27.05.2008

Enfants du pays@Yahoo.fr

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Le 29 avril dernier sur les conseils des compatriotes, je vous proposais de renouer avec notre tradition de pétitions. Ce sont les pétitions qui ont permis de plaider la cause de notre indépendance aux Nations Unies dans les années 50. C’est chose faite : les Camerounais expriment leur colère par des pétitions en ligne*. Aussi nous avons décidé, le 20 mai , jour de fête nationale de lancer notre pétition sur la toile et sur le terrain. Parce que nous voulons faire la politique autrement et sortir des sentiers battus. Nos morts ne nous demandent pas de les pleurer mais de continuer leur combat. Alors nous devons sortir de la première réaction qui est celle de la colère pour construire ensemble l’Autre Cameroun. Parce que vous êtes des millions de patriotes à faire partie de cet autre façon d’être Camerounais et Camerounaises, je suis sûre que vous serez des millions à lire, à signer cette pétition et à soutenir le projet d’une Assemblée du Peuple Camerounais.

Notre colère par les pétitions en ligne

Depuis quelques mois, plusieurs organisations camerounaises au sein de la diaspora expriment leur colère sur la toile à travers une kyrielle de pétitions. Les manifestations populaires du mois de février dernier ont mis le feu aux poudres dans les rues de plusieurs rues des villes camerounaises, plusieurs camerounais ont été assassinés, d’autres emprisonnés… Pendant que certains camerounais dénoncent sur place la situation ambiante, au niveau de la toile, l’opposition s’est aussi organisée à travers des pétitions. Camer.be a identifié quelques unes parmi elles.
L’asbl LIBERAL- CEBAPH (Cercle Belgo Africain pour la Promotion Humaine)
( http://cebaph.lalibreblogs.be/) ouvre son blog par une pétition pour la création d’une commission d’enquête internationale sur les massacres des manifestants de février dernier au Cameroun. Cette pétition est disponible en lien externe sur http://2076.lapetition.be/.
Cette association a déjà recueilli 112 signatures.
Du côté du CODE (Collectif des organisations Démocratiques et patriotiques des Camerounais de la Diaspora ( http://www.lecodecanalblog.com)
La pétition intitulée «Oui a l’alternance en 2011 au Cameroun. Paul Biya must step down in 2011», disponible en lien externe intégrée sur http://www.ipetitions.com/petition/CamerounAlternance2011/index.html est à plus de 1500 signatures
Autre pétition, autre son de cloche : http://cnrmun.afrikblog.com/.
Ici le CNR-MUN (Conseil National pour la Résistance - Mouvement Umnyobiste) affiche en filigrane sur son blog une « pétition Internationale contre les crimes de Paul Biya et pour la libération de tous les prisonniers politiques au Cameroun ». En lien externe, cette pétition est disponible surhttp://www. PetitionOnline.com/280208/petition.Html. A ce jour, le CNR a récolté plus de 189 signataires. Même sensibilité chez le Cercle Félix Moumié (http://cerclemoumie.blogspirit.com) avec la pétition intitulée « Soutenez la jeunesse et les étudiants camerounais ». Pétition disponible en lien externe sur http://www.petitionspot.com/petitions/non_à_fuir_ou_subir_jeunesse_kamer
Le Comité de Coordination du CODE publie également une pétition pour la création d’une commission d’enquête internationale sur les massacres de manifestants désarmés fin février 2008 au Cameroun, disponible sur http://2072.lapetition.be/ avec 13 signataires
Toutes ces pétitions posent quasiment les mêmes problèmes et sollicitent plus ou moins les mêmes institutions. Toutes ces organisations sus citées exigent la mise sur pied d’une Commission Internationale d’Enquête, sous l’égide de l’Union Africaine et des Nations Unies, pour faire la lumière sur les massacres perpétrés par les forces armées et de police du gouvernement camerounais contre les populations, exigent des autorités camerounaises la libération de toutes les personnes arrêtées à la suite des manifestations populaires de la fin février au Cameroun; décrient la fermeture de certains médias audiovisuels camerounais, exhortent la communauté internationale à dénoncer les violations massives des droits de l’Homme et les exactions du gouvernement camerounais etc. Tous ces liens ont été obtenus grâce au moteur de recherche de WIKIO, qui a pris le soin de répertorier dans la blogosphère camerounaise des liens relatifs aux multiples pétitions sur la situation actuelle du Cameroun.

