29.07.2008

J'autorise l' ONU

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Nous trouverons des techniques pour éviter le chantage. Nous sommes actuellement une multitude de faibles; n'oublions pas qu'une multitude de faibles réunie peut vaincre une grande force surtout si elle est de Satan. Face au manichéisme du monde, le mal fait des horreurs, se pavane et le bien fini toujours par l'écraser. Notre cause est juste parce que nous refusons tout simplement de mourir debout. Ce n'est pas aujourd'hui qu'ils nous tuerons car ils nous ont tué depuis longtemps. Nous allons trouver des techniques pour éviter la corruption… Continuez à croire que nous réussirons. C’est un Jeune Camerounais, Raphaël T. Il m’écrivait il y a une semaine à propos de l’Assemblée des Peuples et il terminait son message en me disant : merci maman !

Des techniques pour éviter le chantage à l’ordre public

Comme vous le savez l’ordre public a une bien curieuse signification au Cameroun. Si vous touchez soit aux intérêts français, soit au régime politique, vous tombez sous le coup de troubles à l’ordre public et parmi les « mesures légales » et les moyens légaux qui s’imposent alors , les autorités administratives ont le pouvoir de suspendre les libertés fondamentales ( !) , circulation des personnes et des biens, d’ arrêter les personnes et les biens, de requérir les forces de police et de gendarmerie, d’emprisonner (mesures de garde à vue de 15 jours renouvelables…) et surtout le droit d’utiliser les armes seulement si on leur tire dessus en premier : allez donc expliquer qu’aucun de nos enfants n’était armé et par conséquent ne pouvait tirer sur les policiers ! Pire, il fut un temps où entrer par effraction (vol) dans l’enceinte portuaire (territoire français au Cameroun ? !) était puni de peine de mort. Mais ça la loi de 90 ne l’évoque même pas…
Alors il nous est revenu en mémoire ce texte d’Abel Eyinga, expliquant en trois raisons l’attitude singulière de l’ONU dans l’affaire camerounaise : le revers que la France venait d’essuyer au Togo- en essayant d’organiser une véritable élection-, l’arrivée au pouvoir du Général De Gaulle dont l’un des objectifs était la reconstruction de la grandeur de la France…et comment l’ ONU abandonna les Camerounais à la vindicte française : ils seront massacrés par milliers et ça n’a pas arrêté depuis 50 ans. Or l’Accord de tutelle stipulait en son article 5 que : l’autorité chargée de l’administration pourra…procéder, le moment venu, aux consultations appropriées, en vue de permettre aux populations locales de se prononcer librement sur leur régime politique et atteindre les fins ( de développement et d’administration) définies par l’article 76 de la Charte des Nations Unies.
Il est dit expressément dans cet article que l’une des raisons d’être du régime de tutelle c’est « favoriser l’évolution progressive des populations vers la capacité à s’administrer elles-mêmes (c'est-à-dire l’indépendance) compte tenu des aspirations librement exprimées des populations intéressées » Ces aspirations ne pouvaient être clairement inventoriées qu’à l’occasion de consultations électorales libres et loyales. Or l’administration coloniale française ne se caractérisait guère par l’organisation de telles consultations ; d’où la nécessité d’un contrôle. Le gouvernement français avait lui-même reconnu qu’il revenait aux Nations Unies d’assurer ce contrôle. Voilà pourquoi, un demi-siècle après nos termes de référence pour une assemblée des peuples camerounais commencent par : j’autorise l’ONU…

