« Il pleure sur mon peuple | Page d'accueil | J'autorise l' ONU »

22.07.2008

De la difficulté des chefs d’Etat africains à partir

Nous en étions à peine à nous demander quel mode de recrutement mettre en place pour la désignation de nos chefs d’Etat : démocratique, type de scrutin, Comité électoral indépendant, les cartes d’électeurs, les urnes, la transparence, le recensement et autres instrumentations permettant d’avoir l’illusion d’objectivité et d’équité, que déjà apparaît avec acuité cette réalité qu’il est difficile pour ne pas dire impossible de faire partir un président en Afrique sans drames. Car enfin, comment mettre un nouveau alors que l’ancien ne peut pas céder la place!

La politique assassinée

1e0345daf424d5ebca7d8b5a04b9598c.jpgC’était un éditorial de René*, il y a 8 ans. Il racontait l’histoire de nos républiques du Sud qui ne nous ont pas donné l’occasion de tirer des leçons par l’exemple ou de faire jurisprudence. Faut-il croire que chez nous la corvée du pouvoir soit si passionnante qu’aucun de nos chefs ne veuille partir ? Nenni. Si par lassitude ou un autre motif, l’envi leur en prend, ils trouvent sur leur chemin la barrière hérissée de mille sagaies : de leurs proches immédiats ou lointains, leurs frères du village se sentent orphelins, tous les margoulins et autres cercles étroits de profiteurs. Tout ce monde et demi-monde se sent désemparé et se mue en tueurs même de leur chef lui-même pour ne pas être découvert et perdre leurs privilèges. René citait alors quelques-uns qui ont eu la tentation du pouvoir chez nous : grand mal les en a pris. Le Pouvoir n’est jamais un lieu vide…et on le sait toujours assez tôt.
Une autre fois, c’est le bon peuple qui en a marre, veut changer de chef parce qu’il ne s’y retrouve plus ou pas. 82b926a171e968257d52a10d6c922a77.jpgAucun recours n’est prévu dans leurs institutions, et la seule impossibilité qui leur est offert est la descente dans la rue crevassée, face aux armes assassines des commandements opérationnels. On soupçonne depuis quelque temps (exemple du Sénégal : encore !) qu’un peuple politisé et une opposition responsable, peut, par les urnes changer le cours des choses. Diouf au Sénégal a eu la tentation de la mauvaise foi, il a compris qu’il vaut mieux négocier sa sortie. Parce que de cette manière non plus, la sortie n’est pas facile - Wade l’expérimente à son tour aujourd’hui - : les horreurs commises durant leur règne contraignent nos chefs à vouloir une immunité garantie pour leur après-règne. Mais qui peut le leur assurer ? Les pauvres, je les plains : ils sont coincés et ne peuvent faire autrement, condamnés à se succéder éternellement à eux-mêmes…C’est l’enfer.
Une autre fois, ce sont leurs parrains, les Français, les Anglais, les Américains…etc qui commencent à douter de leur capacité à garantir leurs intérêts. Il y a des incompétents mous, des incompétents trop durs, je ne cite personne. Le résultat pour leurs parrains est le même. Ils ne sont plus efficaces ni solvables, ou tout simplement ils ont des velléités d’indépendance. Il faut les changer. Mais selon les principes simples tels qu’un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, on ne sait par qui remplacer nos chefs. Mobutu, on a du le doper jusqu’au dernier souffle et l’envoyer au charbon, alors qu’il n’en pouvait plus.


L’apartheid économique institutionnalisé

De toutes les manières, nos chefs sont les seuls à être obligés de ne défendre que le parti de l’étranger ; ils sont les seuls à être chef d’un Etat uniquement au profit d’un autre. Et s’ils ne le font pas, ils sont morts. Nous nous demandons parfois si nous devons leur en vouloir ! Ils nous font mal. Mugabe a essayé de défendre l’intérêt des siens, du temps de la Rhodésie Blanche : qui s’en souvient aujourd’hui ? Maintenant, pour la répartition des terres, l’Occident blanc et chrétien…l’a condamné ; quelques frères Noirs ont repris le relais en chœur et c’est l’amalgame total. Nous décrivons toutes les tares de l’individu Mugabe- nul n’est parfait (tous les vieux nègres n’ont pas que la médaille en partage : ils épousent souvent aussi les meilleures petites…) pour expliquer pourquoi, il ne peut pas défendre une cause juste pour les noirs. Même les Anglais ont dû mettre un bémol (en virant Blair ?) dans leur invective, promettant de financer la réforme agraire promise depuis 20 ans ! Mais avant, ils ont traité Mugabe de raciste : si Mugabe est raciste que sont les Anglais ? Les Blancs pensent toujours – naturellement- qu’ils peuvent faire l’économie de la réparation de tous les crimes qu’ils ont commis contre notre humanité. Et ça continue.cfb8d5ec20e80b7c86c311223e9d7548.jpg
“ L’aluminium va certainement remplacer le pétrole comme notre source première de recettes d’exportation ”déclarait Célestin Ndonga, conseiller technique au ministère des mines, l’année dernière. Hydromine Inc bénéficie de deux permis d’exploitation exclusive de la bauxite dans les régions de Minim Martap et Ngaoundal. La manière cavalière dont cette entreprise a été créée en Août 2004 dans le Delaware, sans objet social précis, démontre d’avantage que Peter Brigger est utilisé comme un individu écran de M. Biya, dont il serait par ailleurs l’agent immobilier en Suisse. L’entreprise Hydromine n’est rien d’autre qu’une boîte à lettres, dont le gouvernement camerounais se sert pour attribuer l’exploitation exclusive de la bauxite camerounaise à Paul Biya et sa descendance. Cette entreprise n’a pourtant aucune expérience connue dans le secteur des mines. L’entreprise dont le Cameroun attend son développement économique a pour siège social la chambre d’un immeuble de New York ! Et cette entreprise est supposée investir 5 milliards de dollars à partir de l’an prochain (c'est-à-dire cette année) au Cameroun ”. Alors on peut bien se gausser des partis politiques qui tiennent dans une cabine téléphonique.

