05.08.2008
L' arme fatale: la tribu

Au commencement, il y avait les sauvages. C’est comme ça que les Blancs nous désignaient, nous tous, les africains, les indiens d’Amérique, et ceux d’ Asie, bref les gens différents d’eux et qu’ils vont découvrir au fil de l’Histoire. Or nous savons tout de même aujourd’hui que : « c’est dans le contexte des relations qui s’établissent entre les communautés humaines diverses, à la suite de conquêtes, de migrations, d’annexions que l’humanité des autres devient ethnicité ou tribalité »*.
De la démocratie apaisée
Il paraît que ça fait plus moderne de parler d’autochtonie. Nous sommes donc partis des individus possédant l’essence ethnique, c'est-à-dire une culture qui se manifeste uniquement en termes de coutumes et des traditions alimentaires, vestimentaires, artistiques, folkloriques, etc. Franchement de ce point de vue-là, je ne vois pas la différence entre l’homme bamiléké et les autres « l’homme » dans notre société. Tous sont capables de bien tenir la machette… n’en déplaise à François Soudan et ses nouvelles radios -mille collines !
Et Dieu créa donc les tribus. Puis qu’on partait de si loin, qu’il fallait bien évoluer, au bout de quelques siècles à opposer une définition an- historique du « vrai Douala », ou du « vrai Béti », une sorte de modèle figé à partir duquel, il était facile d’exclure ou de cantonner dans l’anormalité, toute personne n’exhibant point les qualités véritables de son groupe ethnique, on parla des minorités ethniques mais du peuple québécois. Malheureusement pour eux, la thèse du développement de l’évolution des systèmes politiques de ces minorités ethniques, du stade « traditionnel » vers le stade moderne ne s’est pas réalisée : ce processus de modernisation qui devait constituer l’une des données centrales de la vie politique contemporaine n’a pas eu lieu.
Pour la gloire de l’Etat autoritaire en néo colonie, il a fallu inventer des missions inédites: unir les tribus d’une part et assurer le développement (séparé, évidemment) d’autre part. Ils appelleront cela l’unité nationale des tribus occupées à la construction nationale. Ainsi après avoir posé la nécessité du parti unique et celle d’un Etat fort pour la réalisation de ces missions, la revalorisation de notre l’historicité va se faire à travers deux démarches : celle qui va rendre nos Etats responsables de l’échec de « la politique par le haut ». Elle avait tenté de donner un contenu positif à « l’autoritarisme » qui va réduire nos sociétés aux « politiques par le bas… » et une certaine visibilité aux modes populaires d’action politique. Au bout de 50 ans, ils sont bien obligés de reconnaître le double échec là- aussi de cette «débilité» d’ Etat.
Au raffinement de la Démocratie
Alors aujourd’hui, on nous sort du chapeau une démocratie tellement raffinée qu’elle va passer son temps à nous expliquer pourquoi malgré un discours basé sur le développement économique, l’Etat au Cameroun se charge en réalité de la destruction systématique des entreprises camerounaises alors que, parallèlement les entreprises étrangères connaissent chez nous , dans la même période , une expansion illimitée ; pourquoi, alors que tous les Etats de l’Organisation des Nations Unies assurent à leurs peuples à la fois des droits inaliénables attachés à chaque individu, des droits économiques et sociaux et le droit de disposer de lui-même à chaque peuple de la terre, nous, nous avons du renoncer aux libertés fondamentales, aux droits de la personne dans notre pays pour célébrer officiellement- pour la première fois, en ce mois d’Août 2008- les droits des minorités et des peuples autochtones… Pourquoi nos sociétés ne fonctionnent pas comme les autres ?