La nôtre est un peu spéciale : http://www.lapetition.com/sign1.cfm ?numero=1760

C’est la seule façon d’échapper (et encore…) à la répression du régime Ahidjo-Biya.
C’est un moyen modernisé de communication que chacun de nous peut gérer quand il veut, quand il peut, chez soi, au bureau ou au Cyber d’à côté…
C’est la seule initiée par un parti politique : La Coordination des Forces Alternatives, légalisé depuis 1997 au Cameroun. Nos enfants seront fiers de l’afficher 50 ans, un siècle ou plus, après nous.
C’est la seule qui propose une solution politique au blocage actuel du processus de démocratisation dans notre pays. Il s’agit d’avoir votre mandat pour convoquer une autre Assemblée, l’Assemblée du Peuple camerounais, nôtre Assemblée ! Elle donne à tous les enfants du pays –comme disait Ruben Um Nyobè- la possibilité d’accomplir enfin leur devoir de citoyen : le droit de voter librement.
C’est la seule qui vous propose d’organiser ensemble notre pays : nous avons arrêté de compter sur la bande à Biya ; nous avons arrêté d’attendre le salut de leur régime.
C’est la seule qui ne se contente pas de pleurer nos morts : la seule façon de les venger, c’est d’inscrire leur combat, leur martyr dans l’Histoire de notre pays, dans notre réalité sociale.
C’est la seule dont vous connaissez les promoteurs : ils ont à leur actif, l’organisation d’un Contre-sommet France-Afrique (depuis le Cameroun) en l’an 2001.
C’est la seule que vous pourrez aussi signer physiquement : chez ses promoteurs ou la photocopier vous-mêmes. Nous devons inonder le pays de cette pétition jusque dans les villages.
C’est enfin la seule qui vous demande une contribution (symbolique) de 100 Frs cfa (ou ce que vous pouvez) pour matérialiser votre adhésion et permettre la tenue de cette Assemblée dans les mois qui viennent.
C’est la seule (probablement) initiée par une femme !

mle_otabela@hotmail.com
http://mle.blogspirit.com
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* texte en ligne de Ulio, 2 Mai

13.05.2008

Strictement confidentiel

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Cela fait 50 ans que nous luttons pour la libération du Peuple Camerounais en courant après
un Etat qui nous apparaît maintenant à tous et à toutes comme étant contre ce Peuple. Pire cet Etat ne peut rien faire même pour améliorer les conditions de vie des populations du Cameroun. Nous avons essayé toutes sortes de stratégies en vain. Il me semble donc que depuis que notre Peuple a repris sa souveraineté en Juillet-septembre 2007 par un taux d’abstention record, nous devons engager un processus de construction d’un Cameroun parallèle, avec pour commencer une Assemblée du Peuple soucieuse prioritairement des intérêts populaires.
Les acteurs que je désigne par le « nous » ici, ce sont ceux que mon parti appelle « les forces
alternatives ». Nous essayons de coordonner leurs activités depuis 10 ans après avoir identifié la nature de ce régime politique. Nous avons créé un Comité National d’ Action Civique en 1999 constitué spontanément de 60 patriotes à travers le pays et qui voulaient reprendre le destin de ce pays en main. Nous avons crée en 2003, un Front des Forces Alternatives qui s’est donné comme objectif de changer le régime politique au Cameroun puis lancé un Cri avec des milliers de femmes Camerounaises…
Je me bats depuis des mois (c’est de tempérament comme vous dites…) pour que nous tenions
cette réunion ce jour. Je rappelle juste que : j’ai fait appel à cinq de mes compagnons de lutte de toujours : ils se reconnaitront. Abel Eyinga, le doyen de ce mouvement a fait l’effort de venir jusqu’à Douala, une première fois, mais cette rencontre n’a pas pu avoir lieu. Il m’a rappelée il y a quelques jours pour me féliciter pour le travail (de mobilisation) que j’abats (chroniques, pétition, courrier sur le net, etc). Il est avec nous et prêt à venir jusqu’à Yaoundé ou alors à nous recevoir à Ebolowa. Seul le camarade Moukoko Priso a répondu en disant que c’était un projet important et qu’il fallait une rencontre pour en discuter. Je connais le camarade Moukoko depuis au moins 40 ans dans le cadre de ce combat ! Evidemment René Eteki, mon compagnon de vie et de lutte depuis 45 ans est d’accord sur l’essentiel de ce projet. J’ai appelé également Essiga Benoît pour qu’il y représente le mouvement syndical parce que j’ai remarqué son efficacité pour la formalisation du projet de reconstruction d’un mouvement syndical indépendant au Cameroun. On ne se connaît pas autant qu’avec les trois autres camarades que je viens de citer. De même, Monsieur Okala Ebode qui est avec nous pour représenter le mouvement de la jeunesse Camerounaise.

