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23.04.2008

Deux ou trois choses que je sais d'elle...

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Le 8 Janvier 2008. Vous vous souvenez, Olympiades sur le char des dieux ? C’était, disons les présentations : une sorte de carte d’identité pour introduire cette chronique. Certains ont dû penser : encore une qui a vécu sous un régime nazi. « Papieren ! » D’autres y ont vu peut-être simplement une marque de délicatesse. Comme disait ma belle-mère à toute personne qui entrait chez elle. Tu es l’enfant de qui ? Eh bien moi, je vous parlais d’Olympe de Gouges et de Bénazir Butho : des grandes dames, des peuples meurtris. Du jour qui va se lever.

De l’invention du quotidien

Retenez bien la chronologie. Les partis politiques avaient dit : il faut envahir le stade ! Puis l’ Assemblée traditionnelle des Sawa a renchéri : Paï o madiba ! et c’est seulement en troisième position que Biya a repris ce mot d’ordre : l’heure est à l’action. Mais quand le Peuple lui descendra dans la rue fin février, comme toujours, on dira qu’on n’a pas vu les partis politiques « d’opposition ». D’autres pousseront même jusqu’à douter qu’il existe encore des résistants dans ce pays : « où sont passés les progressistes camerounais? » En guise de vœux de bonne année, je vous disais que seule une Assemblée Constituante pouvait nous sortir de ce bourbier. Surprise générale même le « Messager » n’a pas cru devoir mettre cet annonce sur internet. Seul le site allafrica.com a repris ce message- réquisitoire contre un régime du mensonge institutionnalisé.
Le 15 Janvier, heureusement que le succès du président Colombien, Hugo Chavez, dans la libération des otages, nous a donné l’occasion de revenir sur les trois propositions qui étaient alors faites à nos « terroristes » à nous : Une déclaration de guerre du CODE ! Tene Sop(1) est fort heureusement revenu par la suite à de meilleurs sentiments…en parlant de concertation et d’alternative politique. Abel lui, proposait depuis bien des années la création d’un Contre- Pouvoir. Question de langage et de génération ? En fait, on est toujours là dans la recherche d’une alternative. Nous , nous donnons alors trois bonnes raisons pour la tenue de cette Constituante : d’abord c’est une revendication historique de notre Peuple…Ensuite elle sera le cadre idéal pour faire le bilan de ce qui s’est passé au moins depuis 1960 ( préalable incontournable pour Me Yondo Black) et nous permettra de répondre à la question de « l’instrumentation » qui pour René Eteki revient au fameux comment faire pour y arriver et que tout patriote se pose depuis 50 ans? Et enfin, il s’agissait de coordonner un certain nombres d’initiatives. Ce que nous avons fait dès la mi- janvier…Mais le Messager n’arrivait toujours pas à faire passer cette autre façon d’être humain au Cameroun.
Alors le 22 Janvier, j’ai mis le paquet : Carrément une déclaration d’amour aux 20 millions de camerounais ! En vous regardant droit dans les yeux, j’ai dit à chaque personne « Je veux que tu sois ». Sarko venait de nous anéantir à Dakar…J’ai juste alors insisté auprès du REC du Messager en leur disant que je tiens à ma photo. Pour moi, cette image un peu passée, aux contours flous est l’image d’une élégance physique et morale. C’est comme cela que j’aurai vu un descendant des pharaons aujourd’hui. Ils voulaient une photo éditorialisante ( ?) moi, je leur proposais une Pyramide nommée Assemblée Constituante ! E ça a marché : une bande de jeunes africains férus d’égyptologie et fiers de l’apport de notre humanité à la civilisation universelle ont fait de ce texte un vrai monument de beauté sur leur site(2). La première à réagir c’était Nathalie, elle enseigne aux USA : je vois que tu a une pêche d’enfer et que la lutte continue ! Et puis, il ya eu un certain Charles Gérard qui m’a appelé : très chère ! Moi, je résiste à tout sauf à la courtoisie. Il voulait une interview pour le site afriquechos.ch : il a dit que je traitais Paul Biya de dérive monarchique. Vous savez bien que j’ai fait mieux…Un visionnaire tout de même ce Charles Gérard !
Car comme je disais le 29 janvier, tout cela, la Société Civile, les meetings, les marches, c’était trop de réalisme. Je donnais alors des noms de gens qui comme moi, ne font que des rêves impossibles : Eboussi, Ela, Obenga, et même Achille des grands jours(3) ; des noms de Princes, de Compagnons, des femmes avec des trésors d’amour ; je mettais la communauté internationale en garde, je prenais l’armée à témoin. J’ai été jusqu’à prévenir que nous avons dans ce pays, une jeunesse qui attend juste le signal…Personne ne voyait toujours pas en quoi pouvait consister cette histoire d’Assemblée Constituante : un étudiant de Douala me demandait même de créer un site juste pour expliquer cette « idée »… Disons que du côté des femmes, il y a eu ce CRI, celui de nos bébés, le premier cri de la vie.Tout homme l’a poussé. Toute femme (qui) a connu ce moment inaugural: nous savons tous que c’est une sorte d’échapée belle.

