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24.06.2008
LA CHRONIQUE DU 24-06-08
LE TESTAMENT D’EDIMA
Les Blancs se sont investis imprudemment et totalement dans la propagande. Ils ont trouvé des mots modernes pour la nommer : information, publicité, communication et aujourd’hui, multimédia. Ces mots apparaissent en fait comme une méthode Coué. En croyant créer des illusions pour les autres, ils se sont illusionnés eux-mêmes. Pris au piège !
Un Système à bout de souffle
La crise alimentaire dans le monde est venue apporter un démenti clair à toute cette mystification. Aux yeux des humains, même les plus pauvres, on ne se nourrit pas d’air ni de bonnes paroles : civilisation, développement, démocratie, paroles, paroles, paroles !
La crise des banques et autres transactions financières, en réalité spéculation, est venue achever le système. Ils ont beau essayer de rhabiller de noms encore plus barbares cette vaste escroquerie- Subprimes, Bourso PAP, CAC 40, Stock-options et que sais-je encore - ça ne passe plus. Depuis Dachau, les Occidentaux voulaient mener des guerres propres. Mais ils tuent pareil et plus encore. Il n’y a plus qu’en Afrique qu’on peut se permettre de tuer salement. Même la machette n’est plus de mise. Le monde est structuré, organisé pour que des millions d’humains puissent mourir de faim ou d’autres catastrophes « naturelles » sans que personne ne soit accusé de crime contre l’humanité.
La réalité est qu’on peut toujours nous distraire en ramenant le mal absolu sur Mugabe cet un autre Fidel Castro sans oublier Kadhafi. Tiens, le Syrien est devenu propre : il est invité à table ! Cela ne cache pas le drame en Amérique, au Nigéria, ou en Asie, tout cela relève du même ordre du monde : violence, vols en tout genre, fausse monnaie, assassinats, massacres, le tout couvert par un discours qui fait dans l’humanitaire et qui chez nous rassure les développementalistes. Malheureusement, quand il commence à manquer de nourriture dans le monde, les affamés finissent par atterrir sur la table des plus nantis et rêvent de leur argent volatile.
C’est la faute à Mugabe
Ils ont essayé d’acheter toute l’Afrique et un individu du nom de Tsvangirai qui ne peut même pas marcher quand on ne lui tient pas la main. Nous sommes habitués à ces contremaîtres… L’opinion africaine a beau dénoncer et énoncer son soutien à Mugabe de façon claire, l’Occident reste sourd et pense que nous comptons pour du beurre ; il n’y a qu’à…Attention, quand on reste délibérément sourd et aveugle, on finit par se casser la figure.
Ils ont été jusqu’ à proposer le nucléaire (civile) à l’Algérie pour qu’elle ne casse pas le dernier joujou de Sarkozy : le Club Med façon politique. Heureusement que Kadhafi a l’œil sur leurs manigances. Vous ne voulez pas des Etats-Unis d’Afrique ? Eh bien, c’est non ! Pour le tourisme autour de la Méditerranée. En Afrique noire, leurs méthodes n’ont pas changé : ils avaient déjà fait le coup à Sékou Touré. Pour avoir dit « Non » à De Gaulle, il fût condamné, la Guinée aussi. On peut passer rapidement sur John Kufuor au Ghana, car il fut réservé le même sort à son illustre fondateur : Kwame Nkrumah. Sans oublier Um Nyobe du Cameroun, Amilcar Cabral de Guinée Bissau ou Thomas Sankara du Burkina, Lumumba du Congo, chez nous tous les héros sont morts…et enterrés on ne sait où…Tous les panafricanistes ont disparu. Dieu merci, il nous reste le terrible Kadhafi. A l’heure des unions pour grandes communautés, ils nous conseillent de sauver les tribus !