Et toutes les polices de France et de Navarre à nos trousses

Au Cameroun en ce moment, non content de contrôler toute la société par les sectes, ils nous ont fabriqué un nouveau crime contre l’ Etat qui s’appelle l’insécurité pour amener Biya à durcir un régime que finalement ils trouvent un peu mou depuis 1984…Un de ces jours, c’est sûr et certain, nous aurons nos 800 morts (déjà 100 en février dernier on est bien parti). Mais en attendant, nos milliards financent ces sectes ou partent en fumée. Pendant qu’on assassine toute velléité d’alternance, les escadrons de la mort bousillent nos enfants, juste pour que le peuple se tienne tranquille.
Et on nous fait croire que les affaires reprennent au Cameroun. Quelles affaires pour un peuple qui vit au-dessous du seuil de la pauvreté ! Fini le semblant d’économie pénitentiaire baptisée “ informelle ” avec laquelle on a trompé les populations pendant un demi-siècle. Il n’y a plus rien. Ni eau ni électricité, ni routes ni logement sociaux. La spéculation immobilière bat son plein. Ni santé en l’an 2000 ni réforme de l’éducation. Ni Cameroon Air Lines, ni Intercity : on a oublié la Sotuc ! Que reste-il aujourd’hui du Cameroun ? Des vieux bus rafistolés et des ben skins ! “ N’est-il pas temps, de procéder à une répartition des ressources – ou ce qu’il en reste- par unités administratives selon une critériologie à définir ? se demandait Valentin Zinga dans un journal de la place. Au lieu de nous harceler nous et nos enfants, ceux et celles qui ont la moindre volonté de prendre des distances vis-à-vis de ce régime. C’est l’acharnement : on enlève les compteurs, on simule les vols intempestifs, on ressort les vieilles taupes du trou juste pour nous empêcher de survivre. Mais on survivra.

15:00 Publié dans chronique du mardi | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://mle.blogspirit.com/trackback/1597721

Commentaires

Développer la démocratie dans le monde, est une injonction de la Communauté internationale et une exigence de la bonne gouvernance. Or en Afrique, les relations complexes entretenues entre opposition et pouvoir d’une part et d’autre part, entre les différentes communautés ethniques, mais surtout entre les anciennes métropoles coloniales et les régimes qu ils ont mis en place nécessitent un compromis gagnant gagnant
Tout le monde connaît la définition de la démocratie encore plus ces protagonistes de l’ histoire du monde contemporain. Admettons donc que La démocratie est le régime politique dans lequel le pouvoir est détenu ou contrôlé par le peuple. En règle générale, les démocraties sont indirectes ou représentatives, le pouvoir s'exerçant par l'intermédiaire de représentants désignés lors d'élections au suffrage universel , ces derniers sont de simples locataires de ce pouvoir qui doit naturellement leur être retiré à la fin de chaque mandat .En Afrique, ce principe élémentaire a laissé la place à la confiscation du pouvoir par le biais des armes, à la corruption des consciences des opposants qui n’ont pas de moyens suffisants d’existence et par les modifications des constitutions. Ainsi l’honneur laisse la place au déshonneur. Résultat, la crise de confiance en politique prend effet en même temps que le déficit démocratique. Quoi de mieux qu’une Assemblée constituante pour sauver ce peuple du naufrage, le Sénégal vient de donner le ton, il est temps que les africains se départissent de ces institutions rétrogrades pour designer des personnes qui peuvent parler en leur nom ; au nom du peuple
Femme parmi les femmes , ETEKI Otabela , vous avez pressentie cette mission, nous vous légitimons pour la conduire, puisse la grâce vous accompagner
ACCYPRESSE

Ecrit par : paul MENESSIER | 22.07.2008

Ecrire un commentaire