26.08.2008

J'ai l'honneur de ne pas demander ta main

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Parmi les nombreux défenseurs de la liberté du siècle dernier, les Nations Unies ont joué un rôle important, engagées à propager la démocratie dans le monde. La Déclaration universelle des droits de l'homme a énoncé les principes essentiels de la démocratie et, depuis son adoption par l'Assemblée générale en 1948, a inspiré l'élaboration de constitutions et a considérablement contribué à faire accepter la démocratie comme une valeur universelle. Ce système de valeur normatif a été réaffirmé dans la Déclaration du Millénaire en l’an 2000.

Nous, peuple du Cameroun…

Le développement des normes en matière de droits de l'homme, la mise en œuvre du droit de tous les peuples à l'autodétermination, l'aide à la bonne gouvernance et l'assistance électorale ont été parmi les approches adoptées par les Nations Unies pour promouvoir la démocratie. L'Organisation a également été un forum pour le développement d'initiatives spécifiques, comme le mouvement des Démocraties nouvelles et rétablies, à l'initiative des Philippines, après l'établissement d'un régime démocratique dans ce pays à la fin des années 1980. Les Nations Unies, leurs institutions et leurs programmes contribuent de plus en plus à l'établissement des processus démocratiques partout dans le monde. Au cours de la dernière décennie, elles ont aidé des pays à établir la démocratie et ont contribué à la démocratisation, apportant leur appui à un parlement sur trois dans les pays en développement. Elles aident également les pays sortant d'un conflit violent à mettre en place les institutions démocratiques et à renforcer la société civile.
Les récentes élections qui ont eu lieu en Afghanistan, en Haïti, en Irak, au Liberia et en Palestine (mais aussi au Cameroun pourrait-on ajouter) ont montré les changements profonds que ces sociétés entreprennent. Toutefois, les élections ne constituent pas la démocratie. En matière d'élections, la démarche de l'ONU est de souligner le processus plutôt que l'événement. Les nombreux processus parallèles, tels que le renforcement des modes d'action de la société civile et le développement de partis politiques, la formation d'une identité politique par l'inscription électorale et l'éducation des électeurs, la création de groupes d'intérêt, le développement d'un cadre juridique et institutionnel pour assurer le respect des droits de l'homme, la mise en place d'un système judiciaire indépendant et l'accès du public à l'information donnent aux élections leur sens démocratique. Ce soutien est nécessaire pour mettre en œuvre une vraie démocratisation.
Dans la déclaration du Millénaire 2000 et le Document final du Sommet mondial 2005, les États se sont engagés à renforcer la capacité des Nations Unies à aider les pays à mettre en œuvre les principes et les pratiques de la démocratie. Alors que l'ONU a accompli d'importants progrès, elle doit redoubler d'efforts afin d'assurer la fiabilité des institutions démocratiques naissantes et améliorer la qualité du processus démocratique, en termes de responsabilité, de transparence dans la prise de décision, de participation et d'inclusion, et avec le soutien d'une société civile active et constructive. Nous devons faire plus et nous devons faire mieux.

Décidons le 13 septembre prochain

Pour aider l'ONU à renforcer la démocratie, le Secrétaire général Kofi Annan a décidé en juillet 2005 de créer le Fonds des Nations Unies pour la démocratie (FNUD). Appuyé par les chefs d'État et de gouvernement lors du Sommet mondial 2005 en septembre, le Fonds a été établi, en précisant cependant qu'il n'existait pas un modèle unique de démocratie mais une variété d'approches valables pour atteindre l'objectif démocratique commun. Les États Membres se sont également engagés à débloquer près de 50 millions de dollars US.
Les politiques et les priorités du Fonds seront décidées par le Secrétaire général, avec l'aide d'un Conseil consultatif spécial composé de six représentants des pays les plus contributeurs, cinq autres États Membres pour assurer une distribution géographique équilibrée, quatre représentants personnels du Secrétaire général et deux représentants des organisations de la société civile. Les décisions étant prises par consensus, les débats au sein de ce forum devraient être stimulants.
Le FNUD fait partie intégrante de la réforme des Nations Unies proposée par le Secrétaire général et approuvée par les États Membres. L'idée qui sous-tend cette proposition est que le développement, la sécurité et les droits de l'homme ne sont pas seulement impératifs en soi mais qu'ils se renforcent mutuellement. Dans le cadre de l'ensemble des réformes, le FNUD complète les travaux du nouveau Conseil des droits de l'homme, mais les liens sont peut-être plus évidents dans les domaines de la consolidation de la paix, de la promotion de la démocratie et du développement humain durable.