L’autre originalité des pays africains, toujours en quête de leur indépendance et de leur souveraineté, est que les héros de ces luttes sont souvent abattus par les leurs : c’est Um Nyobe trahi par son frère du village. C’est Sankara exécuté par son frère d’armes. C’est Kabila abattu par son propre fils ! Qui s’en souvient encore, une fois qu’on a célébré de grandioses funérailles nationales ? Mbeki a beau dire qu’on ne peut forcer l’Afrique ni les chefs d’Etats africains à servir de lance-pierre pour attaquer Mugabe, en fait, le Zimbabwe, il est indexé aussitôt comme un mauvais président ! On commence même à lui chercher des poux. Il n’y a pas une opposition… On se demande même si on ne va pas le renverser avant Mugabe, juste pour l’exemple, que tous les autres commencent à trembler à l’idée même de vouloir le soutenir. C’est comme si, tous les malheurs de l’Afrique, c’est la faute à Mugabe.
Dans la sorcellerie africaine
Dans la logique africaine (parfaitement !), dite couramment « sorcellerie », quand vous acceptez de manger les autres, et leurs enfants, tôt ou tard, on vous demande quelqu’un et si vous n’avez personne à donner (ou si vous refusez de donner une des personnes qui vous sont chères) vous passez à la casserole vous-même…Même le Nigéria qu’on pensait assez grand pour leur faire peur, eh bien ils trouvent que Yar’Adua ne se positionne pas assez vite contre Mugabe. Même chose pour le Congo! Sans compter les petits pays qui ne peuvent résister, leurs budgets dépendent des largesses des US, de la Grande Bretagne ou de la France. Ils ont donné la liste ce matin : à l’Est (de l’Afrique), rien de nouveau ! L’Angola a retourné sa veste l’autre jour…
On imagine mal l’Occident entier se mobilisant pour traiter De Gaulle de pire dictateur et imposer un Sarkozy pour lui succéder. Avec des siècles de lavage de cerveaux, à nous distiller la détestation de nous-mêmes, les Africains commencent à reprendre en chœur ce discours contre Mugabe, oubliant de balayer devant leur porte. Nous vivons dans des camps de concentration depuis la nuit des temps parce qu’il y a les intérêts occidentaux. Voilà que tout d’un coup, ils nous veulent du bien, ou plus exactement le bien des citoyens de ce qui fût tout de même un des fascismes les plus terribles sous les tropiques : la Rhodésie !
Portant le nom d’un nazi de la pire espèce qui l’aurait « découvert », Mugabe a dû rebaptiser la terre de ses ancêtres. Déjà, ils ne lui ont pas pardonné ce geste. Sankara est mort aussi pour avoir osé dire que son pays était le « pays des hommes intègres ». Peut-être bien que la libération commence par là, se nommer, avoir un nom…On ne va pas tous s’appeler Burkina Faso mais le berceau de l’Humanité tout de même, ça prend des hommes comme Mugabe.
Je vous salue Mugabe
Plein de Sagesse
Le Seigneur est avec vous
Vous êtes béni entre tous nos héros
Et le Zimbabwe, le pays de vos ancêtres est béni
Président Mugabe, Sauveur de toute l’Afrique
Luttez pour nous, pauvres Africains
Maintenant et à l’heure de notre libération.
mle_otabela@hotmail.com
http://mle.blogspirit.com
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17.06.2008
PRESIDENTIELLE 2011; ET SI C'ETAIT UNE FEMME
La Coordination des Forces Alternatives (la FCA) est un
parti politique féministe légalisé en 1997 au Cameroun. C'est le seul
parti politique créé et dirigé par une femme au Cameroun.
C'est le parti de Marie Louise ETEKI OTABELA
C'est aussi le seul parti politique camerounais qui a une co-présidence structurelle;
18:05 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
CRHONIQUE DU MARDI 17/06/2008: Si le Sénégal l'a fait...

Si le Sénégal l’a fait, le Cameroun peut le faire. Il ne s’agit pas de football ici mais de politique. La vraie. Celle que l’on dit que nous sommes incapables de faire. Depuis les premiers jours de la colonisation (scientifique et politique) les dominateurs et leurs descendances ont toujours prétendu que nos sociétés sont apolitiques parce qu’elles ne sont pas capables de trouver en elles-mêmes le dynamisme nécessaire à leur propre remise en cause et donc à leur propre épanouissement. Cela s’est passé le1er Juin dernier, les Sénégalais ont tenu des assises nationales qui feront date dans l’histoire de la démocratisation des Etats africains. Procès d’une idée.