Construire un leadership collectif

Il s’agit dans le cadre de ce projet de construire un leadership collectif pour sortir du blocage
qu’a représenté dans le passé la lutte pour un leadership personnel. C’est une des faiblesses du mouvement social au Cameroun pour ne pas dire de tout mouvement de transformation sociale. C’est le cas même dans le mouvement syndical dont la reconstruction est en cours actuellement. Notre objectif est de pouvoir mobiliser 100 000 travailleurs (du public et du secteur informel) en 2010. Nous soutenons ce projet, et nous sommes prêts à y travailler en commençant par mettre en place des termes de références à court terme pour une assemblée alternative.
C’est un projet important je le répète. C’est une idée claire mais qui nécessite encore d’être
plus clarifiée : on peut concevoir que cette clarification viendra au fur et à mesure que nous y travaillons…Il s’agit de mobiliser des millions de gens si nous voulons créer un rapport de force permettant de modifier le régime. Il s’agit donc de convoquer une Assemblée citoyenne pour transformer la société. A cela, je vois deux difficultés majeures :
- S’attendre à une réaction violente du régime car ce projet est une attaque frontale…
- Résoudre le problème du tribalisme qui bloque toutes nos initiatives.
Pour s’attaquer à un régime de cette façon, il faut nécessairement une contre- machine. Nous avons toujours dit que le combat nationaliste implique à la fois une dimension théorique (notre projet de colloque en 2009) et une dimension pratique que constitue un tel projet. Le mouvement de la jeunesse révolutionnaire est également en construction et rencontre tous les problèmes précédemment évoqués. Mais, il a à son actif, sa contribution dans l’insurrection récente à travers le pays. C’est dommage que ces soulèvements n’aient pas été relayés par les politiques. Ce projet pourra peut-être combler ce vide…Nous devons continuer cette lutte sur ces différents fronts. Il faut se donner une machine politique car le fond du problème est : comment faire ? Comment vendre l’idée, le projet d’une Assemblée du Peuple ? C’est une idée juste et forte : la difficulté reste dans son « instrumentation », sa mise en œuvre. Sans oublier l’épineux problème de mobilisation des moyens logistiques et financiers.

Notre Pétition est sur Internet

Je suis pour…une Assemblée du Peuple Camerounais.

Mon Peuple a payé de sa sueur pour faire de l’Amérique le continent le plus riche et le plus puissant du monde. Mais cela fait plus de 50 ans que des Africains meurent de faim : 50 ans qu’on leur parle de développement. Mon Peuple a payé de son sang pour sauver l’Europe du nazisme, le régime politique le plus totalitaire des temps modernes. Mais cela fait 50 ans que les Alliés ont instauré ce type de régime politique dans tous les pays africains. Mon peuple a versé des tonnes de larmes pour abandonner ses traditions mais cela fait des années que même l’Eglise a abandonné nos âmes à toutes sortes de sectes. Et par-dessus toute cette oppression, ils ont inventé le Sida pour finir mon peuple.

Alors il y a eu cette femme et son idée d’une assemblée parallèle à l’assemblée « nationale » : vous savez, l’assemblée que le président Paul Biya a confisqué au Cameroun pour rester président à vie comme tous les présidents africains.