Un imaginaire alternatif

Des années que nous essayons de construire cet imaginaire alternatif comme dit Achille. Il y a d’abord un profil, un itinéraire de vie. Des gens dont on ne sait jamais vraiment s’ils sont d’une tribu… Ceux dont l’appartenance identitaire relèverait plutôt de ce que j’appelle la 11è tribu, s’il faut absolument prendre encrage quelque part. Ce n’est même pas souvent un endroit physique, ni géographique. On se sent bien quelque part. Ma communauté de femmes disait dans les années 80 : ça fait du bien même quand on n’y milite pas de savoir que le CFR est là… « Ces nouvelles formes d’organisations, d’associations et de réseaux capables de favoriser la naissance de nouvelles formes de militantisme bien enracinées dans les réalités locales , mais aussi capables de s’articuler sur l’international » (4) existent dans notre pays. Chacun y reconnaîtra sa chapelle. Mais ce qui est sûr, c’est que l’on ne devient pas leader politique parce que l’on a fini sa carrière professionnelle ou parce que la vie est dure aujourd’hui. Dans tout métier, dans tout travail, il y a toujours la dimension « politique ». Cette passion de l’autre qui nous amène toujours à aller au – delà de nos intérêts personnels.
Soixante patriotes s’étaient mobilisés en 1999 pour reprendre le destin de ce pays en main. Ils s’appelaient : Abel Eyinga, Yondo Black, Eteki René, Mongo Beti, Eteki-Otabela, Samuel Mack-kit, Moukoko Priso, Bakang ba Tonyè, Mahouvé Nzié Rachel, Hubert Kamgang, Kamga Victor, Odile Tobner,Ndo assoumou jean, J-B Mpelé Bodiong, Kadem Jean, Samson E. Monejengue, Dorothée Kom,Souaibou Bouba, Nkwengué Pierre, Calixte Beyala, Alphonse Tcheumenang, Daniel Etounga-Manguele, jean Takougang, Bilouga Gérard, Youmbi Victor,Ghonda jean-Pierre, Temgoua Etienne, Dipanda Ndongo Armand, Ntwoku Joseph, Mboubouo Mengah Claude, Inack Jean Chrysosthome, Moto Moto Jean, OttoEngoutou, Kwindji Lambo Janvier, Dongmo Joseph, Nga Jean Joseph, Boo Daniel, Augustin Jouaka Alfred, Tchasse Jean-Claude, Kanmogné Elias, Heutching Paul, Belong Jean-Dieudonné, Fomekong Pierre, Tietcheu Bertrand, Fosso Armelle, Meutchieye Félix, Eboussi Bulaga, Djemba Jean-Pierre, Awoumou wwwjean-Pierre, Robert Simo, Fonkoua Michel, Njikam Ibrahim, Sende Patricia, Mbeng Gabriel, Nanze Alain, Kamdem Sébastien,Atanga Lucien. Sans compter les les associations de la diaspora, les amis des peuples africains et leurs différentes organisations qui ont soutenu le contre-Sommet France- Afrique en l’ an 2000.
Vingt six organisations de résistants se sont mobilisés en 2003 et se sont données un Objectif : sortir du régime politique que l’on nous a imposé depuis l’ « l’indépendance nationale ».C’étaient AJC, La CFA, MDI, MNSD, MP, NFP, PSLD, SDP, UDT, UFDC, UPC pour les partis politiques et AFRIC- NATURE, ABC DEMOCRATIE, ACPEC, CLUB RP, CNR, COCITEL, CRI DE MON SANG, ONE CHALLENGER ? PRODHOP ? REBELLION MORALE ? ROC ? SELTOUS ? FESTI-SCOLAIRE