Vends-moi l’idée
Annoncées en novembre 2007, l’opposition sénégalaise critiquée comme toutes les oppositions africaines, est cependant à l’initiative de ce projet. Un regroupement d’une quarantaine de partis politiques d’opposition avaient annoncé leur désir d’y participer. Une fois le processus engagé, ces partis (de l’opposition parlementaire et non parlementaire) n’ont plus agi que comme membres parmi les organisations patronales et religieuses, les associations de la Société civile et de défense des droits de l’homme, les syndicats et des personnalités de tous horizons. Parmi ces derniers, Amadou Maakhtar Mbow, ancien ministre de Senghor ( !) et ancien Directeur Général de l’Unesco ( présidait la séance d’ouverture) tout comme le célèbre auteur de l’Aventure ambiguë, Cheikh Hamidou Kane. Au total plus de 80 organisations, un millier de personnes à l’ouverture : donc, un succès !
L’objectif était de faire le point sur la situation politique, économique et sociale du pays ; et faire des propositions pour l’avenir…Les participants avaient beau répéter que cette instance de dialogue (à prétention institutionnelle) n’était en aucun cas dirigé contre le président Wade, qu’ils ont appelé même à participer, pour Wade, ce n’était rien d’autre qu’une tentative de le renverser illégalement. La direction du Pds (parti au Pouvoir) a donc convoqué parallèlement à ces assises, un Comité directeur élargie (aux organisations de femmes et des jeunes…) pour dénoncer une tentative de déstabilisation du pays. Les responsables du Parti et des membres du gouvernement ont déclaré que c’étaient les vaincus de l’an 2000 qui voulaient en réalité organiser une insurrection mais que les Sénégalais qui ont plébiscité le candidat Wade, n’accordent aucune importance à ces assises qui sont loin de leurs préoccupations de l’heure.
Qui jurerait qu’il ne s’agit pas du Cameroun ? A trois différences près : les personnalités au Pouvoir au Sénégal n’ont pas parlé d’apprentis-sorciers, eux ; il y a déjà eu alternance au Sénégal entre les socialistes et les libéraux ; il y a eu réellement une insurrection en février dernier au Cameroun avec une centaine de morts à la carte… Quand en 2003, nous avons été voire Grégoire Owona- sur les Conseils de certains milieux diplomatiques qui voulaient financer notre projet d’assises similaires- le Secrétaire Général du RDPC, nous a répondu : « pour une fois que vous avez un projet positif, vendez-moi l’idée » !
Cheik Anta Diop m’ a confié
Cheik Anta Diop m’a confié lors de son dernier passage au Cameroun (sa dernière conférence publique au Palais de Congrès à Yaoundé avant de mourir quelques semaines après) que la première fois qu’il a entendu un africain parler de l’indépendance de son pays c’était un Camerounais: un certain Ruben Um Nyobè! Alors comment se fait-il que cinq décennies après, les Sénégalais nous font la leçon ? Ils ont eu de grands hommes de culture et nous, des hommes politiques forts…
Senghor a été un des rares présidents africains à se retirer démocratiquement du pouvoir en 1981. Il restera un immortel aussi pour ce geste. La démocratie est peut-être d’abord une question de culture, de culture politique avant d’être une démarche politique. « Ce qui est le plus important à retenir de Cheikh Anta Diop est la manière dont il a su montrer à toutes les populations du monde que la barbarie que l’on qualifié sur ce continent de grands hommes n’est point codifié ; par contre il a toujours été un grand artisan de la lutte pour la revalorisation des valeurs africaines et la restauration de cette histoire tant soumise à des ambigüités très diverses. Mais je voudrais simplement que les Sénégalais comprennent que Senghor a été un pur produit de l’Occident et c’est par ce biais qu’il a continué la colonisation mais indirectement. Nous sénégalais avions raté le départ, pour le développement mais bon, peut être qu’en continuant à étudier les théories de Cheikh Anta nous aurons une idée du développent fulgurant » disait un Sénégalais*.
Je pense que la tenue de ces assises nationales, restera comme un moment fulgurant dans l’histoire du Continent africain. Ce n’est pas une consolation de savoir que : ce n’est qu’en 1870-1871, avec l’expérience révolutionnaire de la Commune (de Paris) qu’arrive à son dénouement historique tout ce qui, en 1789, n’était qu’à l’état de germe et qui avait était préparé bien avant par le siècle des Lumières. C'est-à-dire plus de 81 ans après.