Il parait qu’il existe à travers le monde tout un mouvement pour soutenir l’idée de création d’une deuxième Assemblée au Nations Unies, composée des représentants des peuples non plus des Etats comme l’actuel Assemblée Générale de l’organisation des Nations Unies. L’Assemblée de l’Union Européenne donne de ce projet, la justification suivante : « Un tel organe pourrait contribuer à la formation de nouvelles solutions lorsque les politiques gouvernementales sont dans l’impasse ». Ce qui est actuellement le cas du Cameroun…
- absence de souveraineté nationale,
- absence de démocratie
- tribalisme au-dedans et racisme vis à vis de notre Société depuis 50 ans.
Aussi La Coordination des Forces Alternatives, la CFA vous propose d’organiser un autre Cameroun, un Cameroun parallèle, pour renégocier notre souveraineté, mettre en place des institutions parallèles, organiser une nouvelle société moderne et plurielle. Voilà pourquoi le projet d’une Assemblée des Peuples de l’ONU nous intéresse. La Cameroun pourrait être le premier pays à organiser une Assemblée du Peuple qui, le moment venu, enverrait les représentants du peuple camerounais à
l’Assemblée des Peuples des Nations Unies.
Les 60 membres du Comité National d’Action Civique pourraient convoquer cette Assemblée en 2008.
Nous avons besoin de votre soutien pour que nos millions de voix comptent.

Je, Eteki-Otabela Marie Louise ……………….soussigné
née le 13 avril 1947 à Ebanga (Okola) Lekié-Ouest
Autorise le Comité à convoquer l’Assemblée du Peuple au Cameroun.
Organisation :La Coordination des Forces Alternatives (La CFA)
Adresse : BP 5618 à Douala ; e-mail : mle_otabela@hotmail.com
N° CNI : 104261948
Signature : a signé.
______________________
Post- Scriptum (absolument nécessaire) : Vous pouvez lire la pétition sur Internet : http://www.lapetition.com.Cliquez sur « politique » ; et signez ! Vous pourrez aussi déposer votre commentaire, l'imprimer et la faire connaître autour de vous; la reprendre dans vos blogs, etc...Elle va être lancée sur place au Cameroun le 20 mai...fête nationale! soyons des millions à la signer et à le faire savoir!!!

06.05.2008

France-Cameroun, je t'aime moi non plus

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La réaction d’une personnalité française à notre manifeste pour une assemblée constituante me donne l’occasion de vous rappeler en passant que d’une part, la création de l’ Etat au Cameroun est le fait de deux actes du gouvernement français (1), d’autre part, on peut également considérer l’existence de ce régime politique comme l’aboutissement d’une décennie (1948- 1958) de revendications nationalistes. Dans les deux cas, il s’agit certainement d’une crise politique vieille de plus d’un siècle entre la France qui veut conserver sa mainmise sur les richesses nationales de notre pays et les peuples camerounais qui veulent accéder à la souveraineté nationale afin d’avoir leur mot à dire dans la gestion de ces richesses. Nous avons perdu la bataille au sortir de la seconde guerre mondiale. De Gaulle nous a « accordé » une indépendance minée mais pour le Souveraineté nationale, la lutte continue.

Qui va sauter sur la mine ?

Vous, vous êtes protégés, probablement, par des siècles de Lumières, alors l’obscurantisme a fait son nid chez nous. Vous, vous avez aboli la monarchie, mais nos « traditions » ont la peau dure. Le monde « libre » vous a sorti du nazisme mais Mitterrand a bien essayé de nous débarrasser de notre premier égocrate : c’était pour mieux nous enfoncer avec Biya, son illustre successeur ! Et comme vous le savez maintenant, au bout d’un an de pouvoir, ce n’est pas votre Tarzan actuel qui nous sauvera des sauvages de la brousse équatoriale…Le totalitarisme tranquille (2) de la France s’est muée sous les tropiques en un fascisme pur et dur : une sorte de totalitarisme réussi, celui qui ne laisse pas de traces et qui banalise le mal absolu. Pire nous sommes convaincus que ce mal est un pis-aller tant que la France n’a pas donné le signal de cette solution finale nommée génocide. Et vous savez bien que c’est déjà arrivé, là, sous nos yeux…
Vous savez bien que nos peuples ont toujours pris leur part de responsabilité : nous résistons à ce régime politique et à tout ce qu’il charrie depuis cinq décennies. Mais la France n’a de cesse que de cacher cette résistance en nous faisant passer pour des gens qui sont contre leurs pays. Dès lors que nous osons dire « vous ne pouvez tout de même pas tout prendre et nous laisser mourir » sous toutes sortes de prétextes. On conclut que nous sommes contre les intérêts de la France ! La France a donc été nettoyée des nègres au Karcher…Alors il va falloir se ré asseoir ensemble et décider que les « intérêts vitaux » de la France n’ont pas juste une portée de 8 mille km quand il faut aller prendre le pétrole chez les autres. La France et l'Afrique sont liées par un même sort.
La véritable nature du pouvoir en France se révèle dans le désastre de nos pays. On l’a déjà dit. Il faut le redire parce que n’importe qui peut poser le pied sur la mine. C’est un peu ce que je rappelais à Noël Mamère au téléphone, de l’Assemblée nationale, le jour où Kabila a été assassiné. Nous avions organisé un Contre-sommet France-Afrique (le premier en terre africaine en janvier 2001) depuis le Cameroun et monsieur Mamère se réjouissait que le monde se soit débarrassé d’un dictateur ce matin-là. Bien des patriotes africains ont du se réjouir de la mort de Charles De Gaulle car s’il a libéré la France, il y est pour beaucoup dans l’anéantissement de l’Afrique. Il va falloir commencer à faire la différence entre un dictateur et un sauveur…Si j’ai soutenu Ségolène Royal en 2007 (3), c’est parce que justement, je pensais qu’elle pouvait, peut-être, commencer à montrer la voie dans le projet de construction d’un monde commun.

