaines, il n’y avait plus de ressources matérielles juste des tribus. La France, toujours elle, a été alors jusqu’à commettre un génocide au Rwanda, c’était en 1994 pour nous apprendre à rester tranquille au lieu de préconiser la rupture comme stratégie.
Dure la contraction : on a dû reprendre notre souffle pour dire que nous voulons sortir de ce régime politique. Personne n’a rien compris. Là tranquillement dix pour cent (11 partis politiques et 13 associations, alors que le Rdpc en compte 200 et 65 000) des citoyens et quelques femmes comme d’habitude pour le décor, profondément révoltés par la situation de misère et d’oppression que vit le peuple camerounais, fermement engagés à changer cet état de fait, avons fait un constat et pris une résolution. Nous avons constaté que le Cameroun est un pays doté de grandes potentialités économiques et humaines. Malheureusement des choix politiques discutables et une gestion calamiteuse d’un Etat illégitime et totalitaire empêchent les Camerounais depuis 40 ans de développer ces avantages et d’en tirer profit pour vivre mieux. Et là, les contractions se sont accélérées : panique en face, interdictions, fermeture d’établissement, menace, infiltration…jusqu’à assurer la victoire de Paul Biya en 2004.
Le premier Cri
Il y eu le Cri des femmes camerounaises, comme un mot de passe, un cri de ralliement, comme un cri de révolte créatrice, le cri de toutes les révoltes ; non pas un cri de guerre contre la marchandisation du monde et des femmes ni un cri contre les machines à décerveler et les pompes à finances que sont devenus les pays africains mais comme le cri de la vie, celle que nous mettons au monde chaque jour pour que vive le Cameroun. Nos douze commandements. Le premier cri de nos bébés !Et puis il y a eu les échos de ce Cri. Il s’agissait d’un Parlement avec 100 femmes députés, cela devait être une première mondiale : elles n’auront qu’une médaille olympique pour se consoler mais tout de même la plus jeune députée à l’Assemblée de Biya… Il s’agissait d’une conditionnalité des Nations Unies lancée depuis 1999 : les fameux 100 mille francs pour chaque femme dès l’âge de 18 ans, pour chaque travailleur dans notre pays : un Salaire Minimum Social qui est devenu un malheureux SMS de 28 000 francs Cfa, glissé en catimini ; même les 100 francs qu’elles demandaient à chaque patriote pour pouvoir suivre nos exploits sur une vraie télévision, elles n’ont pas eu : faute d’une campagne de communication en bonne et due forme pour assurer cette levée de fonds…Pourtant les opérateurs de téléphone mobile ne savent plus quoi faire de l’argent que nous payons pour rester en contact, nous ne sommes plus à l’heure du tam-tam.
Fatiguées par ces longs mois d’attente, exténuées par tous ces efforts, n’en pouvant plus de crouler sous tant de douleur, les femmes camerounaises étaient obligées, fin novembre 2007 d’appeler à la tenue d’une Assemblée constituante. Un vrai pavé dans la marre : entre un Forum pour la CENI qui s’est terminé en queue de poisson, et un Epervier anti-corruption à tête chercheuse. On a bien essayé d’appeler Um à la rescousse le 13 septembre. Tout ce que nous ont conseillé “ les partisans du changement par les urnes ”- la grande trouvaille !- c’était un gouvernement de Salut public, celui que le président serait allé chercher à Paris ? Alors est-ce qu’on attend que la montagne accouche encore d’une souris ou…on fait ce saut effroyable dans l’inconnu en convoquant cette Assemblée des peuples ? Cela s’appelle la libération.