De vivre ensemble et côte à côte sur la terre de nos ancêtres

Le Fonds complètera également les efforts de l'ONU aux niveau national et régional, menés par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM), le Haut Commissariat aux droits de l'homme, les Départements des affaires politiques et des opérations de maintien de la paix de l'ONU, l'Office pour le contrôle des drogues et la prévention du crime et l'ensemble des équipes de pays de l'ONU, ainsi que d'autres acteurs. Par son établissement et le travail d'un groupe consultatif pour les programmes, le Fonds devrait permettre d'adopter une approche plus ciblée. Son objectif premier sera de promouvoir la démocratie dans le monde en apportant son appui aux projets qui mettent en place et renforcent les institutions démocratiques et facilitent la gouvernance démocratique dans les démocraties nouvelles, émergentes et engagées dans le processus de consolidation. Il fournira également une assistance aux organisations gouvernementales et non gouvernementales, y compris les bureaux, fonds, programmes et institutions spécialisées de l'ONU.
Le FNUD a été placé au sein du Fonds des Nations Unies pour les partenariats internationaux (FNUPI) afin de souligner l'importance des partenariats avec les organisations de la société civile pour faire progresser les valeurs démocratiques (...). Son avantage comparatif est de soutenir l'environnement habilitant nécessaire pour que les institutions démocratiques déjà établies puissent fonctionner plus efficacement. Son rôle sera de consolider et de renforcer les institutions et les processus démocratiques, tels que les élections, la rédaction de constitutions ou le soutien aux médias pluralistes. Il jouera aussi un rôle essentiel pour promouvoir la participation de la société civile. Au niveau des pays, le FNUD apportera son soutien afin de renforcer la relation entre la société civile et les institutions officielles de démocratie : le renforcement du dialogue démocratique…
Nous réaffirmons que la démocratie est une valeur universelle, qui émane de la volonté librement exprimée des peuples de définir leur propre système politique, économique, social et culturel et qui repose sur leur pleine participation à tous les aspects de leur existence. Nous réaffirmons également que, quand bien même les démocraties ont des caractéristiques communes, il n'existe pas de modèle unique de démocratie et que la démocratie n'est pas l'apanage d'un pays ou d'une région, et réaffirmons qu'il faut respecter pleinement la souveraineté et le droit à l'autodétermination. Nous soulignons que la démocratie, le développement et le respect de tous les droits de l'homme et libertés fondamentales sont interdépendants et se renforcent mutuellement.*

http://mle.blogspirit.com mle_otabela@hotmail.com
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(*) Ce texte est de Amir Dossal Directeur du Fonds des NU pour la Démocratie et la titraille de Marie Louise Eteki Otabela sur une musique de Georges Brassens : le titre de cette chronique.