Nous avons assistés, impuissants à la destruction de nos capacités d’agir, à la fin de toute conscience morale au profit de l’immoralité : on se débrouille! Dans les administrations, du planton au ministre : on se débrouille. Dans nos pseudo usines, nos enfants (23, 43 ans !) sont broyés: il faut bien qu’ils se débrouillent. Dans les taxis, en ben skin, les femmes se font agresser tous les jours : chacun se débrouille. Ils appellent ça « l’insécurité ». Transport urbain, interurbain, ils n’y connaissent rien. Pour eux, aménager une ville c’est casser tout ce que l’on a d’abord laissé! Même le président (à vie) a failli y passer. Il n’avait qu’à ne pas appeler son avion l’Albatros : ils lui ont coupé les ailes ! Tu restes même dans ton village, l’insécurité vient t’y trouver: coupeurs de route, inondations, bière « 33 »…Même la lutte contre le sida !
Nous avons admis, trompés, l’abolition des libertés fondamentales dans ce pays au profit d’un corpus de lois, un arsenal de textes et de structures juridiques inextricables. Et tous les jours on en invente de nouveaux. La maîtrise du processus électoral, nous dépasse : on créé l’ Onel. Tout le monde reconnaît que ce grand « machin » ne sert à rien ? On créé Elecam. Même la Communauté internationale crie « au baudet ! ». A coup de milliards, on finance un soi-disant fichier électoral informatisé : là alors c’est la catastrophe : mon fils s’y trouve né avant son père ! Taux d’abstention record : on aurait mieux fait de continuer à garder nos vaches. Les voix électorales ça ne se compte pas à coup de têtes de bétail. Voilà que pour distraire la galerie, on ressuscite un mort : son testament propose enfin (!) le vote de la Diaspora (de Sarkozy) comme par hasard. Les médias oublient de nous annoncer la proposition la plus importante de ce rapport : l’interdiction des autres partis politiques. Ceux qui ne sont ni à l’Assemblée par décret ni sur le terrain communal confisqué par le RDPC et ses acolytes. Nous sommes revenus à la case Foccart…comme dirait l’autre.
Et toujours le même président
Nous concevons aujourd’hui la destruction de nos identités individuelles au profit d’une identité ethnique ! Bilao Ayissi a rompu la loi du silence : il ira peut-être en prison ou en tout cas, ils vont le lui faire payer… et alors ? Pour avoir exigé l’indépendance de son pays, Um Nyobè a bien été assassiné en forêt Bassa avant lui, un 13 septembre 1958 et Rudolf Douala Manga Bell, fût exécuté sur la place publique encore bien avant, le 8 Août 1814…pour avoir exigé la restitution de son territoire. Quand je dis que nos morts à Bakassi depuis six ans, c’est aussi la faillite d’un régime politique, incapable même d’avoir une diplomatie efficace, on me répond que je politise tout !
Quand est-ce que nous allons arrêter la méthode coué qui consiste à gérer un Etat- fiction ? L’Etat camerounais a accompli la vocation qui lui était assignée dans le cadre du système capitaliste mondial : il ne devait pas seulement, « encadrer », contrôler la force de travail depuis l’Indigénat: il doit pulvériser les forces productives au Cameroun tous les jours à coup de corruption et de décrets. Et c’est moi qui serai « anarchiste » ? Le premier Egocrate a abolit les libertés fondamentales pour instaurer la terreur comme mode de gouvernement. Son illustre successeur a fait sombrer le Cameroun tout entier dans la désolation, l’autre face de la terreur. En privant les citoyens et les citoyennes de ce pays d’une place dans le monde, c’est l’anéantissement réel ou symbolique du tissu social qui est constitutif de notre humanité que ce régime s’acharne à détruire.
Aussi lorsque je dis que nous devons tenir une Assemblée des peuples camerounais avant la fin de l’année, lorsque je dis que cette Assemblée doit être convoquée le 13 septembre…et que probablement, elle aura une session constituante, pour la restitution de notre Souveraineté, pour l’institution d’un Etat de droit et pour penser la tribu avant d’abolir le tribalisme, c’est moi que l’on met au défi : on attend de voir de quelle Autoch(é)tonie je me chauffe**.