Vous allez encore dire que je me vante
Les Camerounais doivent savoir que le discours du régime qui consiste toujours à tenter de dévaloriser, de discréditer et même d’opposer une certaine classe politique (l’opposition non- parlementaire : tous ces intellectuels qui ne parlent que devant leurs ordinateurs, dans des bureaux climatisés !) à la Société civile, plus courageuse… ( on ne les a pas vu dans la rue en février dernier !) relève moins de la lutte des classes que de ce que Gramsci appelle l’hégémonie. Dans l’opposition Société politique , Société Civile, le révolutionnaire italien est plutôt du côté de la Société Civile, mais dans la primauté de la masse sur les politiques, il s’agit de faire ressortir ce qui relève de la domination idéologique et qui créé une conscience aliénée dans les classes opprimées. La priorité de la lutte se situe donc sur le plan idéologique non (de pousser les masses) dans la rue !
Tant que nous n’aurons pas inscrit nos façons d’être, nos façons de vivre et donc nos façons de faire la politique dans notre réalité sociale, la poussée spontanée, due aux facteurs économiques, sera freinée, bloquée provisoirement brisée par les « armes légales » en fait, par l’idéologie « traditionnelle ». Il n’y a pas d’hégémonie possible sans l’éclatement de la Société politique et sans l’éclatement de la Société Civile. Cela signifie que nous ne sortirons pas de ce régime politique avec les seuls partis d’opposition qui préconisent la rupture. Nous avons aussi besoin d’une (partie de la) Société Civile qui est prête à signer l’indien devant un Pouvoir experte en manipulation de la volonté collective.
Quand nous parlons pour la première fois du 8 mars au Cameroun en 1984, personne ne pouvait savoir que 24 ans après, les femmes camerounaises seraient des millions à descendre dans la rue. Pourtant ce sont les mêmes associations de femmes (et de jeunes) –de la Société Civile que le Pouvoir va mobiliser contre nos initiatives chaque fois qu’elles apparaissent comme menaçant l’ordre établi…Depuis le Contre-sommet France –Afrique, le Front des Forces Alternatives, Le CRI des femmes, l’Opération 100 femmes au Parlement, notre campagne électorale sur le terrain dans la Lékié-Ouest en Juillet 2007. Aujourd’hui nous voulons juste convoquer et tenir cette Assemblée du Peuple Camerounais, à partir de notre classe politique et notre Société Civile. Alors vous signez cette pétition, où…nous devenons tous Sénégalais !
Marie Louise Eteki-Otabela
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*(Diop Doro Mamadou) à propos d’un merveilleux article de Boubacar Boris Diop sur l’apport réciproque des ces deux hommes de culture à leur Peuple : « LE SENEGAL ENTRE CHEIKH ANTA DIOP ET SENGHOR » .
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10.06.2008
CRHONIQUE DU MARDI 10 juin 2008 : Obama a inversé le mythe de Sisiphe

C’est une grande sœur qui me disait l’autre soir que Condoleeza Rice aura contribué plus à la victoire de Barack Obama que …Oprah Winfrey ! Petite femme noire, les dents en avant, parcourant l’univers au pas militaire, elle aura habitué la Terre entière à l’image du Noir compétent, aux affaires du monde. Je ne sais quels gains, elle a arraché au profit de la Maison Blanche des Bush (père et fils, cela n’a gêné personne autant que le projet Clinton et Clinton bis…) mais, elle parlait de la paix. De Toussaint Louverture à Gaël Monfils en passant par l’Oncle Tom, nous n’avons pas arrêté d’accoucher de cette autre façon d’être humain. C’est une embellie.