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16.09.2008
une seance d'exorcisme nommée Assemblée des peuples

C’étaient de beaux discours, tous les textes que nous avons écrits pendant cette semaine. Chacun de nous s’est assis et a consacré quelques heures de sa vie à celui que nous, nous avons baptisé le père de notre Nation ! Nation, je suis sûre qu’en Eton se dirait « mère » : Na pour Nam. Pas grave, on vous en laisse la paternité puisqu’une histoire d’amour cela se vit à deux. Celle de notre pays aurait pu commencer par : il était une fois, le père de la Nation et notre mère Patrie. C’est une drôle d’histoire en réalité parce que personne n’a dit ni quand ni comment tout cela a commencé…
Du père de la nation
Les choses apparaissent aujourd’hui comme si c’est une Nation, la Camerounaise, qui a deux pères : le père naturel et son père adoptif. Et donc cet enfant découvre son « vrai » père à 50 ans ! Il a été élevé par Ahmadou Ahidjo, premier président du Cameroun. Il a régné de 1959 à 1984, entre deux coups d’Etat. C’était le mode de passation de pouvoir à la mode en Afrique dans ces années-là. Il y en a eu beaucoup… Dès sa naissance en 1960, l’Etat camerounais a dû être extirpé au forceps : trop grosse tête pour une primipare. Même pour lui donner un nom ce fut tout une histoire : République Fédérale ? République unie ? République du Cameroun tout court, finalement…
Pendant des années cet enfant reçu une « éducation » (a)politique conséquente comme dit Me Muna : on lui a inculqué (un mot terrible) – comment aurait-il pu en être autrement !- un certain nombre de valeurs et de principes fondamentaux qui ont déterminé son attitude dans la vie : comment traverser la route sans se faire écraser ! Comment quémander le vote des citoyens, d’ailleurs certains sont encore dans la rue aujourd’hui à faire : Allah Karim, donnez cadeau monsieur…comment vendre les votes ou frauder aux élections, même avec un fichier électoral informatisé ! Comment se servir de la politique pour exploiter le Cameroun et les Camerounais, pour l’enrichissement et la gloire personnels…On reconnait bien là le pragmatisme anglo-saxon.
Sauf que ce discours relève de ce que j’ai appelé le syndrome du meilleur opposant qu’il soit de droite – du Prince errant de Bana au Professeur Asonganyi en passant par Célestin ou qu’il soit de gauche avec Odile et ses compagnons des bords de la Seine : on ne sort pas du ton accusateur, de la moralisation des consciences et autres démarches pouvoiristes qui préconisaient hier le « Biya must go » et qui confesse aujourd’hui l’urgence d’un gouvernement de salut public ou mieux de transition…Ils oublient que le premier gouvernement d’Ahidjo était un gouvernement provisoire d’un régime qui dure depuis 50 ans et qui a pour fondements : la haine de soi, allant jusqu’à l’autodestruction ; un régime qui a fini par faire de notre Peuple son propre ennemi ; son credo , c’est l’unité nationale, idéologie de tous les fascismes et basé sur la peur de l’ autre et donc son exclusion, en termes ethnico-raciales et enfin l’avènement d’un Egocrate aux pouvoirs spéciaux devenus absolus parce qu’il a commencé par abolir les libertés fondamentales dans ce pays.
Au père du nationalisme camerounais
A chacun son héritage donc. Notre père à nous avait une grosse tête : ce n’est pas n’importe qui, qui pouvait allait parler aux Nations unies dans les années 50, défendre la cause de tout un Peuple et même de tout un Continent contre et devant l’establishment occidental. Ils ne nous le pardonneront jamais…D’où le silence quasi absolu (Kelman) au royaume du président People-mania : aucun écho à notre célébration. Combattre les Français nécessitait une audace, un courage qui frisait l’effronterie au vu de l’inégalité des forces en présence, une détermination, et un amour de la patrie au nom de laquelle on peut aller jusqu’au sacrifice suprême.
Visionnaire, prophète, et super héros (Tchasse) : il parlait de souveraineté économique ; il réclamait notre souveraineté politique. « Ils sont encore et toujours aujourd’hui en train d’éliminer les meilleurs d’entre nous, de donner le pouvoir aux médiocres et aux incapables, les soutiennent tous les jours depuis 50 ans dans leurs exactions contre les populations, pour nous prouver que nous sommes incapables de nous prendre en charge, afin de mieux justifier leur entreprise de (néo)coloniale : oui la domination et l’exploitation continuent de façon éhontée en plein 21e siècle. La souveraineté politique et l’indépendance économique de notre pays restent à conquérir ». Voilà les premières communications de l’Assemblée des peuples camerounais !