Des techniques pour éviter la corruption

C’est donc parce que les Occidentaux portent une lourde responsabilité dans l’institution de l’Etat au Cameroun que nous pensons qu’il faut replacer ce projet d’assemblée sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies. Mais il faut rappeler également ici que dans les années 50, il ne s’agissait déjà plus des seuls intérêts français au Cameroun. L’Amérique nous refusa la démocratie et préféra promouvoir le « développement d’abord » dans les pays africains. Dès lors se met en place une sorte d’idéologie du développement : à travers des décennies de concepts (tel celui de mise au travail ou encore celui de l’aide ) de programmes, d’agences publiques et privées, et surtout une production effrénée de projets qui se déclinent aujourd’hui dans des ONG de… développement pour nous aider à supporter le non développement.
Nous n’avons donc pas oublié que l’impérialisme s’oppose méthodiquement au développement de nos pays, les spécialisant dans la production et l’exportation des produits primaires, conservant jalousement la maîtrise des technologies et des produits essentiels et prenant prétexte de l’endettement du tiers-monde pour lui imposer, via le FMI et la Banque Mondiale, des politiques d’austérité draconienne, les fameux PAS. Le développement n’est alors qu’une procédure de maintien du statu quo à l’échelle internationale qui passe par l’extension des rapports pervers de production. Ce n’est pas une question de dignité comme le prétend un drôle de texte que nous avons reçu cette semaine : « Nos politiciens ont démontré leur incapacité à nous donner ce dont nous avions besoin pour vivre comme des personnes dignes... ». Par contre ce sont « les européens qui ont compris en mettant en notre disposition de moyens financiers qui nous permettraient si nous nous mettions au travail…de montrer aux yeux du monde que nous sommes des travailleurs, que nous sommes prêts à nous mettre au travail … Levons nous et mettons nous au travail » !
Discours de mise au travail, d’aide au développement, les Occidentaux ont reconnu eux-mêmes la bêtise, l’échec de ces politiques. Puis ils ont tenté de refiler le bébé aux chefs d’Etat africains avec le fameux NEPAD… et maintenant ce sont nos apprentis politiciennes qui proposent de nous sauver avec « le PACDEV » (le Pacte Africain pour le Développement) parce que les fonds ne transiteront plus par leur canal. Alors nous avons dû réaffirmer avec force dans nos termes de référence que : la corruption n’est ni une question de dignité, ni une question de moralisation des mœurs politiques : c’est la façon dont nos économies nationales sont impliquées dans le mode de production néo-impérialiste aujourd’hui. Voilà pourquoi les véritables solutions économiques à nos problèmes passent par le : j’autorise l’ONU…

Des techniques pour ne pas tomber dans le piège du tribalisme

Ce sera certainement un des débats les plus houleux de l’Assemblée des Peuples camerounais. Comment arriver à un projet de loi interdisant le tribalisme, faudra-t-il abolir les tribus ? Deux thèses s’affrontent ici : d’une part, les tribus sont une réalité ; à preuve, chaque Camerounais se sent d’abord d’une tribu et toute notre vie nationale est organisée depuis plus d’un siècle sur la base ethnique. D’autre part, les ethnies ont une histoire ; cela signifie qu’elles ont été fabriquées à des fins de domination et comme nous sommes socialisés à l’ethnie dès notre tendre enfance, il devient absolument impensable pour nos concitoyens que l’on puisse en sortir un jour. Nous aurons donc nos deux cent pétitions…
Pourtant nous savons que le gestion française du Cameroun après la seconde guerre mondiale était basée sur un certain nombre de principes racistes qui avaient été explicités dans le programme politique du parti nazi au pouvoir en Afrique du Sud dans le cadre de la politique raciale dite « d’apartheid » après l’échec des nazis en Allemagne en 1944 (Kum’à Ndumbè, 1973) : « une organisation administrative du territoire sur la base ethnique pour mettre fin au processus de détribalisation » : les tribus détruites devaient être reconstituées ! C’est à partir de cette politique de fixation des tribus que va se concevoir toute la politique camerounaise : d’abord celle de l’impérialisme français, puis celle de l’Etat camerounais. Là aussi, nous sommes bien obligés pour en finir avec le tribalisme de sortir de nos tribus et de dire chacun de nous : j’autorise l’ONU…

Marie Louise Eteki-Otabela

22.07.2008

De la difficulté des chefs d’Etat africains à partir

Nous en étions à peine à nous demander quel mode de recrutement mettre en place pour la désignation de nos chefs d’Etat : démocratique, type de scrutin, Comité électoral indépendant, les cartes d’électeurs, les urnes, la transparence, le recensement et autres instrumentations permettant d’avoir l’illusion d’objectivité et d’équité, que déjà apparaît avec acuité cette réalité qu’il est difficile pour ne pas dire impossible de faire partir un président en Afrique sans drames. Car enfin, comment mettre un nouveau alors que l’ancien ne peut pas céder la place!