20.08.2008

Les Termes de Référence

POUR UNE ASSEMBLEE CONSTITUANTE
Voici ce que nous proposons au menu de cette rencontre qui se veut historique

C’est un document de treize pages (en comptant la page budget) dont l’objectif général est de mettre en place un cadre institutionnel d’expression de la souveraineté des Peuples camerounais. « Nous proposons de l’appeler l’Assemblée du Peuple Camerounais ». Il s’agit
de façon pacifique, de rassembler toutes les forces vives du pays, pour lui épargner des convulsions comme celles de nous avons connues en février dernier et ouvrir de meilleures perspectives pour notre peuple, cliquer ici ;Pluri 2.doc

19.08.2008

LA CHRONIQUE DU MARDI 19 AOUT 2008

Bakassi : pour une République Fédérale du Golfe de Guinée


cc02cbc2ed389933d2bf628a4a5098c3.jpgSitué au fond du Golfe de Guinée, le Cameroun est un pays béni des Dieux. Mais il n’est pas exagéré de qualifier sa situation actuelle de catastrophique car c’est l’impasse totale. On arrive encore au bout de 50 ans à interdire la tenue du Congrès de notre premier parti politique ! Nous avons justifié la tenue d’une Assemblée des Peuples camerounais au triple plan historique, politique et diplomatique dans le cadre de cette chronique depuis des mois. Un pluri acteurs de réflexion sur l’avenir de ce pays vient de paraître sur le Net. Au-delà de toutes les trompettes, ce qui vient de se passer à Bakassi, devrait malgré tout nous sortir de notre triangle national pour aller rechercher l’espoir aux fondements – économiques et culturels – d’un Etat Fédéral d’Afrique Noire comme disait Cheikh Anta Diop, le dernier des pharaons.

D’une souveraineté virtuelle aux objectifs très spécifiques

C’est un document de treize pages (en comptant la page budget) dont l’objectif général est de mettre en place un cadre institutionnel d’expression de la souveraineté des Peuples camerounais. “ Nous proposons de l’appeler l’Assemblée du Peuple Camerounais ”. Il s’agit, de façon pacifique, de rassembler toutes les forces vives du pays, pour lui épargner des convulsions comme celles que nous avons connues en février dernier et ouvrir de meilleures perspectives pour notre peuple. Il s’agit, en approfondissant les acquis de la démocratie, en renforçant les droits et libertés, en consolidant le dialogue politique et social et en améliorant les conditions de vie de nos concitoyens, de recréer l’immense espoir suscité par le processus de démocratisation dans les années 90 et trahi par la suite. Cela a été dit à plusieurs reprises, “ ce projet d’une Assemblée du Peuple n’est pas une conférence nationale souveraine déguisée ”. Il s’agit en définitive de trouver une solution consensuelle, globale, efficace et durable à la grave crise multidimensionnelle de notre pays car un transfert d’autorité ne suffit pas : pas plus à Bakassi aujourd’hui que sur tout le pays depuis 1960. L’enjeu primordial ici comme dit J-B. Sipa, c’est l’exercice réel de la souveraineté nationale.
La séance d’ouverture commencerait donc par Faire l’état des lieux : le fameux bilan de 50 ans d’indépendance évoqué tant de fois : par nos intellectuels de renom en 1997, par Me Yondo Black en 1999 en ces termes : “ Je propose qu’on commence par faire une sorte de bilan général. C’est un préalable à toute action politique significative dans ce pays. On ne peut pas en faire l’économie ”. Dans la même séance d’ouverture, il nous faudra envoyer un message fort pour que toutes les forces en présence comprennent que ce dont il s’agit ici, c’est de Renégocier notre souveraineté nationale “ confisquée à l’extérieur par la France et à l’intérieur par l’Etat camerounais ”. Et là, on s’attend à ce que des solutions appropriées, aux urgences et priorités signalées soient proposées.
Ensuite vient le traitement de l’épineux problème de la démocratie dans notre pays : la France estime qu’il faut y aller progressivement. Le régime RDPC parle “ d’approfondir les acquis ” que le pouvoir (et ses alliés de l’opposition institutionnelle) se fera un devoir de nous représenter. Les forces alternatives proposent elles d’Instituer un Etat de droit au Cameroun en vue de l’instauration d’un régime politique démocratique. Toute la difficulté est d’arriver à bâtir un consensus dynamique sur les principes essentiels fondant une bonne gouvernance politique ; une gouvernance économique de qualité, transparente et soucieuse aussi des intérêts nationaux ; une gouvernance sociale et culturelle performante au lieu de faire miroiter aux Nigérians, des droits que nous n’avons pas. Tout le monde sait que les Camerounais n’ont jamais eu à compter que sur leurs capacités personnelles. Françoise Mbango vient encore d’en faire la démonstration pratiquement contre notre Etat.
C’est là que la jeunesse a proposé une chimiothérapie. En sciences politiques, cela s’appelle une Assemblée Constituante…
Enfin, pour Réorganiser une société moderne et qui tienne compte des nouvelles forces sociales dans notre pays d’aujourd’hui non seulement cela passe par des mécanismes d’un dialogue périodique et pérenne entre, d’une part, le pouvoir et l’opposition et, d’autre part, le pouvoir et les partenaires sociaux, afin de créer les conditions du développement du pays dans la paix civile, la stabilité et la sécurité mais également par la Relance du processus de constitution des Etats Unis d’Afrique.