Le 13 septembre, la convocation de cette Assemblée ayant été remise à une date ultérieure, j’ai assisté à une réunion des chefs du Nkondo, une trentaine de personnes. Passionnant. Ils parlaient comme d’habitude d’un « problème foncier ». Leurs terres auraient été proposées à la vente par un ancien ministre de l’urbanisme qui sollicitait il y a quelques années, un décret présidentiel pour faire de tout leur territoire une palmeraie industrielle ! Question fondamentale, prélude aux débats de fond de l’Assemblée des Peuples. Le droit à la terre ne se pose plus aujourd’hui comme hier dans la seule acceptation foncière. Il faudra d’abord établir un Code de la Terre et non plus simplement un appendice du Code civil car il n’existe pas de théorie du Droit vis-à-vis de la terre dans les systèmes juridiques occidentaux. La question s’y réduit à l’application du droit de propriété des individus sur la terre qu’ils occupent. Mais l’occupation elle-même n’est pas fondée en Droit. On est là, loin des stupides considérations fascistes sur les allogènes et les autochtones…
Les mères-porteuses, vous proposent une séance d’exorcisme
J’aurai voulu leur expliquer que la terre c’est comme le corps d’une femme…un média de réciprocité, ultime et infaillible garantie de la survie individuelle de chaque personne humaine, une sorte d’interface des multiples systèmes de relations humaines et de cet fait, bien des problèmes qui rendent le vivre-ensemble infernal sur cette terre de nos ancêtres depuis sa profanation par l’envahisseur occidental ont leur origine dans cette question de la terre. Dans le Cameroun féminin-pluriel de demain, il n’est donc pas question de réduire la terre à un simple objet d’usage, ou à n’être qu’un moyen de production dont l’utilité doit de mesurer en terme de rente (profit) foncière avec des perversions comme la conception occidentalo-capitaliste de mise en valeur. C’est comme nous parler de la « promotion de la femme » des concepts racistes comme la « machette », le « marigot » ou le « coupe-coupe » !
J’aurai voulu rappeler, annoncer à ces chefs que « la terre ne nous appartient pas, nous l’empruntons à nos enfants » et que la ville et notre territoire sont au cœur de la gouvernance de demain. C’est un texte très profond de Pierre Calame, qui repense le territoire comme un écosystème complexe de relations et d’échanges qui ne peuvent se réduire à une simple valeur marchande. Jean Marc Ela qui disait que la ville coloniale est la traduction territoriale du rapport de domination. Il semble que le 21e siècle sera le siècle des villes et des territoires. Pour accomplir ces deux grandes mutations, il faudra nécessairement une transformation radicale de la gouvernance (du pouvoir) locale. Voilà pourquoi, nous voulons mettre les quatre nations premières au centre de l’Assemblée des Peuples camerounais. Pour leur apprendre à aimer leurs enfants comme ils aiment leur terre. On n’entre pas sur la terre de l’Autre par effraction…
Peut-être parce que les femmes portent ces enfants neuf mois dans leur chair, elles savent tant les aimer. Cela demande tant de générosité, ce renoncement à soi, ce vivre pour l’autre. Elles viennent au monde sur cette terre. Elles y vivent pour eux. Et un beau jour, elles s’en vont sans rien demander en retour, même pas une reconnaissance posthume. Il va falloir que toutes nos autorités fassent cette mutation historique, que les autorités locales montrent la voie, deviennent le lieu où se relie la passé lointain et le futur lointain. Tout ça pour vous dire que j’ai bien aimé ces textes sur Um Nyobè. Et que les femmes camerounaises vous proposent depuis des mois, la meilleure façon d’assumer notre héritage commun (de Tayo) : donnons à cette séance d’exorcisme public la forme d’une Assemblée des peuples camerounais.