La politique assassinée

1e0345daf424d5ebca7d8b5a04b9598c.jpgC’était un éditorial de René*, il y a 8 ans. Il racontait l’histoire de nos républiques du Sud qui ne nous ont pas donné l’occasion de tirer des leçons par l’exemple ou de faire jurisprudence. Faut-il croire que chez nous la corvée du pouvoir soit si passionnante qu’aucun de nos chefs ne veuille partir ? Nenni. Si par lassitude ou un autre motif, l’envi leur en prend, ils trouvent sur leur chemin la barrière hérissée de mille sagaies : de leurs proches immédiats ou lointains, leurs frères du village se sentent orphelins, tous les margoulins et autres cercles étroits de profiteurs. Tout ce monde et demi-monde se sent désemparé et se mue en tueurs même de leur chef lui-même pour ne pas être découvert et perdre leurs privilèges. René citait alors quelques-uns qui ont eu la tentation du pouvoir chez nous : grand mal les en a pris. Le Pouvoir n’est jamais un lieu vide…et on le sait toujours assez tôt.
Une autre fois, c’est le bon peuple qui en a marre, veut changer de chef parce qu’il ne s’y retrouve plus ou pas. 82b926a171e968257d52a10d6c922a77.jpgAucun recours n’est prévu dans leurs institutions, et la seule impossibilité qui leur est offert est la descente dans la rue crevassée, face aux armes assassines des commandements opérationnels. On soupçonne depuis quelque temps (exemple du Sénégal : encore !) qu’un peuple politisé et une opposition responsable, peut, par les urnes changer le cours des choses. Diouf au Sénégal a eu la tentation de la mauvaise foi, il a compris qu’il vaut mieux négocier sa sortie. Parce que de cette manière non plus, la sortie n’est pas facile - Wade l’expérimente à son tour aujourd’hui - : les horreurs commises durant leur règne contraignent nos chefs à vouloir une immunité garantie pour leur après-règne. Mais qui peut le leur assurer ? Les pauvres, je les plains : ils sont coincés et ne peuvent faire autrement, condamnés à se succéder éternellement à eux-mêmes…C’est l’enfer.
Une autre fois, ce sont leurs parrains, les Français, les Anglais, les Américains…etc qui commencent à douter de leur capacité à garantir leurs intérêts. Il y a des incompétents mous, des incompétents trop durs, je ne cite personne. Le résultat pour leurs parrains est le même. Ils ne sont plus efficaces ni solvables, ou tout simplement ils ont des velléités d’indépendance. Il faut les changer. Mais selon les principes simples tels qu’un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, on ne sait par qui remplacer nos chefs. Mobutu, on a du le doper jusqu’au dernier souffle et l’envoyer au charbon, alors qu’il n’en pouvait plus.


L’apartheid économique institutionnalisé

De toutes les manières, nos chefs sont les seuls à être obligés de ne défendre que le parti de l’étranger ; ils sont les seuls à être chef d’un Etat uniquement au profit d’un autre. Et s’ils ne le font pas, ils sont morts. Nous nous demandons parfois si nous devons leur en vouloir ! Ils nous font mal. Mugabe a essayé de défendre l’intérêt des siens, du temps de la Rhodésie Blanche : qui s’en souvient aujourd’hui ? Maintenant, pour la répartition des terres, l’Occident blanc et chrétien…l’a condamné ; quelques frères Noirs ont repris le relais en chœur et c’est l’amalgame total. Nous décrivons toutes les tares de l’individu Mugabe- nul n’est parfait (tous les vieux nègres n’ont pas que la médaille en partage : ils épousent souvent aussi les meilleures petites…) pour expliquer pourquoi, il ne peut pas défendre une cause juste pour les noirs. Même les Anglais ont dû mettre un bémol (en virant Blair ?) dans leur invective, promettant de financer la réforme agraire promise depuis 20 ans ! Mais avant, ils ont traité Mugabe de raciste : si Mugabe est raciste que sont les Anglais ? Les Blancs pensent toujours – naturellement- qu’ils peuvent faire l’économie de la réparation de tous les crimes qu’ils ont commis contre notre humanité. Et ça continue.cfb8d5ec20e80b7c86c311223e9d7548.jpg
“ L’aluminium va certainement remplacer le pétrole comme notre source première de recettes d’exportation ”déclarait Célestin Ndonga, conseiller technique au ministère des mines, l’année dernière. Hydromine Inc bénéficie de deux permis d’exploitation exclusive de la bauxite dans les régions de Minim Martap et Ngaoundal. La manière cavalière dont cette entreprise a été créée en Août 2004 dans le Delaware, sans objet social précis, démontre d’avantage que Peter Brigger est utilisé comme un individu écran de M. Biya, dont il serait par ailleurs l’agent immobilier en Suisse. L’entreprise Hydromine n’est rien d’autre qu’une boîte à lettres, dont le gouvernement camerounais se sert pour attribuer l’exploitation exclusive de la bauxite camerounaise à Paul Biya et sa descendance. Cette entreprise n’a pourtant aucune expérience connue dans le secteur des mines. L’entreprise dont le Cameroun attend son développement économique a pour siège social la chambre d’un immeuble de New York ! Et cette entreprise est supposée investir 5 milliards de dollars à partir de l’an prochain (c'est-à-dire cette année) au Cameroun ”. Alors on peut bien se gausser des partis politiques qui tiennent dans une cabine téléphonique.