Trois projets de lois révolutionnaires

Les activités préconisées dans ces Termes de Référence tournent autour d’une triple thématique, celle-là même que nous proposons dans les colonnes de cette chronique depuis des mois à savoir les questions de la c607327535c16873a9b9595fb7f361fd.jpgsouveraineté nationale, de la transformation de la nature de l’Etat camerounais et celle de la modernisation de notre Société. Aussi les projets de lois y afférant sont formulés en termes d’Abolition du décret français instituant le néocolonialisme au Cameroun. Ce serait le fameux signal fort dont nous sommes en droit d’attendre la constitution d’une Assemblée Constituante, la garantie de cette Souveraineté par l’avènement d’une autorité supra nationale dans le cadre d’un Etat fédéral du Golfe de Guinée, la renégociation des Accords de Coopération (intérieurs et extérieurs) ainsi que la tenue des Etats généraux de l’économie camerounaise.
Le projet de loi sur l’ Abolition de l’Etat totalitaire et du totalitarisme devrait entraîner l’institution des libertés civiles et politiques comme droits inaliénables de la personne ; la transformation de l’Etat totalitaire en régime démocratique devrait régler de la question des pouvoirs présidentielles… du statut des partis politiques évoquée récemment dans le rapport de l’ONEL , du statut des forces de l’ordre, des questions fondamentales qui ne sont pas abordées actuellement dans le document ni dans cette section ni dans le cadre méthodologique et organisationnel, probablement pour des raisons stratégiques. Bien entendu, il y est question aussi de l’Institution d’un corps judiciaire indépendant ainsi que le projet qui a suscité dans d’espoir depuis les années 90 à savoir, la création d’une CENI suivi d’un nouveau calendrier électoral.
Très attendus également la nouvelle société camerounaise avec le projet de loi sur l’Abolition des tribus et du tribalisme à la cérémonie des Autorités des premières nations qui devrait consacrer l’adoption de la Déclaration universelle des droits des femmes et des citoyens histoire de ressortir le projet du Code de la famille et des personnes des tiroirs de la république. C’est dans cette section sur la Société que se trouve instituée une armée citoyenne (de métier) et la suppression des polices politiques et des forces répressives, avec l’adoption des lois sociales (école gratuite, santé gratuite, sécurité sociale, salaire minimum social, etc.) et la réhabilitation des anciens combattants pour l’indépendance nationale et l’institution de la célébration de la mémoire de nos héros nationaux.

Assemblée des peuples : et si Bakassi était le signal ?

38fd58ae9d4e865a88b2bddf6898d44d.jpgAvec un tel programme c’est certain nous n’aurons pas trop de trois mois pour régler les questions de logistique et d’organisation. Du profil du président de cette assemblée à celui des présidents des différentes commissions. Ce qui est sûr c’est que tout Curriculum qui se propose de gérer ces débats, devra faire autorité sur la question soit par ses publications, soit par ses réalisations professionnelles de portée nationales. Pour le reste, le Comité national de pilotage du projet qui sera mis en place et qui va probablement convoquer cette Assemblée le 13 septembre prochain, a la lourde responsabilité de régler l’épineuse question du financement car de cette dernière question dépend, la mobilisation de l’opinion publique nationale et internationale ainsi que les modalités de participation des milliers de représentants des peuples camerounais à cette deuxième Assemblée des Nations unies. La dernière leçon de Bakassi, c’est que nos peuples se passent aisément des présidents actuels quand les enjeux sont d’importance continentale.