Une vaste insoumission morale

« Il s’agit aujourd’hui de la constitution d’un véritable mouvement politique démocratique capable de transcender les clivages objectifs de la société camerounaise. Dans les conditions actuelles, un tel mouvement ne saurait être qu’un mouvement moral, une vaste insoumission morale ». Mais comme dit Achille Mbembe, « il doit également être capable de rallier de manière réaliste, toutes les forces constituées de l’ opposition, y compris, si cela existe, la dissidence latente au sein du parti au Pouvoir ».
Ici, c’est seulement à la 5è chronique que les Camerounais se sont « gâtés » sur le net. Des centaines de messages, des dizaines de sites et de blogs reprenant ces chroniques. Mon nom a été associé à celui de Che Guévara …parce que je disais le 5 février qu’il fût l’idole de notre jeunesse, celle qui s’affichait révolutionnaire , ceux que papa Foch et son illustre grand Camarade avaient rebaptisée « subversifs » alors qu’ici au village, n’importe qui est bombardé du titre de « personnalité » et se prend dès lors pour le nombril du monde : Olanguena, lui s’est dit récemment le nombril des Eton- manguissa…à chacun ses ambitions.

Marie Louise Eteki- Otabela
mle_otabela@hotmail.com
http://mle.blogspirit.com
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1-Le SG du CODE
2- htt://african.xooit.biz/t188
3-et 4 : article d’ Achille dans le Messager du 16 avril 2008

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15.04.2008

Une Assemblée des Peuples au Cameroun

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Mon Peuple a payé de sa sueur pour faire de l’Amérique le continent le plus riche et le plus puissant du monde. Mais cela fait plus de 50 ans que des Africains meurent de faim : 50 ans qu’on leur parle de développement. Mon Peuple a payé de son sang pour sauver l’Europe du nazisme, le régime politique le plus totalitaire des temps modernes. Mais cela fait 50 ans que les Alliés ont instauré ce type de régime politique dans tous les pays africains. Mon peuple a versé des tonnes de larmes pour abandonner ses traditions mais cela fait des années que même l’Eglise a abandonné nos âmes à toutes sortes de sectes. Et par-dessus toute cette oppression, ils ont inventé le Sida pour finir mon peuple. Qu’avons –nous fait à l’Humanité pour mériter un tel sort. Quand nous voyons comment les mêmes humains, pourtant, se mobilisent aujourd’hui pour les Tibétains, franchement, les Africains se demandent ce que nous avons fait au bon Dieu. Nous avons de la peine à croire qu’il s’agit juste d’une banale histoire de marché que représente la Chine. Alors il y a eu cette femme et son idée d’une assemblée parallèle à l’assemblée « nationale » : vous savez celle que le président Paul Biya a confisqué au Cameroun pour rester président à vie comme tous les présidents africains. Il parait que ce n’est pas une idée nouvelle(*).

Ce n’est pas une idée nouvelle

Les débuts de ce mouvement remontent à 1889, lorsque l’Union interparlementaire (UIP), la plus ancienne organisation des parlementaires d'Etats souverains, a été établie et est devenu ensuite une association de parlement nationaux. Depuis, de nombreuses propositions ont vu le jour, des conférences, des rassemblements mondiaux, et des personnalités internationales éminentes se sont penchés sur la création de cette deuxième assemblée élue démocratiquement qui serait un organe parallèle à l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations-Unies. Elle sera composée des représentants des assemblées des peuples de chaque pays. Il faudrait juste déterminer dans quelle proportion et le processus de mise en œuvre.
Or dans une de ses résolutions sur ce projet, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe donne la justification suivante : « Un tel organe pourrait contribuer à la formation de nouvelles solutions lorsque les politiques gouvernementales sont dans l’impasse ». Il ne fait de doute pour personne au Cameroun aujourd’hui que le régime politique est dans une impasse totale sur la question de la délégation de la souveraineté du peuple : l’Assemblée nationale qui doit être constituée d’hommes et de femmes élus par le Peuple pour le représenter et exprimer ses aspirations est absolument prise en otage. Le Parlement, institution de l’Etat qui permet à la Société dans toute sa diversité politique de participer au processus de gouvernance a été ramené au Cameroun au stade primaire et apolitique de représentation ethnique… Incarnant la souveraineté du Peuple, c’est en toute légitimité que le Parlement peut concourir à l’expression de la volonté de l’Etat au plan international : l’Assemblée de Biya n’incarne plus que son parti politique et tout acteur économique, politique ou social sur le plan international doit savoir que dorénavant toute décision que prendra ce pouvoir est illégal et sera dénoncé par le Peuple Camerounais.
Nous convenons qu’il n’y a rien de nouveau dans ces constats. Nous décrivons cette situation d’absence de souveraineté nationale, d’absence de démocratie et de racisme au-dedans et vis à vis de notre Société depuis 50 ans. Ce qui est nouveau, c’est que je vous propose d’en finir avec Biya et son régime. Nous pouvons organiser un autre Cameroun, un Cameroun parallèle, renégocier notre souveraineté, mettre en place des institutions parallèles, organiser une nouvelle société moderne et plurielle. Voilà pourquoi le projet d’une Assemblée des Peuples de l’ ONU nous intéresse.