Et toutes les polices de France et de Navarre à nos trousses

Au Cameroun en ce moment, non content de contrôler toute la société par les sectes, ils nous ont fabriqué un nouveau crime contre l’ Etat qui s’appelle l’insécurité pour amener Biya à durcir un régime que finalement ils trouvent un peu mou depuis 1984…Un de ces jours, c’est sûr et certain, nous aurons nos 800 morts (déjà 100 en février dernier on est bien parti). Mais en attendant, nos milliards financent ces sectes ou partent en fumée. Pendant qu’on assassine toute velléité d’alternance, les escadrons de la mort bousillent nos enfants, juste pour que le peuple se tienne tranquille.
Et on nous fait croire que les affaires reprennent au Cameroun. Quelles affaires pour un peuple qui vit au-dessous du seuil de la pauvreté ! Fini le semblant d’économie pénitentiaire baptisée “ informelle ” avec laquelle on a trompé les populations pendant un demi-siècle. Il n’y a plus rien. Ni eau ni électricité, ni routes ni logement sociaux. La spéculation immobilière bat son plein. Ni santé en l’an 2000 ni réforme de l’éducation. Ni Cameroon Air Lines, ni Intercity : on a oublié la Sotuc ! Que reste-il aujourd’hui du Cameroun ? Des vieux bus rafistolés et des ben skins ! “ N’est-il pas temps, de procéder à une répartition des ressources – ou ce qu’il en reste- par unités administratives selon une critériologie à définir ? se demandait Valentin Zinga dans un journal de la place. Au lieu de nous harceler nous et nos enfants, ceux et celles qui ont la moindre volonté de prendre des distances vis-à-vis de ce régime. C’est l’acharnement : on enlève les compteurs, on simule les vols intempestifs, on ressort les vieilles taupes du trou juste pour nous empêcher de survivre. Mais on survivra.

15.07.2008

Il pleure sur mon peuple

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Il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville. Célèbre poème de Verlaine qui me value un quinze sur vingt jadis en dissertation, avec cette remarque : hors sujet ! En fait j’avais compris : il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la vigne. Ce n’était pas encore le français facile et je me suis prise d’une folle passion pour une malheureuse feuille de vigne dont le destin était de subir les assauts interminables d’une goutte de pluie. Si je vous raconte cette histoire ce n’est ni pour vous parler de Douala sous la pluie au mois de juillet ni pour vous raconter Yaoundé pris dans l’orage et la tourmente d’aménagement de son Délégué du gouvernement. Simplement pour revenir à la charge à propos de ce projet d’Assemblée des Peuples camerounais. Récit des Termes de Référence.