Toussaint Louverture, premier président Noir
Demandez donc au premier passant aujourd’hui, c’était dans quel pays ce président ? Dans le meilleur des cas, on vous répondra : ce n’est pas celui qui a combattu Napoléon Bonaparte ? Mais oui ! Non seulement il a vaincu l’Empereur des Français, mais il a été le premier président Noir dans l’histoire de l’Humanité et ça se passait dans un pays nommé Haïti… Plus d’un siècle après, ce pays n’est toujours pas indépendant et encore moins démocratique ! Malédiction de Cham, nous a-t-on dit. On a connu celle-là aussi: la Bible, le livre de tous les fondamentaux de la civilisation judéo-chrétienne nous assigne une place de maudits ! Mais qu’est-ce que nous avons fait à leur bon Dieu pour mériter pareil destin ?
On aurait vu le père en mauvaise posture : lui aussi, il n’avait qu’à mieux se tenir…Une société qui n’a plus de tenue, plus de valeurs ça ne peut pas bien se passer ni durer. Alors nous avons vendu nos frères comme de la marchandise, contre de la camelote. Ils disaient que c’était pour nous « civiliser ». Le missionnaire en tête, suivi de près par l’administrateur des colonies : ils nous ont dépecés jusqu’à la moelle nous laissant un os au travers du nez. Pas étonnant que ce dernier s’est épaté jusqu’à bloquer définitivement un sourire à toute épreuve. Eh bien dansez maintenant ! Vous avez voulu votre indépendance ? Voilà, vous l’avez. Et nous avons dansé, les bananes autour des reins ; et nous avons chanté, le balai entre les mains : et Giscard d’Estaing nous reçut au Palais de l’Elysée…au petit déjeuner : nous étions éboueurs !
Alors il y a eu cette femme, elle s’appelait Calixte ; qui a dit : on ne peut pas continuer comme ça : des siècles que nous vivons ensemble et à peine un immortel ? Je veux ma médaille si non je casse tout ! C’est parti des banlieues : ils nous avaient parqués-là, en réserve non pas de la république mais pour touristes en mal d’exotisme ! Puis ils ont marché sur Paris. Sarkozy a commencé par dresser des barricades, histoire de limiter le tsunami mais c’était sans compter avec la déferlante marée noire. Heureusement, il a eu l’idée de réinstaller Auswichz sur Seine. Il en crama donc quelques uns, fut félicité par Le Pen et devint président de tous les Français y compris ceux d’origine africaine: certains rentrèrent même dans son Gouvernement !
A chacun son Oncle
De l’autre côté de l’océan, l’Oncle Tom venait de sortir tout droit des champs de coton, nous n’avons plus pendant des décennies eu droit qu’à ce riz au long grain : l’incollable oncle Ben ! Pendant qu’eux héritaient de l’oncle Sam d’Amérique, nous, nous devions nous contenter de l’international prolétarien. Le pétrole pompé de la terre de nos ancêtres participait de l’antique malédiction. Plus on en avait plus les petits Biafrais proliféraient : onchocercose, mouche tsé tsé, ton-ton mak-out, toutes ces bestioles tropicales ne suffisaient plus à limiter nos naissances. Il fallait quelque chose de radicale sinon, le monde, le leur évidemment courrait à la catastrophe : alors ils cogitèrent pendant des décennies et au bout de quelques nuées de fumées, l’arme fatale fît son apparition .Ils lui donnèrent un nom encore plus compliqué que les nôtres : Virus de l’Immunodéficience Humain Sida, une arme de destruction massive pire que celle qui détruisirent l’Irak.
Sous prétexte que deux tours, probablement mal construites : (ils n’ont pas les pyramides en héritage) comme cela se passe souvent chez nous, avec les fées-man et les marchés fictifs…)se sont effondrées au centre de leur quartiers d’ affaires, ils ont été jusqu’à obliger ce pauvre Popaul à déclarer une guerre à l’autre bout du monde, en lui faisant croire qu’il présidait leur Conseil de sécurité, une organisation pire que les missiles à tête chercheuse. Quand il s’agit de trouver des dictateurs africains, il n’y a pas pire que Mugabe parce qu’il a eu le malheur d’exiger ses terres (qui ne sont même plus fertiles), en guise de cadeau d’adieu pour son peuple !