09.09.2008
LA CHRONIQUE DU MARDI 09 SEPTEMBRE 2008
Le fil d’Ariane ou le chemin parcouru
L’Assemblée des Peuples camerounais ne sera pas convoquée samedi prochain, 13 septembre. Les anciens demandent un peu plus de temps pour se préparer. Comme je vous disais, trois nations premières sur quatre ont déjà adhéré au “ projet ”. Nous sommes obligés d’attendre et de convaincre la quatrième. Mais si Um Nyobe revenait aujourd’hui sur terre, nous lui dirions : vous n’êtes pas morts pour rien. La lutte continue. Voici le chemin parcouru.
Trois générations, un combat
Au commencement, des patriotes se sont levés pour dire : rendez nous notre pays. Ils furent tous tués les uns après les autres. Le denier en date du 13 septembre 1958 s’appelait Ruben Um Nyobe. Ils combattaient un monstre à trois têtes… qui a confisqué ce pays. Depuis des générations, l’Esclavage avait organisé le territoire de capture en réserves de tribus, les autorités politiques de nos nations deviendront “ des commis d’ordre ” sous la Colonisation avant que le Totalitarisme n’en fasse des “ auxiliaires d’administration ” et nous trompe avec une fausse indépendance. Aujourd’hui c’est comme si nous avions perdu le fil d’Ariane : nous tournons en rond dans ce labyrinthe qui n’a qu’une issue : la sortie du régime politique instauré en 1960 au Cameroun.
Makembe Tholo Adolphe premier lieutenant sur le front de libération de la lutte armée à l’Ouest, emprisonné de 1971 à 1984, et décédé en fin d’année 2000 disait des rescapés du coup d’Etat de 1984 : à leur comportement aujourd’hui, on doit se poser des questions sur la façon dont nos hommes politiques conçoivent la politique…c’est absolument inimaginable parce qu’on dirait que ce sont des gens qui ont perdu la profondeur même de la conscience…Il peut y avoir des exceptions mais en général, le processus d’anéantissement aboutit toujours aux résultats que le Pouvoir recherche quand on y regarde de près* …. Il ne nous reste donc pas beaucoup de vétérans de la première heure.
Il y a ensuite la génération des 70 ans et plus. Ceux qui sont aux commandes et ceux qui désespèrent d’en avoir été exclus. Ceux que nous voulons pousser dehors et ceux qui nous demandent : comment vous allez procéder si vous n’avez aucune légitimité ! Ils ne comprennent pas que la souveraineté dans notre situation de pays totalement confisqué, ce n’est pas une institution publique qui va nous la donner mais le Peuple camerounais lui-même. Et ce pouvoir absolu, nous le tenons aujourd’hui de la fenêtre du monde où des milliers de jeunes Camerounais et Camerounaises de 40 ans et moins sont connectés. Ce sont ces patriotes des temps modernes qui veulent une chimiothérapie sociale et qui nous demandent de convoquer une Assemblée Constituante.
La question de l’idéologie
Alors se pose la question de l’idéologie : Comment notre Peuple peut-il être certain que cette fois-ci, il ne va pas encore être berné par des gens qui parlent en son nom, des gens qui disent combattre pour lui ? Parce que ce sont des gens qui depuis 50 ans sont avec lui, parlent de son côté. Qu’ils se disent nationalistes, socialistes ou féministes, ils appartiennent à ces Nouveaux Mouvement Sociaux qui ont été anti-développementalistes avant la mondialisation. Ils sont sortis de notre Société avant que les ONG ne mettent la Société Civile à la mode chez nous. Ils voulaient reprendre le destin de notre pays en mains et étaient membre du Comité National d’Action Civique. Ils ont même réussi à organiser un Contre-sommet France-Afrique depuis le Cameroun en l’an 2001.