De la Souveraineté nationale

Il était une fois, un pays nommé Cameroun. La situation de ce pays était celle de tous les pays africains. Décrite tant et tant de fois qu’on ne vous apprendra plus rien que vous ne sachiez déjà. Nos amis Sénégalais qui ont la bouche sucré ont résumé cela en disant tout simplement : le pays va mal. Ce constant est à la fois unanime et accablant. L’écrasante majorité des Camerounais en souffre quotidiennement et le déplore : moi, j’ai un marché de beignets installé devant ma porte… Ils ont décrit alors tous les secteurs de l’activité nationale et ils ont conclu que la situation est grave et préoccupante. Leur pays, mais le nôtre aussi, est en danger et son avenir hypothéqué. N’allez donc pas dire que nous exagérons quand nous, nous parlons d’une impasse totale et catastrophique.
La conception de nos « assisses nationale » se fait dans une démarche participative qui tente d’associer différentes composantes de la « nation ». C’est à partir des rencontres qui ont eu lieu sur les problèmes du pays et sur la nécessité de trouver des solutions que nous avons bâti un plaidoyer pour tous les secteurs de la vie nationale. C’est donc à la lumières de toutes ces expériences et expertises face à la crise globale et multiforme que traverse le pays, que nous proposerons la convocation de cette Assemblée des peuples, comme solution concertée, consensuelle, efficace et durable pour sortir de cette crise multidimensionnelle. Cela relève de notre souveraineté nationale.
Comme nos frères Sénégalais, notre objectif est de rassembler toutes les forces du pays (les forces vives au pouvoir et les forces alternatives de l’opposition), pour lui épargner des convulsions inutiles et ouvrir de meilleures perspectives pour le peuple. Ils ont parié sur
l’intelligence, la sagacité, l’expertise et la détermination des gens comme nous. Il n’y a rien là qui peut nous dépasser. Il s’agit d’investir de l’intelligence, c’est la chose la mieux partagée dans la république et qui a fait notre renommée ; de l’énergie, nos jeunes en ont à revendre pas seulement pour casser les biens « d’autrui » ; la volonté politique peut-être nous fait défaut aujourd’hui…C’est pour cela que nous avons appelé les femmes à la rescousse et du coup, ça prend le courage de sortir des sentiers battus pour faire la politique …autrement.

De l’Etat de droit

Nous l’avons dit la politique est une dimension de notre être au monde. Il ne s’agit donc pas pour nous de jouer à cache-cache avec le Pouvoir ni de raconter des histoires à dormir debout à notre peuple. L’assemblée des peuples ne sera ni une conférence nationale souveraine déguisée : l’opposant principal a été laminé : réduit à des interdictions médiatiques… ni une entreprise de subversion même si certains d’entre nous étions étiquetés subversifs à 20, 30 ans…et encore moins un complot puisque l’armée a été réduite aux marchés fictifs et que « les messieurs 10% » s’entretuent pour le partage des miettes qu’on leur jette ! « Honneur et fidélité » c’est du passé. Avec l’honneur perdu de…Katharina Blum, (vous connaissez ?) même la fidélité n’est plus que l’affaire des femmes.
Alors elles proposent que cette Assemblée des peuples soit un moment fort où la nation avec toutes ses composantes, renoue avec le dialogue. Une centaine d’organisations a été identifiées sur des milliers de structures : depuis les partis politiques, les associations de la société civile, et opérateurs économiques, les organisations syndicales des travailleurs, celle du monde rural ; toutes sortes de mouvements associatifs, des femmes aux sportifs ; les organisations professionnelles, les corps de métiers, les personnes âgées, les gens des Eglises, les mouvements des jeunes des élèves aux étudiants, en fait tout secteur organisé de notre vie nationale sans oublier les intellectuels de renom et autres personnalités sur une liste qui reste ouverte bien entendu.
Nous sommes un Etat dans lequel une seule personne a tous les droits. Nous voulons instituer un Etat dans lequel chaque Camerounais, chaque Camerounaise aura des droits inaliénables non seulement énoncés mais des droits garantis par l’institution d’un certain nombre de mécanismes qui fonctionnent. Pour le moment seul le président de la république s’est taillé une Constitution qui lui assure non seulement des droits- d’où il tire une puissance absolue…mais aussi une Constitution qui lui garantit l’impunité in vitam aeternam. Cela signifie que quelques soient les crimes politiques- comme les cent gosses assassinés récemment, les détournements économiques avérés ou l’absence de droits sociaux économiques : les gosses qui crèvent de paludisme ou de sida, des citoyens qui vivent comme des animaux : dans la m…tout le monde peut être accusé sauf le président de la république : il est (légalement) irresponsable ! Pas étonnant que nos deux cent leaders politiques rêvent tous de cette fonction et si chacun y met 40 ans, combien d’années nous faudra t-il pour sortir de cette sauvagerie ? Faites le compte.

Organisons une Société moderne et plurielle.

