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07.10.2006
La Femme qui voulait battre Paul Biya
La femme qui voulait battre Paul Biya
Marie Louise Eteki revient sur sa candidature refusée à l’élection présidentielle de 2004
Marie louise Eteki née Otabela a vécu la montée du féminisme en France dans les années 1970, lorsqu’elle préparait une maîtrise en sociologie à l’Université de Nanterre (France). Hasard ou concours de circonstance, cette université plantée dans le chef lieu du département des Hauts de Seine a pondu une cuveé dans ses amphithéatres : Daniel Cohn Bendit, Alain Geismar, Alain Krivine, Jean Edern Hallier, André Maspéro et autre Serge July, auteurs authentiques de l’insurrection estudiantine de mai 1968 qui ébranla la France avant de se faire inscrire dans l’histoire politique de la France en termes capitaux de « Mai 68 ».
En aval de cette mouvance, une avocate aux cheveux défaits, au visage émacié, au nez aquilin, Gisèle Halimi, d’origine nord africaine prit le relais. Secondée par sa consoeur Odile Dhavernas, contributrice du quotidien « Le Monde », elles réveillent le monde féminin plongé dans un somme prolongé. Le message est haut. Il trouve écho : la femme doit sortir de la plonge. Langeuse de mouflets depuis Eve, bastonnée par moment et interdite des complaintes, elle doit s’assumer et jouer des rôles politiques. Son bulletin de vote dans l’urne est une arme redoutable.
En France, Simone Weil entre au Gouvernement. Elle ne déçoit pas.Mittérant fait d’ Edith Cresson son Premier ministre. Marie Louise Eteki a vécu toutes ces mutations tantôt pacifiques tantôt violentes. Etudiante à Nanterre, elle a soutenu le combat victorieux d’ Angela Davis, cette révolutionaire noire condamnée à mort aux Etats-Unis, puis graciée par la rue. Rentrée au Cameroun, cette belle femme effilée d’époux sawa née dans la Lékié, s’engage en politique. Elle passe part l’écrit. Son quatrième livre, « Face à face manqué » (L’Harmattan) est une désolation, celle de n’avoir pas pu affronter le candidat du RDPC, Paul Biya, à l’élection présidentielle d’octobre 2004. Pour l’auteur, le thème central, « les grandes ambitions », est une fiction qui revient à l’ingéniosité des conseillers français de Paul Biya ui ont voulu transformer la nullité de leur candidat et son bilan catastrophique en une promesse d’autoglorification.
« Si Paul Biya avait mêmede simples ambitions pour son pays, ça se saurait ! (…) « Les grandes ambitions » cela a l "avantage d"en placer l"évaluation hors du temps ! La devise habituelle selon laquelle « Le Cameroun c"est le Cameroun » était devenue trop plate et triviale…estime Marie Louise Eteki.
L’auteur soutient que, dans un pays où les intellectuels ont été laminés, le pouvoir confisqué par un seul individu, les femmes violentées, seule une alternative hommes/femmes annulerait la « sortie Foning » et permettrait d’établir les équilibres sociologiques.
Marie Louise Eteki est convaincue que si sa candidature à la présidencielle de 2004 n’avait pas été écartée par le pouvoir de Yaoundé, elle aurait mobilisé l’opposition au sein de son parti, « Le Front des Forces Alternatives »*, pour constituer une véritable menace capable de battre Paul Biya.
La détermination de cette femme frêle, Ph.D en sciences politiques de l’Université de Montréal (Canada)** est telle que, galvanisée par le succès des femmes dans l’exécutif aux Philippines, au Chili, au Libéria,en Allemagne (et pourquoi pas en France ? ), elle pense que cela pourrait faire des émules au Cameroun où elle en serait le premier échantillon.
Admiratrice de Um Nyobe, de Cheik Anta Diop et de Jean Marc Ela, qui fut membre du jury statuant sur sa thèse à Montréal, l’auteur a choisi de s’exercer pour une démocratie intégralement ouverte à la femme, pour qu’elle préside aux destinées de nos pays. La configuration démographique du Cameroun l’ y encourage. Son bagage intellectuel et son courage lui fournissent des armes. Reste que le livre du politique replace dans le paysage éditorial qui émet un message prospectif, trouve lecteurs attentionnés.En attendant, le message de Marie Louise Eteki est sans ambiguïté : là où les hommes ont failli , il n’ y a aucun risque à oser l’alternative.
Xavier MESSE
(Dans le dossier « Cultures –Espace Livres » du Journal « Mutations » n° 1743 du Jeudi 21 sept. 2006)
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Opération "100 femmes au parlement", le combat continue.
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