Heureusement, il y a eu un jour cette femme qui a signé l’indien dans un bus là-bas, en disant trop c’est trop : je ne descends pas ! Je ne reste pas à ma place ! Si vous croyez que c’est une vie ça de n’avoir sa place nulle part dans le monde. D’ailleurs ils ont failli m’embarquer à Kondengui l’autre jour : dans un bus foireux, avec pare-brise cassé et climatisation approximatif, parce que j’ai demandé qu’on m’explique pourquoi 50 ans après, on nous traite comme sous le « terrorisme »…et là croyez-moi, il n’y a eu aucun Martin Luther King pour rêver pour nous : silence et rires verts dans tout le bus ! C’est moi qui dérangeais à poser des questions aux agents en camouflé et en charge de notre sécurité…
Monfils, sauvé des eaux
ça me rappelle l’histoire de ce « mec » que sa mère a dû cacher pendant des jours, sur l’eau pour qu’il échappe au courroux du roi exterminator…Galilée au Cameroun ? Là sous nos yeux à l’ère de hyper communication peopolisée, voilà que le monde découvre un champion dans l’arène. C’est qu’il est Noir, Français d’origine africaine, comme ils disent. Malgré son génie, malgré ses exploits, malgré son rêve et sa hargne d’être champion, la France de Sarkozy ne voulait pas voir Gaël Monfils, ne pouvait pas le dénicher : planqué dans les courts de banlieues, parqué dans le monde de l’infamie… probablement, caché par sa mère comme un trésor.
Comment font-ils pour ne pas nous voir ? Dans leurs négriers au long cours, c’étaient nous. Dans leurs champs de coton, c’était nous. Dans leurs plantations de cacao ce fût nous. Dans leurs équipes de football c’est encore nous. Dans leurs prisons, dans leurs Eglises, nous, toujours nous ! Ils prétendent qu’il y a eu six millions de tués dans les camps de concentration : ils oublient qu’ils ont là sous les yeux tout un Continent transformé en camps de concentration depuis des sicles mais ils ne nous voient pas ; parce qu’ils ne veulent pas nous voir. Obama a dû faire tout une campagne sans dire qu’il est Noir ! Il devait pour qu’ils l’acceptent dans leur monde, se renier : expliquer pourquoi, il portait un « boubou » africain ! Mais qui ce qui nous les a collé ces boubous comme notre vêtement traditionnel ! Le Boubou c’est bon pour nous : pas pour un futur président américain…
Alors il y a eu cette femme avec son histoire d’Assemblée du Peuple, avec sa pétition. Elle disait qu’elle voulait qu’une fois, juste une seule fois, par les imprévisibles hasards de l’amitié… Vous allez dire que je me répète. N’oubliez-pas d’aller signer cette pétition, sur le net ou chez moi, vous savez où la trouver. Même le fameux mythe de Sisyphe, ils ont été jusqu’à l’écrire à l’envers : vous voyez bien que devant chaque homme, il y a toujours une femme : et c’est elle qui joue les mères porteuses. Il a fallu qu’Hillary accouche d’Obama !
Marie Louise Eteki-Otabela
mle_otabela@hotmail.com
http://mle.blogspirit.com
http://www.lapetition.com/sign1.cfm?numero=1760
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03.06.2008
Enfants du pays@Yahoo.fr (suite)

Bonjour Madame.
J’ai lu avec intérêt votre chronique portant sur les pétitions en ligne.
Je vous livre ici mon point de vue sur ce mode de lutte.
Pour commencer, je voudrais bien vous dire que j'ai assisté à la naissance de toutes les organisations de la Diaspora que vous énumérez, à l'exception du cercle Felix Moumié qui est né après le forum de Paris. Je tiens aussi à vous dire que je ne suis plus membre d'aucune de ces structures dont je n'approuve pas du tout les méthodes de combat. Mon opinion sur les pétitions en ligne va dans ce sens.
A propos du vrai peuple…
D'abord, la proportion des compatriotes qui ont accès à cette technologie de communication est très limitée et leur répartition très inégalement répartie en fonction des pays de résidence et de la zone d'habitation (Rurale-urbain) pour ceux qui habitent le Cameroun.