12.08.2008

CHRONIQUE DU MARDI 12 AOUT 2008

A-LL-EZ les Femmes!
846635497b60972436840d9071708970.jpgJe ne parle pas des sportives. Les spécialistes s’en chargent. Nous, nous étions déjà à Beijing : 1995, personne n’a montré nos belles jambes. Ce fût pourtant un sacré marathon toutes ces réunions, tant de rencontres, tant de discussions, de débats, de sourires, tant de travail, d’adresses échangées et de promesses d’essayer de rester en contact. Tout ça pour rien ? Nous n’avons pas eu droit à une fête grandiose. Encore moins aux médailles. Alors nous avons imaginé Pana polis, un festival Panafricain de la politique. Ça devait se passer au Cameroun en l’an 2000 : il y a 8 ans ! Hélas, le Cameroun n’est pas la Chine mais elles reviennent dans le peloton de tête avec l’Assemblée des Peuples. Parfum de femmes.

Un multinational nommé désir

Depuis des décennies, nous caressons l’espoir d’un grand Forum dans lequel les femmes parviendront à mettre en place des mécanismes qui peuvent privilégier l’avènement d’un projet féministe de société. On a tout essayé : Mexico, Nairobi, etc.…Rien. Absolument rien : les femmes sont toujours aux prises avec un genre de problèmes bf9cba2642a4374325eb16cfddce7a9d.jpgspécifiques : petits projets de développement, respect des quotas, promotion de la femme, violence faites aux femmes, santé reproductive. Vous connaissez un seul pays au monde où l’un de ces problèmes a été résolu ? Simone avait identifié un deuxième sexe : c’est devenu égalité de genre à généraliser. Françoise nous trouve des financements mirobolants tous les jours mais ce n’est jamais pour des entreprises initiées par les femmes, toujours les petits projets de développement ! L’ALVF n’en peut plus de lutter contre les violences faites aux femmes mais jamais, au grand jamais on ne dira qu’il s’agit d’une répression féroce et institutionnalisée contre les femmes.
Le temps n’est plus à l’identification ni à la reconnaissance de nos besoins. Nous avons fait tout ça toute notre vie. Raz le bol des séminaires de formation, et de renforcement de nos capacités. Marre de l’apprentissage du leadership au féminin ! Cela fait des décennies que nous étudions, analysons, synthétisons, et consultons. Des années que nous menons des luttes spécifiques sur la violence, que nous avons des conseils sur nos droits, sur notre statut dans la société traditionnelle avec la question des pratiques de veuvage. Les Eglises font semblant de découvrir ces pratiques monstrueuses. Vous allez voir, on va nous faire le coup de la mère Yao : qui ne savait pas que les femmes souffraient tant ! Quelle hypocrisie la curée, tout de même.
Est-ce que vos filles aussi devront lutter pour hériter de la terre de vos ancêtres, nos ancêtres aussi soient dits en passant. Elles devront toujours lutter contre la polygamie ? Pour quoi aucun homme ne se souvient jamais de l’oppression de sa mère ? Ces femmes qui ont souvent joué les mères pélican : s’ouvrant le ventre pour que ses enfants se nourrissent de ses boyaux…Ils ont été jusqu’ à renvoyer le Code de la famille aux calanques Grecques parce que les femmes juristes ont dit : Niet : la meilleure petite, épousée sur le tard, n’héritera que des biens et richesses qu’elle a contribué à produire !