Cela a pris exactement 59 ans à la République populaire de Chine. Quand nous étions jeunes, la Chine de Mao c’était l’enfer sur terre pour les Occidentaux. Et bien évidemment nos maîtres colons nous fermèrent les portes de l’Orient pour nous protéger du communisme…Aujourd’hui non seulement les Chinois ont « envahis » l’ Afrique mais ils viennent d’organiser le plus grand happening sportif des temps modernes (le site officiel vaut le click) mieux, le président des Français jure la main sur le cœur qu’on ne pas faire ça aux Chinois et qu’il est de son devoir de gendarme de l’ Euro-peut-être de participer à l’ouverture des jeux Olympiques. Pour rien au monde il ne laisserait son auguste épouse aller le représenter. Cela ne lui vient même pas à l’esprit : trop dangereux les petits chinois : rien à voir avec les enfants de l’autre grand…Deby ! Comme lui a balancé l’enfant terrible de Mai 68, il est prêt à aller manger avec des baguettes pour vendre ses joujoux.
Sérieusement, nos enfants se posent la question de savoir si on ne devrait pas revenir à la fameuse, société sans Etat. Il parait que nos sociétés n’en étaient pas moins des entités politiques organisées. Voilà pourquoi la troisième séquence de cette Assemblée des Peuples peut être un moment crucial. A partir de nos quatre nations premières, organiser une cérémonie (de clôture ?) d’abolition des tribus. Bien entendu ses majestés font sauter au plafond. Il suffira de leur expliquer que nous voulons en réalité instituer un véritable contre-pouvoir au régime actuel en organisant quatre communautés humaines modernes dont ils auront la responsabilité non plus seulement culturelle -sur le plan folklorique- mais également la responsabilité de la gestion des ressources humaines, des richesses économiques et surtout la responsabilité de la gestion financière. Nous pensons qu’ils ne pourront résister à telle grande ambition pour leur pays bien aimé et pour les peuples sur lesquels ils pleurent tous les jours.

Marie Louise Eteki-Otabela

11.07.2008

ETEKI OTABELA EN VIDEO


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10.07.2008

Votez pour une assemblez constituante

http://www.lapetition.com/sign1.cfm?numero=1760

08.07.2008

Le syndrome du meilleur Opposant

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L’Opposition se surveille. Elle est plus contre entre elle que contre le régime. Mais le discours sur le statu quo, c’est : on est incapable d’avoir un candidat unique. C’est à la veille de chaque élection. On est incapable de s’entendre. Même quand nos partis vont aux élections ensemble : l’UDC avec le MP, le Manidem avec la CFA, la CFA avec le PDS : personne ne nous voit. Nous avons constitué un Front des Forces Alternatives depuis 2003. Qui en a parlé ? On n’est pas courageux ! La Coalition est même descendue dans la rue en 2004. Qui s’en souvient ? On n’était pas dans la rue en février dernier : nous sommes devant nos ordinateurs, planqués ! On parle maintenant d’une Assemblée des peuples : quels peuples ? Un Peuple amorphe et apathique comme dirait Charlot Yves ? Pour tous les pro-pouvoirs qui n’osent se l’avouer, pour tous les opposants qui ne voient pas comment les progressistes pourraient se débarrasser de Biya ; pour tous ceux qui ne voient pas comment les femmes pourraient représenter une alternative crédible à ce régime ni encore moins comment la jeunesse de ce pays pourrait réorganiser un Cameroun moderne, l’éternelle question c’est : où sont les progressistes ?