Biya et ses tribulations ça ne nous intéresse pas

Ça y est. Biya a fait voter sa Constitution, la troisième. Il la promulguera probablement le 20 mai ? Alors est-ce que cela a changé quelque chose dans nos vies ? La vie est-elle moins chère au Cameroun ? Non. Les prix qu’il avait promis de faire baisser ont-ils baissé ? Non. Y a-t-il plus de démocratie au Cameroun ? Non. Même le principal parti de son opposition n’a pas voté : bienvenus chez les résistants ! Avons – nous plus d’eau dans nos maisons, moins de coupures d’électricité, moins d’accidents sur nos routes ? Non. La santé pour tous au moins en l’an 2008 ? Moins d’impôts à payer ? Non. Les frais de scolarité, de transport ont-ils baissé ? Non. Si les Camerounais décident demain que ce texte n’a pas de raison d’être, ils l’aboliront.
Alors pourquoi toute cette agitation ? Juste pour faire distraction. Biya peut décider qu’il est le bon Dieu. Est-ce que c’est notre problème. Ça ne nous intéresse pas. Il peut décider qu’il se représente 100 fois ; que s’il a commis des assassinats politiques, des crimes économiques, il ne sera pas poursuivi : c’est son problème ! Ça nous fait une belle jambe qu’il se fasse couronner dans sa chambre ou par ses 160 clones à l’Assemblée. Il les a suffisamment payé pour ça… Si ses maîtres lui demandent ce gage de soumission : que Biya soit l’esclave dans la maison du maître. Cela l’amènera probablement encore à faire encore quelques assassinats. Ils lui font juste faire leur sale boulot.
Il a dû déclarer la guerre à la jeunesse, parce que vieillissant, il ne peut gérer qu’une jeunesse inerte et apolitique. Il en a tué plus d’une centaine et se préparer à en tuer plus s’ils osent encore mettre le nez dans la rue…à jouer aux apprentis-sorciers ! Il a dû déclarer la guerre économique à toute une partie de l’Afrique : ils ont exigé que ce soit son ministre des finances d’alors qui annonce la dévaluation du Franc CFA en 1994 : nous avons dû renoncer à notre souveraineté monétaire ! C’est depuis qu’il se terre chez lui. Ils ont poussé le cynisme jusqu’à mettre tout son peuple en danger de « terrorisme » en lui faisant déclarer la guerre au Peuple Irakien qui ne veut pas lâcher son pétrole : il leur a vendu le nôtre des années d’avance !!! Pour lui tout cela participe des moyens légaux…

Je vous présente le Comité National d’Action Civique.

En juillet 1999 six patriotes camerounais décident de « reprendre le destin de ce pays en mains » en créant un Comité National d’ Action Civique. Pour la libération du Cameroun.
Le premier m’avait dit : Le problème aujourd’hui n’est pas d’exiger le départ de tartampion… mais d’impulser une action collective si nous voulons réellement changer de régime politique. Si ce Comité veut travailler dans le sens d’un changement radical de régime politique…alors tous les patriotes seront parti-prenant. De six, nous avons été des milliers au Contre-sommet France-Afrique en janvier 2000 !
Le deuxième pensait que ce Comité devait organiser et nous proposer un cadre pour qu’on commence par faire une sorte de bilan général. C’est un préalable à toute action politique significative dans ce pays. On ne peut pas en faire l’économie. L’Assemblée Constituante serait le cadre idéal aujourd’hui. Notre problème c’est comment arriver à la tenir ?
Pour le troisième, le fond du problème c’est en fait la question « d’instrumentation ». On ne peut pas continuer à faire la politique comme dans le passé avec les mêmes stratégies, les mêmes moyens et presque les mêmes tics…face à un pouvoir toujours plus soutenu et qui ne fait que se consolider avec le temps ! Voilà pourquoi, nous ne voulons plus nous occuper ni de Biya, ni de son régime. Voilà pourquoi la démocratisation des Nations-Unies nous intéresse avec le problème d’organisation, de logistique, de communication et parce qu’il existe déjà un Fonds pour financer leur Assemblée des peuples.
Le quatrième pensait aussi que si c’était pour recommencer la même chose avec les mêmes personnes qu’en 90-91, ce n’est pas la peine…mais si on se donne d’abord une véritable pensée politique, avec un leader au-dessus de la mêlée, alors on peut voir… Nous avons au moins depuis 2001, une analyse systématique de ce régime et nous restons ouvertes à toute autre proposition, sauf les malhonnêtes !
Bravo ! nous a dit le doyen du groupe : c’est la preuve qu’il y a encore dans ce pays des patriotes qui sentent à quel point notre patrie est en danger et sont prêts à faire quelque chose de concret pour l’en sortir. J’espère que ce Comité va exiger la démission de Biya dans les mois qui suivent car comme je viens de l’expliquer dans les colonnes du Messager ( !) tout changement profond dans le sens justement de la libération des Camerounais, est hypothéqué par sa présence à la tête de l’Etat. C’était en 1999…
N’est-ce pas là les prémices dans la mise en œuvre d’une Assemblée du Peuple Camerounais ? Alors si nous avons 5000 signatures dans les jours qui suivent, je m’engage ‘ici, solennellement, à convoquer cette Assemblée en 2008. Et si nous remplissons les conditions requises, la première Assemblée du Peuple camerounais se tiendra avant le fin de cette année.
Marie Louise Eteki-Otabela