La mère pélican

Aujourd’hui, avec la tenue de cette Assemblée des peuples, nous devons décider comment gérer toutes ces préoccupations dans une société moins oppressive pas seulement pour nous, mais aussi pour tous les Camerounais. Nous sommes tous d’accord que le Cameroun va mal. Tout ce qui a été préconisé jusqu’ici, imposé ou non, ça n’a pas marché. Que faut-il faire pour convaincre les hommes de ce pays, qu’ils comprennent, acceptent d’essayer autre chose. Un pays ne se transforme pas à coup de petites retouches : il nous faut une perspective, une grande idée. Mao avait fermé le Chine…Les femmes ont eu l’immense générosité de renoncer au pouvoir pendant des millénaires. Et si elles y revenaient au Cameroun ? Voilà une grande idée. Une véritable grande ambition !
11f1e8fe22e661d97058a77ffb296c30.jpgNous pensons sincèrement que les femmes, de par la vision différente qu’elles ont de la vie, peuvent bâtir une société moins oppressive et permettre la résolution de bien de nos problèmes d’aujourd’hui sans trop de dégâts. La notion de rupture fait peur en politique. On voit des convulsions et des flots de sang dans tous les sillons. Mais les femmes gèrent les ruptures tout au long de la vie : rupture tous les mois, elle régule la vie avec le sourire. Rupture de la poche des eaux : elle donne la vie tous les neuf mois. Rupture d’un contrat de mariage : pour elle c’est toujours plus qu’un contrat…Rupture tout court : c’est parfois pire qu’un tremblement de terre. Mais la vie doit continuer. Il faut couper le cordon ombilical. Qui se souvient en avoir jamais souffert : tout un art !
Elles se pencheraient réellement sur les problèmes des gens : elles sont si terrer à terre parfois ! Elles remettraient à l’honneur la notion de solidarité, elles préconiseraient l’harmonie plus que la puissance, la diplomatie plus que les armes. Que de guerres seraient évitées et des vies préservées: Dieu que la terre seraitbelle. Porté par les femmes (elles ne vous le diront peut-être jamais…) qui constituent – parait-il 52 % de la population, ce projet de société est sûrement très menaçant pour l’ordre établi puis que depuis des années nous assistons à toutes sortes d’attaques sournoises mais en règle contre le mouvement des femmes.

Pour un Cameroun au féminin pluriel

Chez nous, ils se proposaient de « barrer la route à ce mal naissant » dans les années 80. Mais le « mal » a persisté. Du coup, ils veulent le tuer tous les jours :
765feea77730be53021dc2a5d529eab8.jpgLe féminisme est mort, ou n’a plus de raison d’être puisque vous avez même un ministère ! Eux ils en ont 59 mais on ne va pas commencer les comptes d’épicerie. On risque d’atterrir sur le nombre de victimes de l’opération Epervier …Le temps presse, urge même, de réagir. Des solutions nous en avons. Elles se trouvent dans tous ces rapports sur lesquelles nous avons travaillé depuis nos nombreuses décennies, quand nous étions les seules cibles du « développement ». Elles vont se compléter les unes les autres et se confronter. Nul doute qu’au sortir de cette Assemblée, nous les femmes venues de toutes les provinces du Cameroun et de tous les milieux, nous aurons sinon un autre Cameroun du moins un bout de monde meilleur. Pour remettre le Cameroun à l’endroit il nous faut apporter notre touche à ce qui peut être un grand moment de l’histoire de notre pays pour accorder au moins le Cameroun au féminin pluriel.

Marie Louise Eteki Otabela

http://mle.blogspirit.com mle_otabela@hotmail.com

Post-Scriptum : Les T de R de ce pluri-acteurs réflexion vous arrivent en PDF cette semaine. N'oubliez pas de signer la pétition!