Marie Louise Eteki- Otabela
http://mle.blogspirit.com mle_otabela@hotmail.com
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* (D. Juteau-Lee, citée dans Eteki-Otabela, 2001 : p.152)
** Dans tous les cas, nous avons battus le record des visites dans notre blog en juillet :1188 !!!
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29.07.2008
J'autorise l' ONU

Nous trouverons des techniques pour éviter le chantage. Nous sommes actuellement une multitude de faibles; n'oublions pas qu'une multitude de faibles réunie peut vaincre une grande force surtout si elle est de Satan. Face au manichéisme du monde, le mal fait des horreurs, se pavane et le bien fini toujours par l'écraser. Notre cause est juste parce que nous refusons tout simplement de mourir debout. Ce n'est pas aujourd'hui qu'ils nous tuerons car ils nous ont tué depuis longtemps. Nous allons trouver des techniques pour éviter la corruption… Continuez à croire que nous réussirons. C’est un Jeune Camerounais, Raphaël T. Il m’écrivait il y a une semaine à propos de l’Assemblée des Peuples et il terminait son message en me disant : merci maman !
Des techniques pour éviter le chantage à l’ordre public
Comme vous le savez l’ordre public a une bien curieuse signification au Cameroun. Si vous touchez soit aux intérêts français, soit au régime politique, vous tombez sous le coup de troubles à l’ordre public et parmi les « mesures légales » et les moyens légaux qui s’imposent alors , les autorités administratives ont le pouvoir de suspendre les libertés fondamentales ( !) , circulation des personnes et des biens, d’ arrêter les personnes et les biens, de requérir les forces de police et de gendarmerie, d’emprisonner (mesures de garde à vue de 15 jours renouvelables…) et surtout le droit d’utiliser les armes seulement si on leur tire dessus en premier : allez donc expliquer qu’aucun de nos enfants n’était armé et par conséquent ne pouvait tirer sur les policiers ! Pire, il fut un temps où entrer par effraction (vol) dans l’enceinte portuaire (territoire français au Cameroun ? !) était puni de peine de mort. Mais ça la loi de 90 ne l’évoque même pas…
Alors il nous est revenu en mémoire ce texte d’Abel Eyinga, expliquant en trois raisons l’attitude singulière de l’ONU dans l’affaire camerounaise : le revers que la France venait d’essuyer au Togo- en essayant d’organiser une véritable élection-, l’arrivée au pouvoir du Général De Gaulle dont l’un des objectifs était la reconstruction de la grandeur de la France…et comment l’ ONU abandonna les Camerounais à la vindicte française : ils seront massacrés par milliers et ça n’a pas arrêté depuis 50 ans. Or l’Accord de tutelle stipulait en son article 5 que : l’autorité chargée de l’administration pourra…procéder, le moment venu, aux consultations appropriées, en vue de permettre aux populations locales de se prononcer librement sur leur régime politique et atteindre les fins ( de développement et d’administration) définies par l’article 76 de la Charte des Nations Unies.
Il est dit expressément dans cet article que l’une des raisons d’être du régime de tutelle c’est « favoriser l’évolution progressive des populations vers la capacité à s’administrer elles-mêmes (c'est-à-dire l’indépendance) compte tenu des aspirations librement exprimées des populations intéressées » Ces aspirations ne pouvaient être clairement inventoriées qu’à l’occasion de consultations électorales libres et loyales. Or l’administration coloniale française ne se caractérisait guère par l’organisation de telles consultations ; d’où la nécessité d’un contrôle. Le gouvernement français avait lui-même reconnu qu’il revenait aux Nations Unies d’assurer ce contrôle. Voilà pourquoi, un demi-siècle après nos termes de référence pour une assemblée des peuples camerounais commencent par : j’autorise l’ONU…
Des techniques pour éviter la corruption
C’est donc parce que les Occidentaux portent une lourde responsabilité dans l’institution de l’Etat au Cameroun que nous pensons qu’il faut replacer ce projet d’assemblée sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies. Mais il faut rappeler également ici que dans les années 50, il ne s’agissait déjà plus des seuls intérêts français au Cameroun. L’Amérique nous refusa la démocratie et préféra promouvoir le « développement d’abord » dans les pays africains. Dès lors se met en place une sorte d’idéologie du développement : à travers des décennies de concepts (tel celui de mise au travail ou encore celui de l’aide ) de programmes, d’agences publiques et privées, et surtout une production effrénée de projets qui se déclinent aujourd’hui dans des ONG de… développement pour nous aider à supporter le non développement.