Ce sont eux qui ont décidé deux ans après de changer la nature totalitaire du régime politique au Cameroun. Même s’ils ne sont pas tous sortis de polytechnique, même s’ils ne savent toujours pas tous c’est quoi exactement un régime politique(!), même si certains continuent à parler d’alternance – parce que le changement pour ces derniers venus resté lié à la fonction clé du régime actuel- la plupart vous parlent aujourd’hui de la nécessité d’une alternative politique. Avec les leaders de première génération, beaucoup ont pris la mauvaise habitude de jouer les éminences grises…oubliant que la politique c’est d’abord ce qui se donne à voir sur la scène publique ! C’est grâce à nous que notre Peuple a repris confiance en lui-même au point d’afficher un taux d’abstention historique aux dernières “ consultations électorales ”.
Alors comme d’habitude, depuis la guerre du feu…les femmes ont pris le monstre par les cornes : vous ne voulez pas de nous dans votre Assemblée, vous avez refusé d’envoyer cent femmes au Parlement, eh bien, nous aurons notre assemblée et ce sera l’Assemblée des peuples camerounais. Comme sous la colonisation, les administrateurs des colonies avaient leurs institutions et nos ancêtres organisaient les assemblées du peuple : cela s’appelait, le Ngondo chez les Sawa, cela s’appelait Anagsama chez les Beti, etc…. Comme au temps des pharaons…les femmes participaient à la direction des affaires publiques dans le cadre d’une assemblée féminine siégeant à part, mais jouissant de prérogatives analogues à celles des hommes, nous rappelait, le dernier des Pharaons.
L’autre Cameroun, dans 40 ans
Dans quatre décennies, les Camerounais qui ont 40 ans et moins aujourd’hui auront fait cette mutation profonde et nos descendants vivront dans cet autre Cameroun. Ce n’est pas juste un rêve, c’est de l’ordre du possible. Cela s’est passé en Chine. Um et Mao étaient certainement à Bandoeing. Ils ont peut-être échangé leurs vues sur ce projet d’avenir de leurs sociétés. Il n’est pas exclu que le Cameroun y arrive à son tour. C’est ce que nous demande la jeunesse de ce pays.
Ils s’appellent Etoke Nathalie, Charles Gérad, Arthur Awoumou, Ameli tabi, Moise Wouatchui, Jean crépin Nyamsi, Marcelin Ndabnemb, Julie Moufor, Charles Atangana, Tene Sop, Modeste Mba Talla, Jean Christ, David Fova, Valère Nketcha, Claude Tameze, Raphaël Tagne,René Nsoé, Paul Ngalle, Tchakounte Kemayou, Jean Pierre Wenang, Jean Pierre Kamayou, Eric Njitoyap, Antoine Nguidjol, Tchakounté Charlot Yves, Thierry Wandji,, Guy Simon Ngakam, Yanik Ngoko, Louise Ndiaye, Mimi, Badara, Barthélémy Z. Yomsi Luc, Paul Fum etc… ; tous les anonymes et bien évidemment tous les Eteki et tous les Otabela sur le Net.
Sans compter des milliers qui auront signé les pétitions pour une Assemblée des Peuples camerounais. Vous les connaîtrez d’ici décembre. Ils étaient 755 à nous rendre visite au blog de la Coordination des Forces alternatives en Juin. Puis au mois de juillet ils ont été 1188, et en Août ils avoisinent les 2000 ! Nous sommes aujourd’hui à une moyenne de près de 100 visites par jour : c’est bien la preuve que notre jeunesse attend cette Assemblée de notre Peuple et que cette légitimité nous l’aurons.
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02.09.2008
La chronique du mardi 02/09/2008
La Convocation
La convocation. Cinquante ans après la mort de Ruben Um Nyobè, quel Camerounais, quel Africain peut dire qu’il n’a pas l’expérience de ce que ce mot signifie pour chacun, chacune d’entre nous? Eh bien c’est exactement cela l’oppression ! Que ceux (trop jeunes ?) qui n’en ont aucune idée se reportent à n’importe quel film sur les nazis. Cette espèce d’angoisse qui vous saisit à l’idée d’être confronté à cette police (politique) que vous soyez coupable ou non et surtout si vous êtes innocent ! Combien de patriotes ont fini dans ses geôles ? Combien d’enfants du pays ont péri de ces traitements ? J’aurai tant aimé que le 13 septembre prochain, ce soit la dernière convocation.