Ensuite, et mes contacts à l'union européenne me l'ont confirmé quand je voulais les faire signer la pétition contre la suspension du maire de Fontem tout récemment, ces pétitions créent l'effet inverse. En d'autres termes, leurs résultats sont interprétés comme reflétant les aspirations des camerounais, ce qui est évidement faux. Par exemple, depuis juin 2007, au plus 1500 personnes ont signé la pétition du CODE contre la modification de la constitution et pour le départ de Biya en 2011. Croyez- vous vraiment que sur les 16 millions que nous sommes officiellement, et sur la proportion des compatriotes ayant accès au net, seuls 1500 souhaiteraient le départ de BIYA? Le problème, c'est que c'est là une forme de militantisme facile et qui selon moi sert à se faire bonne conscience. J’étais fortement opposé à la pétition du CODE, tout comme celle de LIBERAL dont j'étais président jusqu'en septembre 2007. Ces pétitions se trompent pour la plupart des autorités adréssataires ( ?) et confondent dangereusement leurs missions quand elles n'occultent pas simplement les considérations géopolitiques et conjoncturelles à prendre en compte dans certaines revendications.
Pour revenir à la votre dont je n'ai pas pu lire le texte (le lien ne fonctionne pas apparemment), je crois qu'elle diffère un peu des précédentes de par la manière, mais je pense qu'il y a moyen de faire mieux. Je pense qu'en lieu des pétitions-slogans, on peut faire des pétitions-mobilisant, comme vous tentez de le faire. Mais alors, au lieu d'inviter les gens à venir la retirer auprès de ses promoteurs, vous déplacer pour solliciter la signature et l'adhésion du vrai peuple au projet. Ce vrai peuple, ce sont les sauveteurs de nos marchés, les transporteurs (Taximen, camionneurs et autre), les paysans, les milliers d'étudiants qui n'ont pas toujours accès au net... La liste n'est pas exhaustive. Constituez des équipes mobiles qui iront les rencontrer, qui parcourront les villes et Campagnes, les Campus, les places de marché, les gares routières et même les débits de boissons où ce peuple méprisé et spolié vient noyer de temps en temps ses frustrations ; les hôpitaux, même les milieux carcéraux. C'est ainsi que cette pétition mobilisera et sensibilisera en même temps le peuple qui s'appropriera du projet d'assemblée populaire. Mon organisation est disposée à s'investir à vos côtés en argent et surtout en ressources humaines si vous donnez à cette pétition la dimension que je viens d'évoquer.
Je terminerai par mon souhait de prendre connaissance des termes de référence de cette assemblée s'ils sont déjà disponibles, ou de participer à leur élaboration si elle est en cours.
Du courage pour ce que vous faites dans les conditions que nous connaissons.
Celui dont le destin est de subir
La réaction de ce jeune camerounais que je connais depuis quelques années est révélatrice de toute une génération de résistants qui ont émergé dans les années 90. Elle me permet de redonner quelques précisions sur notre projet d’une deuxième Assemblée du Peuple et au passage de dire quelques mots sur la haine de la pensée dans notre pays. Car au Cameroun, le discours du Pouvoir est devenu le discours social et veut qu’en réalité personne ne prenne une initiative qui s’écarte de la logique régime : le statu quo. Non seulement, nous devons subir la « loi » du régime dans tous les domaines de notre vie mais n’avoir comme seul destin que subir la loi d’une population anéantie par 50 ans d’impuissance politique.