Nous n’avons donc pas oublié que l’impérialisme s’oppose méthodiquement au développement de nos pays, les spécialisant dans la production et l’exportation des produits primaires, conservant jalousement la maîtrise des technologies et des produits essentiels et prenant prétexte de l’endettement du tiers-monde pour lui imposer, via le FMI et la Banque Mondiale, des politiques d’austérité draconienne, les fameux PAS. Le développement n’est alors qu’une procédure de maintien du statu quo à l’échelle internationale qui passe par l’extension des rapports pervers de production. Ce n’est pas une question de dignité comme le prétend un drôle de texte que nous avons reçu cette semaine : « Nos politiciens ont démontré leur incapacité à nous donner ce dont nous avions besoin pour vivre comme des personnes dignes... ». Par contre ce sont « les européens qui ont compris en mettant en notre disposition de moyens financiers qui nous permettraient si nous nous mettions au travail…de montrer aux yeux du monde que nous sommes des travailleurs, que nous sommes prêts à nous mettre au travail … Levons nous et mettons nous au travail » !
Discours de mise au travail, d’aide au développement, les Occidentaux ont reconnu eux-mêmes la bêtise, l’échec de ces politiques. Puis ils ont tenté de refiler le bébé aux chefs d’Etat africains avec le fameux NEPAD… et maintenant ce sont nos apprentis politiciennes qui proposent de nous sauver avec « le PACDEV » (le Pacte Africain pour le Développement) parce que les fonds ne transiteront plus par leur canal. Alors nous avons dû réaffirmer avec force dans nos termes de référence que : la corruption n’est ni une question de dignité, ni une question de moralisation des mœurs politiques : c’est la façon dont nos économies nationales sont impliquées dans le mode de production néo-impérialiste aujourd’hui. Voilà pourquoi les véritables solutions économiques à nos problèmes passent par le : j’autorise l’ONU…
Des techniques pour ne pas tomber dans le piège du tribalisme
Ce sera certainement un des débats les plus houleux de l’Assemblée des Peuples camerounais. Comment arriver à un projet de loi interdisant le tribalisme, faudra-t-il abolir les tribus ? Deux thèses s’affrontent ici : d’une part, les tribus sont une réalité ; à preuve, chaque Camerounais se sent d’abord d’une tribu et toute notre vie nationale est organisée depuis plus d’un siècle sur la base ethnique. D’autre part, les ethnies ont une histoire ; cela signifie qu’elles ont été fabriquées à des fins de domination et comme nous sommes socialisés à l’ethnie dès notre tendre enfance, il devient absolument impensable pour nos concitoyens que l’on puisse en sortir un jour. Nous aurons donc nos deux cent pétitions…
Pourtant nous savons que le gestion française du Cameroun après la seconde guerre mondiale était basée sur un certain nombre de principes racistes qui avaient été explicités dans le programme politique du parti nazi au pouvoir en Afrique du Sud dans le cadre de la politique raciale dite « d’apartheid » après l’échec des nazis en Allemagne en 1944 (Kum’à Ndumbè, 1973) : « une organisation administrative du territoire sur la base ethnique pour mettre fin au processus de détribalisation » : les tribus détruites devaient être reconstituées ! C’est à partir de cette politique de fixation des tribus que va se concevoir toute la politique camerounaise : d’abord celle de l’impérialisme français, puis celle de l’Etat camerounais. Là aussi, nous sommes bien obligés pour en finir avec le tribalisme de sortir de nos tribus et de dire chacun de nous : j’autorise l’ONU…
Marie Louise Eteki-Otabela
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22.07.2008
De la difficulté des chefs d’Etat africains à partir
Nous en étions à peine à nous demander quel mode de recrutement mettre en place pour la désignation de nos chefs d’Etat : démocratique, type de scrutin, Comité électoral indépendant, les cartes d’électeurs, les urnes, la transparence, le recensement et autres instrumentations permettant d’avoir l’illusion d’objectivité et d’équité, que déjà apparaît avec acuité cette réalité qu’il est difficile pour ne pas dire impossible de faire partir un président en Afrique sans drames. Car enfin, comment mettre un nouveau alors que l’ancien ne peut pas céder la place!