Où sont les opposants ?db98c3dbe3ce1d6a5e93de82c34381af.jpg

« Camarade Eteki, ce serait vraiment terrible que dans la situation actuelle de notre pays, où notre peuple s’est montré prêt, les élites politiques de la « Gauche » camerounaise fuient leurs responsabilités et versent dans un nombrilisme politique ravageur pour notre pays. C’est vraiment désespérant qu’avec tout ce que nous avons comme hommes et femmes avisées (tien, tiens !) dans la lutte politique, que nous ne soyons pas en mesure de nous entendre sur un seul point commun autour duquel nous pouvons nous mobiliser, comme ça se voit partout ailleurs dans les pays africains… C’est quelques fois extrêmement frustrant et même décourageant » nous écrit le Camarade Tene Sop.
Alors il faudrait refaire ici l’historique de la Résistance au régime camerounais depuis 50 ans. Cette histoire a été esquissée sur le période 48-58 : nous savons tous que les nationalistes combattaient alors le colonialisme. C'est-à-dire un siècle de domination, d’organisation et d’oppression mais au moins avec une conscience claire de l’ennemi. Puis avec l’assassinat du leader charismatique, cette résistance s’installe dans la clandestinité et le flou : flou du leadership que l’ennemi va prendre un malin plaisir à aggraver ; flou de la pensée des leaders, plus ou moins charismatiques : les survivants viendront se rendre les uns après les autres pour changer le régime de l’intérieur ; flou dans la conscience des patriotes : mais enfin, on se battait pour l’indépendance et la réunification : on a eu l’un et l’autre, non ?
Il faudrait ensuite vous réexpliquer pourquoi être « opposant » n’est ni une profession, ni une marque de patriotisme et encore moins un label de qualité. Déjà, il nous aura fallu du temps pour que les camarades upécistes admettent qu’ils n’avaient pas le monopole du nationalisme. Puis nous avons mis dix ans pour faire comprendre à nos compatriotes qu’il y a au moins deux Oppositions au Cameroun : celle qui veut réformer le régime et celle qui veut en sortir. Toutes les deux avec des patriotes sincères. Pire, quand nous parlons de libération du Peuple camerounais, combien de camarades de « gauche » ont une conscience claire de ce que nous combattons aujourd’hui? Pour beaucoup, c’est encore le fameux Biya must go ! Il nous semble évident que la libération d’un peuple, ça prend aussi des hommes généreux, même si tous les hommes ne sont pas des tyrans ! On ne vient pas honteusement proposer à un peuple qui travaille depuis 50 ans pour la construction nationale…un salaire minimum social (SMS) de 28.000f quand les échos du Cri des femmes camerounaises demandent depuis des années un SMS de 100.000 Frs !

Amènes-nous les femmes…

Où sont les femmes ? C’est la question que me pose toujours les hommes politiques en mal de militantes. Du temps du parti unique, on a pris l’habitude de les amasser le long des rues, déguisées en papa gayo, sur le passage des Pères de la Nation et autres leaders charismatiques, les femmes elles, ne pouvant être ni l’un ni l’autre… Il y a eu le CRI des femmes camerounaises en 2003, l’Opération 100 femmes au Parlement en 2007 : entre les deux, ils ont refusé notre candidature à la présidence de la république. La haine de la femme ? La peur tout simplement. Le journal « Popoli » propose aujourd’hui qu’on en essaie une ! Mais, ils continuent de me dire : amènes-nous les femmes.
En faisant le bilan de l’opération cent femmes au parlement, nous n’avons pas pu nous empêcher de constater le maigre résultat au bout de 50 ans de « promotion » de la femme. C’est alors que nous avons proposé la tenue d’une Assemblée Constituante. C’était en novembre 2007. Nous avons été invitée à la Grande Tribune (sur Equinox TV…) pour expliquer en long et en large durant 90 minutes d’horloge, qu’une assemblée Constituante n’a pas besoin d’une autorisation ni d’une déclaration. Qu’une Assemblée constituante n’est qu’un moment d’une assemblée du Peuple- moment crucial certes, puisqu’il peut y avoir suspension des institutions. Voilà pourquoi cette assemblée doit avoir la plus large représentation possible du Peuple camerounais. Mille, deux mille représentants ? Nous avons même consacré toute une chronique à ce projet : deux ou trois choses que je sais d’elle.N’ayant pas d’espace politique (alternatif), nos enfants sont descendus dans la rue pour nous envoyer leurs doléances : vie chère, chômage institutionnalisé, avenir bouché. Biya lui-même avait dit qu’on n’est pas prêt de voir le bout du tunnel. Alors on leur a tiré dessus. 100 morts et les survivants dans les prisons de la république… Nous avons fait du 8 mars 2008, un jour de deuil. On ne peut pas nous rendre nos résistants mais le 31 juillet prochain, c’est la journée de la femme africaine : sortez nos enfants de ces camps de la mort !