mle_otabela@hotmail.com
http://mle.blogspirit.com
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Cf. l’article de Bill Mccarthy, La démocratie aux Nations Unies (sur le net)

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08.04.2008

Darling je vous aime beaucoup

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Dimanche prochain c’est mon anniversaire, le 13 avril. Treize est donc mon chiffre porte-bonheur. Alors qu’est-ce que je fais : je reprends tout à zéro ? Je résume les 13 textes écrits ici depuis Janvier ? Il n’y a été question que d’amour, de beauté et de courage. Reprenez-les, triturez-les dans tous les sens, vous verrez qu’il ne s’agit que de ces trois « choses ». D’ailleurs j’ai reçu une abondante correspondance dans ce sens. Des jeunes gens m’ont même annoncé qu’ils en faisaient du théâtre…On verra. D’autres ont illustré « je veux que tu sois » à merveille : un vrai chef d’œuvre de beauté ! D’autres me demandent de leur proposer un titre pour en faire un film « contre le régime de Biya ».On avance ! Alors j’ai pensé à cette chanson(*). Parce que quelqu’un m’appelle Darling depuis 45 ans. Parce que je veux en faire une histoire d’amour entre moi et 20 millions de personnes. Peut-être même plus. C’est l’Histoire qui en décidera. Disons, juste encore un ou deux textes ici et je m‘éclipse avant la catastrophe annoncée.

Je ne sais pas what to do

Cela aurait pu être l’histoire d’une femme comme je vous disais le 8 Janvier dernier, une femme qui rêvait que la politique devienne une histoire d’amour. Pourquoi? Mais parce que tout le monde comprend plus facilement quand on vous aime et quand on aime. Je peux vous réexpliquer dix mille fois ce qu’est une nation, pourquoi c’est important d’en avoir une et qui soit souveraine. La souveraineté se définit comme la détention en droit de l’autorité suprême, c’est à dire d’un pouvoir absolu (dont tous dépendent) et inconditionné ( qui ne dépend de qui que ce soit, même pas de Biya). Dans un semblant de démocratie comme dans notre pays, la souveraineté est détenue par le Peuple qui habituellement la délègue au Parlement et au Président de la république. Or depuis les élections de Juillet dernier, le Peuple camerounais a repris sa souveraineté. C’est comme dans un mariage, quand on dit que le mariage est fini : il y a un divorce. Traditionnellement, on dit qu’on déchire l’acte de mariage. Ou bien la femme enlève la bague et la rend à son ex- mari ! C’est clair pour tout le monde.
Ce sont les hommes qui n’ont pas voulu qu’on leur parle d’amour dans la vie publique. Ils ont coupé la tête d’un roi et adopté la Déclaration universelle des droits de l ‘Homme et du Citoyen. C’était en 1789 après avoir pris la Bastille… le 14 Juillet, ils ont mis fin à des siècles de monarchie, un régime que l’on disait d’essence divine…pour instaurer la république c'est-à-dire la liberté, au fondement de la politique. Tous les citoyens naissent libres et égaux en droit…Cela signifie que c’est quelque chose qui relève plus de la volonté des gens que de la réalité. Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Or notre problème c’est que nous n’avons pas de Nation: les gens de ce pays ne se sont jamais assis pour dire « nous voulons vivre ensemble sur ce territoire ». Voilà pourquoi nous n’avons aucune autorité suprême sur quoi que ce soit : Biya pas plus que vous et moi.
Le Pouvoir joue les tarzans parce qu’il a les moyens légaux, c'est-à-dire la force de coercition : il peut ordonner de tirer sur des enfants mais il sait bien que même l’armée, il n’a plus…Qu’il a hérité de la fonction de président, d’Ahidjo qui lui-même l’a hérité d’Aujoulat et consort ! Alors c’est quoi ce cinéma ! Que veut-on cacher exactement en faisant croire qu’il y au Cameroun un problème de Constitution? Pour qu’il y ait Constitution, il faut d’abord qu’il y ait un Etat, pas un pays sous-tutelle. C’est la Nation rassemblée dans ses principaux éléments qui décide que nous voulons un Etat, un Etat de telle ou telle Nature. Alors une Assemblée se constitue et décide quel va être l’esprit de cette Constitution. On charge des experts de la rédiger et cette Assemblée Constituante resoumet le texte à l’approbation générale de toute la population (en âge de voter).