La politique assassinée
C’était un éditorial de René*, il y a 8 ans. Il racontait l’histoire de nos républiques du Sud qui ne nous ont pas donné l’occasion de tirer des leçons par l’exemple ou de faire jurisprudence. Faut-il croire que chez nous la corvée du pouvoir soit si passionnante qu’aucun de nos chefs ne veuille partir ? Nenni. Si par lassitude ou un autre motif, l’envi leur en prend, ils trouvent sur leur chemin la barrière hérissée de mille sagaies : de leurs proches immédiats ou lointains, leurs frères du village se sentent orphelins, tous les margoulins et autres cercles étroits de profiteurs. Tout ce monde et demi-monde se sent désemparé et se mue en tueurs même de leur chef lui-même pour ne pas être découvert et perdre leurs privilèges. René citait alors quelques-uns qui ont eu la tentation du pouvoir chez nous : grand mal les en a pris. Le Pouvoir n’est jamais un lieu vide…et on le sait toujours assez tôt.
Une autre fois, c’est le bon peuple qui en a marre, veut changer de chef parce qu’il ne s’y retrouve plus ou pas.
Aucun recours n’est prévu dans leurs institutions, et la seule impossibilité qui leur est offert est la descente dans la rue crevassée, face aux armes assassines des commandements opérationnels. On soupçonne depuis quelque temps (exemple du Sénégal : encore !) qu’un peuple politisé et une opposition responsable, peut, par les urnes changer le cours des choses. Diouf au Sénégal a eu la tentation de la mauvaise foi, il a compris qu’il vaut mieux négocier sa sortie. Parce que de cette manière non plus, la sortie n’est pas facile - Wade l’expérimente à son tour aujourd’hui - : les horreurs commises durant leur règne contraignent nos chefs à vouloir une immunité garantie pour leur après-règne. Mais qui peut le leur assurer ? Les pauvres, je les plains : ils sont coincés et ne peuvent faire autrement, condamnés à se succéder éternellement à eux-mêmes…C’est l’enfer.
Une autre fois, ce sont leurs parrains, les Français, les Anglais, les Américains…etc qui commencent à douter de leur capacité à garantir leurs intérêts. Il y a des incompétents mous, des incompétents trop durs, je ne cite personne. Le résultat pour leurs parrains est le même. Ils ne sont plus efficaces ni solvables, ou tout simplement ils ont des velléités d’indépendance. Il faut les changer. Mais selon les principes simples tels qu’un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, on ne sait par qui remplacer nos chefs. Mobutu, on a du le doper jusqu’au dernier souffle et l’envoyer au charbon, alors qu’il n’en pouvait plus.