Organiser un monde commun

Ce n'est pas des lois qu'il faut dépoussiérer mais des décrets qui ont créé les Etats africains qu'il faut abolir; ce n'est pas le droit de vote aux municipales qu'il faut accorder mais des Etats de droit qu'il faut instituer en Afrique; ce n'est pas les chambres à gaz qu'il faut installer dans Paris mais les Camps de concentration de la France qu'il faut fermer, ici en Afrique.
Aux grandes douleurs, de véritables solutions. Comment les Français de Gauche peuvent-ils penser après avoir posé tant de fois de bons diagnostics (4) qu'il suffira juste d'une politique africaine honnête, réaliste et courageuse. On est tenté de dire ce sont là les vertus de la Droite. Mais les Politiques qui sont vraiment du côté des peuples, et qui font avancer l'humanité, ce sont les politiques qui font rupture avec l'ordre ancien: c’est De Gaulle disant« l'Algérie aux Algériens »ou proclamant «Vive le Québec Libre!» C'est Gandhi disant: nous n'avons pas les moyens de combattre les Britanniques, prônons l'arme de «la non ¬violence» ! C'est Martin Luther King annonçant qu'il a fait un rêve...Il s'agit de briser l'image de l'irréversible: il faut arrêter de diaboliser les immigrés et de ne voir les Africains qu'en hordes de misérables réfugiés forçant les frontières de la France et des pays occidentaux.
Il y a des Africains qui pour rien au monde ne voudraient vivre en France aujourd'hui parce que les pays occidentaux sont devenus pour nous synonymes de la haine de l'Autre: des pays qui suscitent et instrumentalisent le terrorisme pour aller s'accaparer des puits de pétrole des autres: Irakiens et Tchadiens, même combat! Des pays qui réinstaurent la guerre de religion en plein vingtième siècle parce qu’ils voulaient se débarrasser des Juifs : Palestiniens, et Soudanais, même combat! Des pays qui laissent échapper le virus du Sida de leurs laboratoires et accusent les singes du Cameroun : pour nos morts, tous les séropositifs d’aujourd’hui et de demain, même combat! Des pays qui instaurent l'arme chimique (en lançant des grippes aviaires comme ils lancèrent la bombe atomique) pour s'attaquer à un Continent que Mao ferma à la cupidité de leur logique marchande ; des pays qui ne voient les autres qu'en voleurs de leur pain alors qu'ils organisent tous les jours le sous-développement, la pauvreté, le marché humanitaire de la faim ( !) et toutes sortes de menaces écologiques (sang contaminé, vaches folles, bateaux polluants etc…) pour détruire l'humanité. Et on pourrait ajouter: les pays qui vont chercher le prétexte des critères pseudo-scientifiques de la génétique pour se protéger des damnés de la terre. Avec Rocard au moins c’était clair…La France ne peut pas recevoir toute la misère du Monde après l’avoir organisée en Afrique

Terre d'Afrique, bien commun de l'Humanité!