Il était une fois…la révolution

C’est ce que nous avons expliqué dans ces colonnes en long et en large depuis trois mois. Mais les Camerounais continuent de faire comme si chacun regarde son voisin, en espérant qu’il résoudra le problème à sa place. Alors, que je vous rappelle comment les Français, qui n’étaient pas plus malins que nous, ont procédé pour se débarrasser d’un régime politique plus ancien et plus solidement ancré que le nôtre.
Le 8 Août 1788 Louis XVI convoque les états généraux
L'impossibilité de la monarchie à faire face à la crise financière, amène Louis XVI à convoquer les états généraux. Ceux-ci n'avaient pas été réunis depuis 1614. Sous la pression de l'opinion publique, le roi accepte le doublement des représentants du Tiers-état. Les 1 150 députés des trois ordres(**) se réuniront à Versailles en mai 1789 et, bien qu'ils n'aient pas les mêmes objectifs, ils parviendront à former la première Assemblée nationale et commenceront à remettre en cause les institutions monarchiques. Biya a convoqué le corps électoral en Juillet 2007. Le peuple camerounais par un taux d’abstention record (80-90%) lui a retiré sa souveraineté.
Le 17 Juin 1789, la première Assemblée Nationale
Le Tiers-état décide par 490 voix contre 90 de constituer une Assemblée nationale. Elle menace de suspendre la collecte des impôts au cas où on l'empêcherait de mener à bien sa mission de représentation et dénie au roi le droit de veto sur ses décisions. Le 19 juin, le clergé rejoindra cette Assemblée sur ordre du roi. Fin février 2008, prétextant une grève des transporteurs, le Peuple est descendu dans la rue dans les principales villes du Cameroun. Les forces de l’ordre ont tiré à balles réelles sur les émeutiers faisant plus de 100 morts. Principalement des jeunes enfants.
Biya menace de sortir les moyens légaux…
Le 9 juillet 1789, l'Assemblée sera déclarée "constituante".
Proclamation de l'Assemblée Constituante, l'Assemblée nationale née des états généraux convoqués à Versailles le 5 mai par Louis XVI, se déclare constituante. Les députés veulent modifier l'organisation politique et sociale du royaume et entament la rédaction de la Constitution. L'Assemblée constituante siégera jusqu'au 30 septembre 1791 pour laisser la place à l'Assemblée législative. Premier moyen légal : l’état de siège. Les forces de l’ordre et autres polices politiques occupent illégalement tout le Cameroun. Deuxième moyen légal : L’Assemblée nationale du RDPC en cession ordinaire en mars 2008 tente illégalement de faire sacrer Biya président à vie…