Parce que cela fera 50 ans qu’ils l’ont assassiné
Il y a 50 ans qu’ils l’ont assassiné. J’avais à peine onze ans au moment de ces « évènements ». Ma famille habitait une villa ancienne au nouveau Bastos, encore un peu la brousse. En février1958, mon père a été nommé chef de cabinet de Charles Okala au ministère des Travaux Publics et nous avons déménagé au quartier du Lac… plus sécurisé. La nuit, nous étions souvent obligés de dormir sous le lit blottis contre ma mère pendant que mon père faisait le guet à la fenêtre avec son petit révolver : je me suis toujours demandé ce qu’il aurait pu vraiment faire en cas d’attaque des « maquisards » comme on appelait alors les nationalistes ! Et puis un soir, il est revenu complètement essoufflé. « Je viens de traverser une mare de sang, là, au carrefour Nlongkak : un homme égorgé… »
Cet homme aurait pu être Um. Mais lui, il était dans la forêt bassa…Cependant à l’époque, on le voyait partout… même dans mon village ! Combien de témoins seront convoqués devant le Tribunal de l’Histoire ? Tout ce que nous savons, c’est que nous avons été des milliers, peut-être même des millions au Cameroun, des centaines de millions sur toute l’étendue du Continent à être « entendus », ces fameux « aveux » extorqués sous la torture, la menace, les coups ou tout simplement la peur comme ceux arrachés à Albert Ndogmo en 1970, accusé et s’accusant du « complot des anges »!
Au fait, de quoi était-il accusé cet homme-là ? Pour les colons français, il propageait des idées subversives, une sorte de virus avant l’heure…Il voulait l’indépendance de son pays quand tous les autres leaders ne parlaient que d’autonomie ; cette indépendance, il la voulait totale et sans conditions ! Du radicalisme carrément, disaient les uns ! Le communisme, répondait l’Eglise « d’en haut » (bien avant Mao), crime numéro un contre l’establishment judéo-chrétien. Pour les protégés d’Aujoulat, c’était tout simplement un maquisard, une sorte de bandit de grand chemin. Il fût lui aussi convoqué…tant de fois, la cause était entendue jusqu’aux Nations-Unies mais il fut exécuté…pour l’exemple. J’aurai tant aimé que le 13 septembre 1958, ce soit la première convocation, celle du Peuple camerounais pour… une Consultation Générale : elle nous fut refusée.
Parce que cela fait 5 jours que Biya est parti
Un jeune homme me demandait ce matin : « Mais le Peuple va vous suivre pour qu’elle idéologie » ? Il est vrai que l’on ne connait les gens, ce qu’ils ont été réellement, qu’après leur mort. Um est aujourd’hui reconnu comme le père du nationalisme camerounais mais en 58, il pratiquait ce nationalisme depuis dix ans : combien de Camerounais savent alors qu’on l’avait assassiné pour cette idéologie ! Trop radical, disait-on, déjà… Les penseurs conçoivent l’idéologie avant. Les hommes politiques la pratiquent après. Et quand on essaie de faire les deux à la fois, c’est encore plus difficile : trop radical… nous dit -on !
Cela fait cinq jours que Paul Biya est parti. Il a mis ses derniers indéfectibles attachés dans un avion plus sûr…Il a abandonné les auteurs de l’Albatros et les autres sur les ailes de l’Epervier et surtout, il a pris des mesures saugrenues vis-à-vis de ses forces de défense nationale. L’opinion nationale s’est posée bien des questions au sujet de ces mesures : était-ce pour amadouer les généraux qui ont refusé de faire valoir leurs droits à la retraite ? Etait-ce pour nos vaillants soldats qui n’ont pas eu tellement l’occasion de se battre pour la patrie à Bakassi : tombés avant, les armes à la mains ? Maintenant qu’il est parti, il n’est pas interdit de penser que même Paul Biya voulait le bien de son pays : seulement, il a fait ce qu’il a pu. C’est probablement sa façon de dire aux Forces armées et autres armes légales : ne tirez plus sur mon peuple.