D’accord chacun a son histoire de vie…Mais ce dont il s’agit ici, dans le cadre de ce projet, c’est de notre histoire commune. Nous savons tous qu’elle est la situation actuelle du Cameroun même si nos opinions peuvent être différentes sur cette situation. Ce qui est certain, c’est qu’actuellement ce projet est la seule proposition sur le tapis pour toute une classe politique qui veut sortir de ce régime et nous espérons bien rallier le plus de gens possible. Alors nous essayons de lancer une campagne de communication à travers tous les supports qui peuvent servir de relais aujourd’hui dans ce cas-là… Bien évidemment Internet est un de ces moyens de communication moderne. Nous y avons donc lancé cette pétition ! Et je crois bien que le lien fonctionne dès lors que vous l’écrivez correctement et entièrement jusqu’au numéro indiqué.*
Combien de nos compatriotes ont accès à Internet ? Ce serait intéressant de la savoir exactement…Dans tous les cas, nous sommes des milliers à avoir des centaines d’adresses e-mail…Bien sûr la Démocratie est une question de nombre mais nous savons aussi – du moins nous le savions dans notre génération- qu’une avant-garde révolutionnaire…c’est quelques personnes et parfois cela suffit pour lancer un grand mouvement populaire ! Et puis voyez l’Assemblée par décret : ils ne sont que 180 députés supposés être dépositaires de la Souveraineté populaire, c'est-à-dire du pouvoir absolu de plus de 18 millions de citoyens ! La démocratie pour nous c’est aussi la qualité du choix de ces représentants du Peuple. C’est pour cela que pour nous, même si nous n’arrivons à avoir moins d’un million de signatures –et sur le Net et au pays- ce sera suffisant pour nous donner mandat de convoquer cette Assemblée ! Ce sera tout de même plus démocratique que les décrets signés par le seul président de la république et donnant « pouvoir » à 180 citoyens qui sont incapables de défendre les intérêts du Peuple camerounais depuis que cette Assemblée existe! « Légitime, notre objectif ouvre des perspectives concrètes de transformation sociale et politique »**
La haine de la pensée
Ces pétitions et la nôtre en particulier ne cherchent pas à confisquer ni l’objet ni les formes de lutte. C’est vrai qu’il y a une manie au Cameroun qui relève de la haine de la pensée et partant des intellectuel-les : c’est cette idée que la vrai lutte ce n’est qu’avec le vrai peuple, sur le terrain, avec les fusils ; que la seule manière de combattre le totalitarisme c’est une démarche unique (avec un parti unique de l’opposition), totale. Une lutte ne se confisque pas. On ne peut pas avoir de résultats par une voie unique. L’objectif d’une pétition ce n’est pas d’avoir 18 millions de signatures! C’est juste une indication par un certain nombre de personnalités, petites ou grandes, qui permet de marquer l’adhésion à une cause ou à un objectif que l’on veut atteindre : C’est le Manifeste des 341 femmes connues en France qui a popularisé la lutte pour le droit à l’avortement : on n’a pas eu besoin de 20 millions de signatures des françaises pour qu’il y ait la loi Simone Weil ; c’est les 12 apôtres qui instituèrent l’Eglise Catholique , il y a plus de 2000 ans ; ceux qui entreprenèrent la longue Marche en Chine avec Mao, en Inde avec Ghandi ou à Cuba avec Che Guévara et Fidel Castro, et plus près de nous, l’ appel de 97 des intellectuels***…camerounais, n’étaient pas des millions.
Donc il s’agit de se donner les moyens de réaliser un objectif. Ce n’est pas forcément une marche populaire, un meeting politique ou une manifestation de « benskin ». Sakharof entreprit seul sa marche pour le droit à la libéralisation de l’URSS (mais avant, il était physicien qui aura par la suite le prix Nobel…). Les enfants du pays apportent chacun ses moyens, ses méthodes suivant ses compétences. Les Sawa disent ceci : quand on tire la pirogue dans le même sens, tout le monde finira par y monter parce qu’elle prend le large ! Les démarches d’enfermement et de confiscation des luttes quelle qu’en soit la forme…sont rarement bonnes et jamais innocentes. Comme on le dit en parlé populaire : l’ennemi ne dort jamais !
L’idéologie qui accompagne ou sous-tend le régime politique au Cameroun implique que tous les Camerounais et Camerounaises appliquent une seule et même norme : la pensée du Président… autrement dit, la pensée unique. En réalité depuis près de 50 ans, les gens de ce pays s’activent sous la consigne : ne pas penser. Il s’agit ici de construire un leadership politique collectif et chaque enfant du pays peut y contribuer par sa créativité pour qu’ensemble nous puissions sortir de ce régime.
Marie Louise Eteki- Otabela
mle_otabela@hotmail.com
http://mle.blogspirit.com
notes----------------------------
* http:// www.lapetition.com/sign1.cfm?numero=1760
** André Bellon nous a envoyé le document - projet d’une Assemblée Constituante en France.
***Ils étaient six : Eboussi, A.Mbembe, Monga, Etounga Manguele, A.Kom, et Mongo Beti !
13:45 Publié dans chronique du mardi | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

Opération "100 femmes au parlement", le combat continue.
REPONSE SUR ECOVOX 