But I hope that you compree

Le 14 Juillet 1789, la prise de la Bastille marque le point de départ du mouvement révolutionnaire français (80 morts à Paris). Le symbole de l'arbitraire royal est tombé, l'Ancien régime touche à sa fin. Il y aura bien sûr des épisodes assez rocambolesques comme la tentative de la fuite du roi, la fusillade au Champs-de-Mars qui fait 100 morts, le rôle des milliers de femmes qui entrent à Versailles pour protester contre la vie chère…etc. C’est de ces premières assises que sortiront les principes fondamentaux qui sont à la base de la république française 300 ans après : l’abolition des privilèges, la déclaration universelle des droits de l’Homme et du citoyen, l’abolition de la royauté, l’exécution du roi et le début du cycle des tribunaux révolutionnaires…
Notre seul regret : que les révolutionnaires n’aient pas préféré la Déclaration universelle des droits de la Femme et de la citoyenne : elles, elles n’auraient pas oublié ni la moitié homme de l’ Humanité ni de régler le sort des colonies. All the things you mean to me…
Avril 2008. L’opposition radicale en concertation depuis le début de l’année, prendra l’initiative d’une Assemblée Constituante. Ce sera la première assemblée du Peuple des Nations-Unies au Cameroun…
Marie Louise Eteki-Otabela
mle_otabela@hotmail.com
----------------------------------------- http://mle.blogspirit.com
(*) de Nat King Cole
(**) La Noblesse, le Clergé et le Tiers-état.

13:05 Publié dans chronique du mardi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

01.04.2008

Lettre à Valère

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Je vous ai trouvé un peu crispé dans votre dernière réaction, une sorte de colère saine…Mais comme vous savez moi, je vais bien plus loin : je dis que nous sommes en guerre. Simplement, même en temps de guerre, il y a des règles. Actuellement je considère qu’il y a au moins deux camps au Cameroun : ceux qui subissent les effets de cette guerre (la majorité des Camerounais et des Camerounaises) et ceux qui se battent (par toutes sortes de moyens…dont ceux dits légaux) pour conserver leur parcelle de pouvoir. Dans le Peuple camerounais et même parmi les africains, qui résistent à ces pouvoirs, il y a quelques privilégiés (comme vous et moi) qui ont la chance d’essayer encore de réagir (nous pouvons aller sur le net, acheter et lire des journaux, etc…) Dans le cadre d’un échange comme celui-ci, on doit pouvoir déterminer clairement dans quel camp chacun de nous est. Comme disent mes amies féministes, d’où l’on parle.
C’est un fait que l’idéologie dominante est contre les « intellectuels » ceux qui essaient de prendre des distances vis-à-vis du régime. C’est cette idéologie qui distille le discours sur les actions « concrètes » ; elle est contre la pensée, toute pensée. Elle préfère que les gens accusent les mentalités : forcément lentes à changer…Elle oublie qu’une mentalité ça ne tombe pas du ciel. C’est forcément produit et surtout …entretenue. Avoir des capacités intellectuelles est-ce un crime ? Je considère que si l’on veut diriger un pays, il vaut mieux en avoir un peu…C’est à mon avis un atout contre l’obscurantisme que nous avons connu sous la 1ère république ici comme ailleurs (en Ouganda par exemple…). C’est évident que l’ancien colon lui, préfèrera toujours traiter avec des minus, des contre- maîtres dans la maison des esclaves…
Côté cœur, je n’ai jamais dit que j’avais ou même que les femmes en général avaient le monopole du cœur. J’essayais, hélas en quelques mots, ici sur le net, ou dans le cadre de cette chronique, j’essayais de vous dire ma conception du pouvoir ; en quoi elle est différente de celle des 199 autres leaders politiques dans notre pays. Ce n’est pas un disque rayé de dire que cela fait plus de trois mille ans que les hommes dirigent le monde. Et tout le monde constate aujourd’hui que nous sommes au bord de l’abîme, pas seulement au Cameroun. Je vous proposais donc que les hommes (intelligents et généreux, comme vous, je présume…) prennent de plus en plus le risque de confier un peu le destin de l’humanité aux femmes. Ce ne sera peut-être pas le paradis sur terre mais ça lui ressemblera ! C’est le regretté Tchuinchang qui disait : le mardi plus libre que le lundi…