05.08.2008

L' arme fatale: la tribu

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Au commencement, il y avait les sauvages. C’est comme ça que les Blancs nous désignaient, nous tous, les africains, les indiens d’Amérique, et ceux d’ Asie, bref les gens différents d’eux et qu’ils vont découvrir au fil de l’Histoire. Or nous savons tout de même aujourd’hui que : « c’est dans le contexte des relations qui s’établissent entre les communautés humaines diverses, à la suite de conquêtes, de migrations, d’annexions que l’humanité des autres devient ethnicité ou tribalité »*.

De la démocratie apaisée

Il paraît que ça fait plus moderne de parler d’autochtonie. Nous sommes donc partis des individus possédant l’essence ethnique, c'est-à-dire une culture qui se manifeste uniquement en termes de coutumes et des traditions alimentaires, vestimentaires, artistiques, folkloriques, etc. Franchement de ce point de vue-là, je ne vois pas la différence entre l’homme bamiléké et les autres « l’homme » dans notre société. Tous sont capables de bien tenir la machette… n’en déplaise à François Soudan et ses nouvelles radios -mille collines !
Et Dieu créa donc les tribus. Puis qu’on partait de si loin, qu’il fallait bien évoluer, au bout de quelques siècles à opposer une définition an- historique du « vrai Douala », ou du « vrai Béti », une sorte de modèle figé à partir duquel, il était facile d’exclure ou de cantonner dans l’anormalité, toute personne n’exhibant point les qualités véritables de son groupe ethnique, on parla des minorités ethniques mais du peuple québécois. Malheureusement pour eux, la thèse du développement de l’évolution des systèmes politiques de ces minorités ethniques, du stade « traditionnel » vers le stade moderne ne s’est pas réalisée : ce processus de modernisation qui devait constituer l’une des données centrales de la vie politique contemporaine n’a pas eu lieu.
Pour la gloire de l’Etat autoritaire en néo colonie, il a fallu inventer des missions inédites: unir les tribus d’une part et assurer le développement (séparé, évidemment) d’autre part. Ils appelleront cela l’unité nationale des tribus occupées à la construction nationale. Ainsi après avoir posé la nécessité du parti unique et celle d’un Etat fort pour la réalisation de ces missions, la revalorisation de notre l’historicité va se faire à travers deux démarches : celle qui va rendre nos Etats responsables de l’échec de « la politique par le haut ». Elle avait tenté de donner un contenu positif à « l’autoritarisme » qui va réduire nos sociétés aux « politiques par le bas… » et une certaine visibilité aux modes populaires d’action politique. Au bout de 50 ans, ils sont bien obligés de reconnaître le double échec là- aussi de cette «débilité» d’ Etat.