Finalement les choses apparaissent comme si après avoir découvert que l'Afrique est le berceau de l'Humanité - même si l'on s'efforce de nous déposséder de cela aussi en inventant tous les jours des fossiles concurrents en Occident- on ne veut surtout pas que les Africains aussi participent de cette humanité là. Sinon comment expliquer que l'on nous impose des Etats créés par décret des gouvernements étrangers depuis 50 ans? Comment expliquer que l'on nous refuse des droits inaliénables et que l'on nous mette en situation de négocier, pire de quémander (et les visas et) la démocratie qui est inhérente à l'Etat de droit? Comment expliquer que l'on bloque notre humanité au stade primaire de la tribu afin d'organiser des génocides périodiques pour se réapproprier les richesses de cette terre d'Afrique? Alors si l'on veut réellement que l'Afrique soit le bien commun de l'Humanité, il va falloir partager avec les Africains les biens communs que cette Humanité a produits au cours du temps, souvent grâce à l'Afrique. Cela peut aller chercher loin sur les bords du Nil... Mais pour commencer,
- il va falloir déclarer la Souveraineté nationale, bien commun de l'humanité et abolir par exemple le décret 501… du gouvernement français qui créa l'Etat au Cameroun (idem 1);
- il va falloir déclarer l’Etat de droit, bien commun de l'humanité pour que le processus de démocratisation s'amorce réellement dans les pays africains et en partager la gestion avec nos patriotes;
- il va falloir déclarer la Société plurielle, bien commun de l’humanité au lieu des Sociétés à tolérance zéro qui institutionnalisent les tribus (inférieures) et la race supérieure par mépris de nos peuples ! Et si vraiment les Français n'ont plus rien à proposer pour cette grande aventure commune du troisième millénaire, qu'ils soutiennent l'alternative aux «pouvoirs africains ».
Alors Monsieur Bellon, signez et faites circuler notre pétition, nous allons montrer la voie.

Marie Louise Eteki-Otabela mle_otabela@hotmail.com ; http://mle.blogspirit.com
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1- Le décret n°57-501 du 16 avril 1957 du Gouvernement Guy-Mollet ; l’ordonnance n° 58-1375 du 30 décembre 1958 du Gouvernement de Michel Debré, Premier Ministre sous l’autorité du Général De Gaulle.
2- Le Totalitarisme tranquille. La démocratie confisquée ; Andrée Bellon, Anne-Cécile Robert, éd. Syllepse, 2001
3- Cf. notre Lettre ouverte à Ségolène Royal
4- Rapport Hessel in Eteki-Otabela :2001, p 470.

01.05.2008

La Pétition

Bonjour Madame,

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« Je viens à peine de lire votre papier poignant et fort intéressant publié sur le site du journal le messager. Moi je crois que vous avez tout dit même si les pontes du régime montent au créno les uns après les autres pour faire leur "one man show" pointant du doigt les responsables des partis d'opposition comme étant les commanditaires de ce qui s'est passé dans notre pays, mais une chose est sûr, nul ne peut cacher la lumière du soleil et on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps.
Moi par contre j'ai un problème avec vous, leaders des partis d'opposition : il ne fait plus l'ombre d'aucun doute que lors de la prochaine session parlementaire, le projet de loi portant modification de la constitution passera tel une lettre à la poste. Qu’est ce que vous faites par rapport à cela ? Je m'attendais à ce que vous vous organisiez pour créer des supports soit manuels ou sur le net où les camerounais dignes de foi peuvent donner leur point de vue sur ce sujet (pétitions) parce qu'en le faisant, bien que le projet passe, le monde entier saura que le peuple camerounais n'est pas d'accord. Il n'est jamais trop tard, l'impulsion peut venir peut-être de vous qui sait ! »
Voilà le message que m’a envoyé une femme camerounaise le 11 mars dernier.

L’impulsion peut venir peut-être de vous, qui sait !