Et les enfants d’abord

Claude vit aux USA, the place to be, avec Obama ! Mais il promet d’être avec nous le jour où nous nous aurons le courage d’institutionnaliser ce contre-pouvoir. Eric est étudiant à Yaoundé, il est d’accord qu’il faut une chimio : et l’Assemblée Constituante c’est cette chimiothérapie. On décidera ensemble des amputations plus tard. Ces jeunes ont créé des Fronts partout. Nos assises à nous, seront une sorte de prélude aux Etats-Unis d’Afrique, avec la séquence des quatre premières nations. Nous avions déjà le soutien du Prince des Sawa, nous venons de recevoir les félicitations et les encouragements du royaume Bamoun…
Comment allons-nous faire ? C’est vrai que nous sommes devant nos ordinateurs mais ça, c’est déjà l’affaire de l’équipe de communication (Paul).Les Termes de Référence arrivent en PDF. Ils ont remis notre pétition (.com) en ligne. Elle est gérée par eux, même si la version anglaise n’est pas encore sur le Net. Vous pouvez toujours la signer sur le site de la pétition (.com). Ce sont aussi les jeunes qui s’occupent de mettre en place les techniques modernes de financement : qu’on ne nous fasse pas le coup de Wade… et de tous ces gouvernements qui confisquent « l’aide » comme leur propriété. Ce sont ces jeunes qui nous écrivent : je veux rentrer dans votre lutte, aidez-nous à sauver le pays (Raphael). Il y a les incrédules, au départ, ceux qui disent que le Peuple camerounais est amorphe, passif, aliéné (Yanik). Il y a ceux qui y croient un peu plus, après un mois d’explications.
Il y a bien évidemment nos admirateurs même si notre ego n’est pas aussi dévastateur que celui de Biya (David). Ça fait du bien quelque part, comme disaient mes amies féministes, de savoir que mes chroniques sont lues (755 visites au blog en Juin !), et lues avec plaisir pour certains. Ceux qui sont prêts à mourir pour que les Camerounais soient libres demain (Thierry) ! De grâce, je ne veux pas que mes « anges gardiens » meurent pour la libération de notre pays ni que l’on me prenne pour Jésus (!). Même si vous n’êtes pas encore des millions à m’écouter, sur ce blog, je l’ai dit, nous ne voulons plus de massacres : juste que la lutte continue. Même si le président –Egocrate peaufine les armes de destruction massive de ses soldats…contre l’ennemi intérieur. Ça fait plaisir aussi de savoir que ces chroniques sont attendues. Tant pis pour les « jaloux », les frustré(e)s du mardi et tous ceux qui ne sont encore que la voix de son maître contre… Mugabe.

Marie Louise Eteki-Otabela
mle_otabela@hotmail.com http://mle.blogspirit.com

01.07.2008

COMMUNIQUE

CAMEROUN-EMEUTE DE FEVRIRER 2008

LA DECALRATRION DES FEMMES CAMEROUNAISES


0f150b705980d92cee005d249c867cb4.jpgRéunies dans une conclave qui a duré cinq heures d’affilées, les femmes camerounaises ont discuté et envisagé des solutions pour mettre fin au malheureux scénario que notre pays a connu au mois de février dernier, les travaux auxquels notre équipe de rédaction a pris part ont été sanctionnés par une déclaration dite :
« LA DECLARATION DES FEMMES CAMEROUNAISES SUITE AUX EMEUTES DE FEVRIER 2008 »

Considérant le contexte général des « émeutes de la Faim » ;
Considérant que le Cameroun a été particulièrement affecté par ces manifestations liées à la vie chère ;
Considérant le Contexte politique actuel de notre pays où toute manifestation publique est interdite ;
Nous, les femmes camerounaises regroupées au sein du « CRI » :
Exprimons notre attachement à la vie et notre respect sacré de toute vie ;
Condamnons l´usage abusif des armes à feu contre nos enfants :f9d90a1550c2ec21b099a4844d376079.jpg
Car nous les mettons au monde non pour les enterrer mais pour qu´ils vivent dans la paix et la sérénité.
Nous condamnons avec véhémence et fermeté les massacres, détentions, noyades, tortures et emprisonnements de nos enfants.
Nous regrettons et condamnons aussi la destruction des biens de toute nature.
Nous partageons et soutenons l´initiative d´une Assemblée des Peuples.
Et enfin, nous demandons que nos enfants soient libérés de façon définitive et inconditionnelle avant le 31 Juillet, Journée de la Femme africaine.
Fait à Douala, Ce dimanche 29 juin 2008

Mesdames : Marie Louise Eteki-Otabela ; Elisabeth Ngo Eheg (Aïcha) ;
Aadja Amina ; Marguerite Agnoun ; Nyeki Hedwige ; Pono ; Amina Machia.


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