Retournez vos fusils ! Je vous laisse tout un Gouvernement. Je vous laisse tout un régime. En 50 ans, que de fortunes inexplicables ! Que de ministres enrichis ! Que de Pca et de Directeurs milliardaires ! Que de vieux nègres décorés ! Et pas un seul plus au patrimoine national. Tout au contraire. C’est un Ambassadeur qui nous recevait l’autre soir et l’opinion internationale qui se demande ce que notre Peuple attend. C’est vrai que la communauté internationale a fait sa part : allant les traquer jusqu’ à l’étranger. Débusquant les comptes protégés et autres secrets bancaires. J’aurai tant aimé que le 13 septembre 1992, ce soit la première convocation, celle du Peuple camerounais pour… une Conférence nationale souveraine...déclarée sans objet !
Parce que dans 15 jours, notre peuple va peut-être enfin se relever
Nous et des milliers de sympathisants, travaillons dans cette perspective depuis dix ans, (1997) date de légalisation de notre parti politique, la Coordination des Forces Alternatives. En Juillet –Août 1999, 60 Camerounais et Camerounaises déclarent à travers toute l’étendue du territoire, avoir décidé de « reprendre ensemble le destin de ce pays en mains » en mettant en œuvre un Comité National d’Action Civique. Le 13 mars 2003, 40 patriotes décident de « changer le régime politique du Cameroun », celui-là même qui nous a été imposé depuis 1960, et fin juillet, le Front des Forces Alternatives déclarait dans sa Charte : « Il n’y a pas de solution à l’intérieur de ce régime de prédation. Toutes les voies conduisant à l’émancipation du Peuple Camerounais sont soigneusement bouchées. Il n’y a plus d’issue sauf une : changer le régime politique, libérer le peuple. » Il s’agissait de 11 partis politiques et de 13 associations de la Société Civile et donc de nombreux compatriotes.
Au sortir d’une série de séminaires de préparation des femmes aux élections législatives de 2002, organisées par la Fondation Friedrich Ebert, nous proposons une fois de plus aux femmes des partis politiques de définir un objectif qui pourrait concrétiser l’ensemble des luttes des femmes dans notre pays. C’est ainsi que le CRI des femmes Camerounaises sera lancé à la veille de l’élection présidentielle de 2004…Les échos de ce CRI seront entendus jusqu’aux Nations-Unies qui ont soutenu « l’Opération 100 femmes au Parlement ». Malgré le refus du Parti au pouvoir, les femmes camerounaises enregistreront tout de même un record historique de 79 candidates aux fonctions électives en 2007.
Et ce sont ces honorables députées élues non déclarées qui lanceront pour la première fois en novembre 2007, le projet d’une Assemblée Constituante au Cameroun !
Alors quand on nous demande : « tout ça pour quel résultat ? » Quand on nous demande : « Où sont les opposants ? » Quand on nous demande : « Vous voulez que le Peuple vous suive avec quelle idéologie ? » Quand on me met au défi de voir enfin combien de personnes sont derrière nous ! J’ai envie de hurler : arrêtons l’auto-flagellation ! Nous combattons depuis des siècles une organisation mondiale, appelée « impérialisme… » Nous combattons depuis cinq décennies un régime politique du nom de « totalitarisme ». Nous sommes aux prises depuis des millénaires avec un racisme dénommée « tribalisme ». Les résultats d’un combat aussi titanesque ne se mesurent pas à l’aune de nos « stupides rivalités internes ! »*
J’aurai tant aimé que le 13 septembre 2008, ce soit la première convocation, celle d’une Assemblée des peuples camerounais pour… vous dire le chemin que nous avons parcouru.

Opération "100 femmes au parlement", le combat continue.
REPONSE SUR ECOVOX 