C’est vrai qu’en seize papiers depuis janvier, j’ai tout dit. D’abord pour éviter que notre pays aussi ne tombe dans le piège de la violence, mais on a tout de même compté une centaine de morts ! Ensuite le monde entier a su que le Peuple camerounais ne voulait pas que la Constitution du Cameroun permette à Paul Biya de se représenter en 2011, mais Biya a quand même été sacré président à vie. Enfin nous, nous avons proposé depuis Juillet 2007 que le Peuple camerounais ayant repris sa souveraineté par un taux d’abstention record, l’opposition réorganise une vaste insoumission morale. N’ayant d’autre tribune politique que la rue, la jeunesse Camerounaise y est apparut en face de ce Pouvoir et s’est faite massacrer comme toujours depuis 50 ans…
Alors les femmes Camerounaises ont fait le bilan : 22 députés en un demi- siècle ! Et nous avons profité de ces assises pour lancer le premier appel à une Assemblée Constituante. C’était le 26 novembre 2007. J’ai été reçu à la Grande Tribune en décembre. Quatre Jeunes journalistes me demandaient d’expliquer : quand, comment, dans quel cadre ? Avec qui et avec quels moyens ? Alors dans les contraintes de temps qui nous étaient imparties, j’ai essayé de rappeler que l’Autorité suprême, ce que l’on désigne par le Pouvoir dans un Etat, ce sont les Camerounais et les Camerounaises qui l’ont. C’est pour cela que l’on parle du Peuple souverain. Mais l’Histoire amène parfois les peuples à être conquis, dominés ou anéantis : nous nous avons été colonisés pendant des décennies. Aucun peuple quelque soit le traitement que le dominateur lui inflige alors, aucun peuple n’accepte de vivre en esclave définitivement. Comme tous les Peuples de la terre, le nôtre a lutté jusqu’à prendre les armes contre les colons et leurs associés, jusqu’à la tribune des Nations-Unies…
Et quand un Peuple se libère d’un tel joug, il s’assoit dans ses différentes composantes, pour dire publiquement, sur une scène politique aménagé à cet effet et réaffirme dans ses différentes composantes sociologiques, économiques et politiques, sa volonté de vivre ensemble. On parle alors d’Assemblée Constituante. C’est cette assemblée qui définit les modalités politiques, économiques et socio- culturelles de ce vivre ensemble. Tout ceci peut alors être transcris dans plusieurs registres en termes de Constitution, d’Accords de coopération interne et avec d’autres peuples, bref toutes sortes de Convention de fonctionnement. La plupart de nos problèmes ne trouvent pas de solution depuis 50 ans, pas parce que nous sommes plus nuls que les autres peuples (n’en déplaise au président Sarkozy) mais parce que nous n’avons pas eu l’occasion de poser cet acte fondamental. Qu’il s’agisse des massacres de 1955 ou du massacre de février 2008, notre drame c’est que notre lutte de libération nationale (qualifiée des évènements de 55 ou des émeutes de la faim en février) continue d’être censurée. On se bat, on en meurt mais on ne doit pas le dire! On continue de nous demander mais qu’est-ce que vous faites, vous les opposants ? Quand Um Nyobe est assassiné le 13 septembre 1958…est-ce qu’il savait qu’il avait contribué à arracher au moins une fausse indépendance pour et avec son Peuple ?

Il n’y a pas de solution miracle…

Il y a l’interrogation sincère sur l’utilité de nos combats : pourquoi, le peuple nous ferait plus confiance qu’à Biya ! Il y a l’arrogance (honteux tout de même…l’assassinat d’enfants, ça ne porte pas bonheur au responsable de ces crimes) de ceux qui se réjouissent : on vous a cloué le bec : parlé encore ! Vous pouvez toujours continuer à faire de la littérature…Il y a la résignation feinte, de ceux qui, bons joueurs, nous conseillent de nous préparer pour 2011!C’est la réponse à ma lettre à Valère X
Bonjour Madame,
« C'est avec satisfaction que j'ai reçu vos arguments, et croyez moi, ma position a un tout petit peu évolué. Je commence à (y) croire, seulement il subsiste quelques motifs d’inquiétude. Notamment, je me demande comment vous, candidate aux futures présidentielles, vous réussirez à mobiliser un électorat suffisamment important pour vous faire gagner. Il me semble déjà que le temps est court pour objectivement assurer un marketing efficace de votre candidature. Moi j’y crois, mais il faut bien convaincre pleins d’autres électeurs! Comment comptez-vous y parvenir? Il y a aussi le fait que l'élection a une très forte coloration ethnique ou on voit très régulièrement les gens voter par affinité régionale. Il suffit de voir d'où viennent en général les députes de l’opposition: ceux de l UDC, du Noun, ceux du SDF ouest et Nord Ouest, etc. Comment arriver à surmonter ces clivages qui me semblent déterminants pour l’issue globale d’un vote? Il y a aussi désormais l’incertitude même sur la date de la prochaine élection présidentielle, vu que le pouvoir peut désormais provoquer des élections anticipées, mettant ainsi à mal toute tentative de préparation sérieuse de la part de l’opposition. Comment parer à une telle éventualité, ou comment y faire face si cela arrivait? Beaucoup de contraintes qui me font souvent penser que le changement pacifique au Cameroun, par les urnes, ce n'est pas pour demain. Peut être qu’une étape "dure" serait nécessaire pour corriger un certain nombre de problèmes structurels. Toutefois, je sais que votre intelligence pourrait toujours nous trouver la "solution miracle" dont tout le monde rêve, même si c’est sans beaucoup y croire. Merci. »