Il nous faut un acte fort

Quant à mes actions concrètes, vous aurez compris que je déteste cette expression, qui n’est que le reflet de la phobie de la pensée. En général, ils disent : assez de théorie, on veut des actes concrets. Est-ce qu’on peut poser des actes sans avoir pensé, et bien penser. Mes amis résistants, auraient dit : une pensée juste, les plus radicaux auraient ajouté : et efficace…En soixante et un an de vie, j’en ai posé des actes ! Sur le plan familial et professionnel (évidemment comme tout un chacun) mais aussi sur le plan politique c'est-à-dire des actes forts (comme vous dites) d’intérêt général. Pour mémoire :
1- le 8 mars au Cameroun : c’est moi qui la première l’ai proposé aux femmes camerounaises dans Cameroon Tribune, c’était en mars 1984 ;
2- Le Contre-sommet France Afrique organisé au Cameroun en janvier 2001, c’était sur mon initiative ;
3- Le livre (un vrai pas un fascicule) sur « la nature totalitaire des Etats africains, le cas du Cameroun » (l’ Harmattan Paris, 2001) : les Français l’ont référé dans la bibliothèque interarmées de la Défense française, dans la rubrique « art de la guerre » !
4- Le mot « alternative » à la mode aujourd’hui, c’est moi qui l’ai lancé dans notre classe politique : mon parti était le premier (si non le seul) à s’appeler : la Coordination des Forces Alternatives, légalisé en 1997 ,la CFA en abrégé; dans les années 90, tout le monde parlait plutôt d’alternance, visant en cela, juste un changement de personne à la tête de l’ Etat, le fameux Biya doit partir ;
5- Le Front des forces alternatives (en février 2003)- interdit par les autorités de Douala- a permis de susciter la Coalition que vous évoquez, ( à Yaoundé en octobre 2003) ; mais qui se souvient du Front ? Une sorte de conspiration du silence…
6- Le Front, son existence a contribué à faire apparaître deux mouvances dans l’Opposition camerounaise : l’opposition institutionnelle ( que le régime s’est donnée) et l’opposition disons « alternative » ( pour ne pas vous fâcher plus…) celle qui veut changer de régime politique…
7- La CFA est le seul parti politique (à ma connaissance) à avoir une co- présidence légalement, histoire de dire que je ne conçois pas un pouvoir sans contre-pouvoir et de façon structurelle!
8- Ma candidature refusée à l’élection présidentielle de 2004 : l’ AT s’était mis en quatre pour fabriquer une deuxième candidature féminine pour qu’on ne dise pas que l’on a refusé la candidature de la seule femme qui a osé, dire qu’une femme peut aussi faire sinon mieux du moins différemment ; je suis la seule (sur les 40 candidats !) à avoir sorti un rapport sur ces élections, un livre « le face à face manqué » qui pose publiquement ma photo en face de celle de Biya : quel autre leader politique a pris un tel risque ?
9- Ma proposition d’un Parlement avec une majorité de femmes : l’opération « 100 femmes au parlement », aurait fait de notre pays, le premier au monde à avoir une majorité absolue de femmes( le cas du Rwanda s’expliquant par le génocide) : on le conçoit du RDPC ( 153 députés sur 180 !!!) mais pas des autres partis (100 députés femmes de différents partis)…
10- Ma proposition d’une Assemblée Constituante s’inscrit dans le cadre du débat actuel sur la modification ou non de la Constitution : il n’y a pas trois leaders politiques qui savent en quoi cela consiste et pourtant…c’est la seule vraie solution politique pour sortir de l’impasse actuelle. J’ai déjà lancé deux appels à ce sujet avec des indications précises sur ce qu’il faudrait faire pour refonder l’Etat et le Cameroun.

Une Opération coup de foudre pour la tenue d’une Assemblée Constituante ?
Alors si avec tout ça, vous me demandez encore de prouver aux Camerounais et aux Camerounaises que je suis la seule personne actuellement non seulement capable de défendre leurs intérêts mais qui sera toujours de leur côté, je ne sais vraiment pas comment y arriver sans votre soutien. Ce qui est sûr c’est que je ne veux pas finir en martyr : on en a déjà tellement eu…sans résultat palpable. Je n’ai pas non plus de solution miracle. Je suis décidée à rester en vie pour accompagner la résistance de notre Peuple à ce régime jusqu’à mon dernier souffle. Peut-on être plus fidèle à une cause ! Peut-être faudrait-il maintenant organiser une sorte de « coup de foudre » pour financer cette Assemblée Constituante, pour que cette assemblée constituante se tienne ; la majorité du peuple camerounais doit se manifester sur ce projet: nous sommes prêts à le défendre partout où il sera nécessaire. Qu’en pensez-vous ? Et… ce n’est pas un poisson d’avril. Marie Louise Eteki-Otabela mle_otabela@hotmail.com
http://mle.blogspirit.com

P.S. Je n’y suis pour rien si le Journal Le Monde (du 16 janvier 2001) m’a bombardée du titre de « intellectuelle » camerounaise à l’ occasion du Contre -Sommet France-Afrique et le journal « L’Express » de celui de « leader » du mouvement féministe au Cameroun. En réalité, comme mon nom (Marie) l’indique : je ne suis que l’humble servante de mon peuple, même si certains estiment que rappeler toutes ces choses c’est me « vanter ». C’est ma vie. Et je n’en parle de cette sorte que sur demande…

10:25 Publié dans chronique du mardi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note