L’apartheid économique institutionnalisé
De toutes les manières, nos chefs sont les seuls à être obligés de ne défendre que le parti de l’étranger ; ils sont les seuls à être chef d’un Etat uniquement au profit d’un autre. Et s’ils ne le font pas, ils sont morts. Nous nous demandons parfois si nous devons leur en vouloir ! Ils nous font mal. Mugabe a essayé de défendre l’intérêt des siens, du temps de la Rhodésie Blanche : qui s’en souvient aujourd’hui ? Maintenant, pour la répartition des terres, l’Occident blanc et chrétien…l’a condamné ; quelques frères Noirs ont repris le relais en chœur et c’est l’amalgame total. Nous décrivons toutes les tares de l’individu Mugabe- nul n’est parfait (tous les vieux nègres n’ont pas que la médaille en partage : ils épousent souvent aussi les meilleures petites…) pour expliquer pourquoi, il ne peut pas défendre une cause juste pour les noirs. Même les Anglais ont dû mettre un bémol (en virant Blair ?) dans leur invective, promettant de financer la réforme agraire promise depuis 20 ans ! Mais avant, ils ont traité Mugabe de raciste : si Mugabe est raciste que sont les Anglais ? Les Blancs pensent toujours – naturellement- qu’ils peuvent faire l’économie de la réparation de tous les crimes qu’ils ont commis contre notre humanité. Et ça continue.
“ L’aluminium va certainement remplacer le pétrole comme notre source première de recettes d’exportation ”déclarait Célestin Ndonga, conseiller technique au ministère des mines, l’année dernière. Hydromine Inc bénéficie de deux permis d’exploitation exclusive de la bauxite dans les régions de Minim Martap et Ngaoundal. La manière cavalière dont cette entreprise a été créée en Août 2004 dans le Delaware, sans objet social précis, démontre d’avantage que Peter Brigger est utilisé comme un individu écran de M. Biya, dont il serait par ailleurs l’agent immobilier en Suisse. L’entreprise Hydromine n’est rien d’autre qu’une boîte à lettres, dont le gouvernement camerounais se sert pour attribuer l’exploitation exclusive de la bauxite camerounaise à Paul Biya et sa descendance. Cette entreprise n’a pourtant aucune expérience connue dans le secteur des mines. L’entreprise dont le Cameroun attend son développement économique a pour siège social la chambre d’un immeuble de New York ! Et cette entreprise est supposée investir 5 milliards de dollars à partir de l’an prochain (c'est-à-dire cette année) au Cameroun ”. Alors on peut bien se gausser des partis politiques qui tiennent dans une cabine téléphonique.
Et toutes les polices de France et de Navarre à nos trousses
Au Cameroun en ce moment, non content de contrôler toute la société par les sectes, ils nous ont fabriqué un nouveau crime contre l’ Etat qui s’appelle l’insécurité pour amener Biya à durcir un régime que finalement ils trouvent un peu mou depuis 1984…Un de ces jours, c’est sûr et certain, nous aurons nos 800 morts (déjà 100 en février dernier on est bien parti). Mais en attendant, nos milliards financent ces sectes ou partent en fumée. Pendant qu’on assassine toute velléité d’alternance, les escadrons de la mort bousillent nos enfants, juste pour que le peuple se tienne tranquille.
Et on nous fait croire que les affaires reprennent au Cameroun. Quelles affaires pour un peuple qui vit au-dessous du seuil de la pauvreté ! Fini le semblant d’économie pénitentiaire baptisée “ informelle ” avec laquelle on a trompé les populations pendant un demi-siècle. Il n’y a plus rien. Ni eau ni électricité, ni routes ni logement sociaux. La spéculation immobilière bat son plein. Ni santé en l’an 2000 ni réforme de l’éducation. Ni Cameroon Air Lines, ni Intercity : on a oublié la Sotuc ! Que reste-il aujourd’hui du Cameroun ? Des vieux bus rafistolés et des ben skins ! “ N’est-il pas temps, de procéder à une répartition des ressources – ou ce qu’il en reste- par unités administratives selon une critériologie à définir ? se demandait Valentin Zinga dans un journal de la place. Au lieu de nous harceler nous et nos enfants, ceux et celles qui ont la moindre volonté de prendre des distances vis-à-vis de ce régime. C’est l’acharnement : on enlève les compteurs, on simule les vols intempestifs, on ressort les vieilles taupes du trou juste pour nous empêcher de survivre. Mais on survivra.
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Opération "100 femmes au parlement", le combat continue.