Au raffinement de la Démocratie

Alors aujourd’hui, on nous sort du chapeau une démocratie tellement raffinée qu’elle va passer son temps à nous expliquer pourquoi malgré un discours basé sur le développement économique, l’Etat au Cameroun se charge en réalité de la destruction systématique des entreprises camerounaises alors que, parallèlement les entreprises étrangères connaissent chez nous , dans la même période , une expansion illimitée ; pourquoi, alors que tous les Etats de l’Organisation des Nations Unies assurent à leurs peuples à la fois des droits inaliénables attachés à chaque individu, des droits économiques et sociaux et le droit de disposer de lui-même à chaque peuple de la terre, nous, nous avons du renoncer aux libertés fondamentales, aux droits de la personne dans notre pays pour célébrer officiellement- pour la première fois, en ce mois d’Août 2008- les droits des minorités et des peuples autochtones… Pourquoi nos sociétés ne fonctionnent pas comme les autres ?
Nous avons assistés, impuissants à la destruction de nos capacités d’agir, à la fin de toute conscience morale au profit de l’immoralité : on se débrouille! Dans les administrations, du planton au ministre : on se débrouille. Dans nos pseudo usines, nos enfants (23, 43 ans !) sont broyés: il faut bien qu’ils se débrouillent. Dans les taxis, en ben skin, les femmes se font agresser tous les jours : chacun se débrouille. Ils appellent ça « l’insécurité ». Transport urbain, interurbain, ils n’y connaissent rien. Pour eux, aménager une ville c’est casser tout ce que l’on a d’abord laissé! Même le président (à vie) a failli y passer. Il n’avait qu’à ne pas appeler son avion l’Albatros : ils lui ont coupé les ailes ! Tu restes même dans ton village, l’insécurité vient t’y trouver: coupeurs de route, inondations, bière « 33 »…Même la lutte contre le sida !
Nous avons admis, trompés, l’abolition des libertés fondamentales dans ce pays au profit d’un corpus de lois, un arsenal de textes et de structures juridiques inextricables. Et tous les jours on en invente de nouveaux. La maîtrise du processus électoral, nous dépasse : on créé l’ Onel. Tout le monde reconnaît que ce grand « machin » ne sert à rien ? On créé Elecam. Même la Communauté internationale crie « au baudet ! ». A coup de milliards, on finance un soi-disant fichier électoral informatisé : là alors c’est la catastrophe : mon fils s’y trouve né avant son père ! Taux d’abstention record : on aurait mieux fait de continuer à garder nos vaches. Les voix électorales ça ne se compte pas à coup de têtes de bétail. Voilà que pour distraire la galerie, on ressuscite un mort : son testament propose enfin (!) le vote de la Diaspora (de Sarkozy) comme par hasard. Les médias oublient de nous annoncer la proposition la plus importante de ce rapport : l’interdiction des autres partis politiques. Ceux qui ne sont ni à l’Assemblée par décret ni sur le terrain communal confisqué par le RDPC et ses acolytes. Nous sommes revenus à la case Foccart…comme dirait l’autre.

Et toujours le même président

Nous concevons aujourd’hui la destruction de nos identités individuelles au profit d’une identité ethnique ! Bilao Ayissi a rompu la loi du silence : il ira peut-être en prison ou en tout cas, ils vont le lui faire payer… et alors ? Pour avoir exigé l’indépendance de son pays, Um Nyobè a bien été assassiné en forêt Bassa avant lui, un 13 septembre 1958 et Rudolf Douala Manga Bell, fût exécuté sur la place publique encore bien avant, le 8 Août 1814…pour avoir exigé la restitution de son territoire. Quand je dis que nos morts à Bakassi depuis six ans, c’est aussi la faillite d’un régime politique, incapable même d’avoir une diplomatie efficace, on me répond que je politise tout !
Quand est-ce que nous allons arrêter la méthode coué qui consiste à gérer un Etat- fiction ? L’Etat camerounais a accompli la vocation qui lui était assignée dans le cadre du système capitaliste mondial : il ne devait pas seulement, « encadrer », contrôler la force de travail depuis l’Indigénat: il doit pulvériser les forces productives au Cameroun tous les jours à coup de corruption et de décrets. Et c’est moi qui serai « anarchiste » ? Le premier Egocrate a abolit les libertés fondamentales pour instaurer la terreur comme mode de gouvernement. Son illustre successeur a fait sombrer le Cameroun tout entier dans la désolation, l’autre face de la terreur. En privant les citoyens et les citoyennes de ce pays d’une place dans le monde, c’est l’anéantissement réel ou symbolique du tissu social qui est constitutif de notre humanité que ce régime s’acharne à détruire.
Aussi lorsque je dis que nous devons tenir une Assemblée des peuples camerounais avant la fin de l’année, lorsque je dis que cette Assemblée doit être convoquée le 13 septembre…et que probablement, elle aura une session constituante, pour la restitution de notre Souveraineté, pour l’institution d’un Etat de droit et pour penser la tribu avant d’abolir le tribalisme, c’est moi que l’on met au défi : on attend de voir de quelle Autoch(é)tonie je me chauffe**.

Marie Louise Eteki- Otabela

http://mle.blogspirit.com mle_otabela@hotmail.com

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* (D. Juteau-Lee, citée dans Eteki-Otabela, 2001 : p.152)
** Dans tous les cas, nous avons battus le record des visites dans notre blog en juillet :1188 !!!

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