Mais nous sommes prêt(e)s

« Madame, je pense qu'il y a une tendance générale qui dit que deux ou trois domaines de la vie sociale ne s'embarrasse pas beaucoup des sentiments. Ici on parle souvent: du politique de l'économique et de l'intellectuel. Je ne suis pas convaincu qu'il fallait nécessairement suivre le rat dans le trou. Car en essayant de présenter les actes forts de votre vie comme Valère X l'a apparemment voulu, vous découvrez là un pan sentimentaliste de vous que je n'étais pas prêt à découvrir à travers votre Chronique. Je pense que si Valère X voulais vraiment voir ou lire les actes forts de votre vie, et s'il se veut sérieux, je crois qu'il y'avait un autre moyen de le faire (...) Seulement à travers votre lettre, il est fort à parier qu'il vous mettait à l'épreuve de ne pas seulement faire de l'intellectualisme qui consiste souvent à théoriser les faits sociaux, mais surtout à pinailler à longueur de journée sans actions concrètes (...) Vous comprenez donc que chez nous ce qui compte très souvent lorsqu'une "inconnue" comme vous s'élève à travers des chroniques hebdomadaires dans le Messager, la première interrogation qui vient: C'est qui?, qu'est-ce qu'il a déjà fait? Elle veut quoi au juste. Les moyens de communication moderne comme internet nous permettent de mieux savoir. Entrons un peu dans Google et donnons le nom Eteki- Otabela et puis... Alors si j'ai parlé de sentimentalisme plus haut c'est par ce que je me dis que ce Valère X qui a certainement un Computer au bureau et à la maison comme vous et moi, aurait certainement fait cette démarche mais hélas…
Je reviens sur le conditionnement dont nous faisons l'objet, pour dire que les actions de fin Février ont montré que ce conditionnement ne porte plus. Mais il reste maintenant l'équation de l'armée camerounaise qu'il faut nécessairement résoudre. Que le chef de l'armée zimbabwéenne et celui de la police ne soient pas prêts à servir un autre que Mugabe montre bien l'absurdité du combat des libertés collectives et individuelles que les peuples opprimés d'Afrique mènent. Par contre l'évidence des faits politiques et intellectuelle qui marquent votre vie montrent à quel point vous êtes engagée Seulement c'est une contradiction d'être " capable de défendre les intérêts" des Camerounais d'une part et d'admettre ne pas vouloir " finir martyr" d'autre part. Ce serait faire preuve d'un cynisme démesuré que de vous concevoir un engagement en trompe l'œil. Mais vous admettez avec moi que s'engager c'est se responsabiliser, et la responsabilité voudrais qu'on soit prêt... dès le moment qu'on ouvre son esprit pour décrier les actions politiques et sociales de la classe dirigeante. Je suis donc convaincu qu'indépendamment de cette attitude qui me choque, et que je n'ai peut être pas mieux cerné la portée, vous êtes prête...
Pour terminer, je vous dis sincèrement que je vous admire, pas par ce que vous êtes une femme, mais aussi par ce que vous êtes une femme intellectuelle et engagée comme on n'en connaît très peu au Kamerun. Recevez donc le bonjour rarement ensoleillé de cette ville de…en Allemagne, d'un de vos admirateurs qui attend impatiemment vos chroniques hebdomadaires.
À la semaine prochaine. »
Marie Louise Eteki-Otabela
mle_otabela@hotmail.com
http://mle.blogspirit.com

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